Airbus a publié des résultats 2025 en nette progression, avec un bénéfice de 5,22 milliards d’euros, et une guidance 2026 ambitieuse, tout en reconnaissant que la crise des moteurs GTF de Pratt & Whitney continuera de peser sur le calendrier de production de la famille A320neo. Le constructeur table sur une nouvelle année record en livraisons et en génération de cash, mais avec une montée en cadence plus prudente que prévu, reflet des tensions persistantes sur la chaîne d’approvisionnement aéronautique.

Livraisons 2026 : un record… sous contraintes

Airbus vise « environ 870 livraisons d’avions commerciaux » en 2026, ce qui constituerait un nouveau plus-haut annuel pour l’avionneur européen. Cette cible dépasse nettement les 793 appareils livrés en 2025, année où le groupe avait déjà légèrement dépassé son objectif révisé de 790.

La guidance 2026 s’accompagne d’un objectif d’EBIT ajusté d’environ 7,5 milliards d’euros et d’un free cash flow avant financement clients d’environ 4,5 milliards, sous réserve de l’absence de nouvelles perturbations majeures du commerce mondial, du trafic aérien ou des chaînes logistiques. Airbus précise que ces objectifs intègrent l’impact des droits de douane en vigueur.

A320neo : montée en cadence freinée par Pratt & Whitney

Si la demande reste très solide sur le monocouloir phare d’Airbus, la trajectoire industrielle est revue à la baisse à cause des moteurs Pratt & Whitney GTF. Airbus indique désormais viser un rythme de production de la famille A320neo compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, avec une stabilisation à 75 ensuite, alors que ses ambitions précédentes portaient sur un niveau plus élevé à horizon similaire.

Le constructeur souligne que «l’absence d’engagement ferme de Pratt & Whitney sur les volumes de moteurs » pour 2026 et au-delà affecte à la fois ses perspectives annuelles et la pente de montée en cadence. Les PW1100G sont déjà au cœur d’une vaste campagne d’inspections liée à un défaut de matériau, qui doit entraîner la dépose de centaines de moteurs d’A320neo entre 2024 et 2026 et maintenir en moyenne plusieurs centaines d’appareils immobilisés au sol sur la période.

Des résultats 2025 robustes et un carnet record

En 2025, Airbus a livré 793 avions commerciaux, contre 766 en 2024, avec une progression portée avant tout par les monocouloirs. Le total comprend 93 A220, 607 appareils de la famille A320, 36 A330 et 57 A350.

Le chiffre d’affaires de la division avions commerciaux a augmenté d’environ 4 % pour atteindre 52,6 milliards d’euros, soutenu par la hausse des livraisons et des services, partiellement compensée par un affaiblissement du dollar. Les revenus du groupe ont progressé d’environ 6 % sur un an, à 73,4 milliards d’euros, avec un EBIT ajusté qui atteint 7,1 milliards, en nette hausse par rapport aux 5,4 milliards de 2024, pénalisés alors par des charges sur les programmes spatiaux.

L’EBIT « reporté » ressort à 6,1 milliards d’euros et le bénéfice net grimpe à 5,2milliards, soit un bénéfice par action de 6,61 euros. Le free cash flow avant financement clients atteint 4,6 milliards d’euros, en ligne avec le niveau de l’année précédente, et la trésorerie brute de fin d’exercice s’élève à 27,2 milliards.

Une demande toujours supérieure à l’offre

Sur le plan commercial, Airbus a enregistré 1 000 commandes brutes d’avions en 2025, pour 889 commandes nettes après annulations. Le carnet de commandes atteint un record de 8 754 appareils, dont plus de 1 100 gros-porteurs, ce qui représente environ onze années de production au rythme actuel.

La valeur consolidée des prises de commandes, tous secteurs confondus, s’établit à 123,3 milliards d’euros, tandis que la valeur globale du carnet recule légèrement à 619 milliards, notamment sous l’effet de la dépréciation du dollar. La demande reste largement supérieure aux capacités de production, avec un « book-to-bill » supérieur à 1 en 2025, ce qui donne à Airbus une visibilité exceptionnelle sur ses cadences pour la décennie à venir.

Une montée en puissance plus prudente, mais un leadership conforté

La révision de la trajectoire de production de l’A320neo illustre la fragilité persistante des chaînes d’approvisionnement aéronautiques, en particulier du côté des motoristes, déjà confrontés à des contraintes de capacité et à des campagnes de maintenance lourdes. Airbus insiste néanmoins sur le fait que la demande, tant pour les monocouloirs que pour les gros-porteurs, reste extrêmement robuste, portée par la croissance du trafic, le remplacement de flottes vieillissantes et la recherche de gains de consommation de carburant.

Face à un Boeing empêtré dans ses propres difficultés industrielles et réglementaires, la capacité d’Airbus à livrer près de 900 avions par an, tout en préservant une génération de cash élevée, consolide sa position dominante sur le marché des avions civils. Le rythme de montée en cadence plus mesuré sur l’A320neo pourrait toutefois prolonger les délais de livraison pour les compagnies aériennes, déjà confrontées à des carnets saturés et à la rareté des appareils neufs, avec des implications directes sur leurs plans de croissance et de renouvellement de flotte.

Airbus : des résultats record en 2025 et un objectif de 870 avions en 2026, sous la pression des moteurs GTF 1 Air Journal

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