Le tribunal mixte de commerce de Pointe‑à‑Pitre a accordé un délai supplémentaire au seul repreneur encore en lice pour Air Antilles, l’entrepreneur guadeloupéen Pierre Sainte‑Luce. La décision sur l’avenir de la compagnie régionale, en grande difficulté financière, est désormais attendue le 5 mars.
Lors de l’audience du 19 février, les juges ont examiné les offres déposées dans le cadre du redressement judiciaire d’Air Antilles. Selon les éléments présentés, « une seule proposition fait aujourd’hui l’objet de discussions avancées avec les administrateurs judiciaires : celle du docteur guadeloupéen Pierre Sainte‑Luce ». Le tribunal a décidé de « renvoyer l’examen du dossier au 5 mars » afin de permettre de consolider cette offre, notamment sur le plan financier. Les magistrats exigent des garanties supplémentaires pour s’assurer de la viabilité du projet et de sa capacité à reprendre une partie des 117 emplois de la compagnie.
Le projet de reprise est soutenu par un pool d’investisseurs emmené par Pierre Sainte‑Luce, figure connue du secteur privé local via le groupe de santé Manoukiani. Il suscite « autant d’espoir que d’exigences » de la part des juges et des représentants du personnel. « La seule offre est sur la table, le nom du docteur Sainte‑Luce. Une offre qui est déjà relativement bien structurée, mais qui pose encore beaucoup de questions », résume un représentant syndical cité par RCI. Les salariés ont été informés du plan « seulement le matin de l’audience », ce qui alimente leur vigilance.
Une décision cruciale attendue début mars
D’ici au 5 mars, le projet de Pierre Sainte‑Luce devra être finalisé et sécurisé, notamment sur les volets financement, flotte et organisation sociale. À cette date, le tribunal décidera soit d’homologuer un plan de reprise, soit de se diriger vers d’autres solutions, pouvant aller jusqu’à la liquidation.
« Air Antilles joue son va‑tout dans un dossier de reprise où l’erreur n’est plus permise », résume Outremers 360. Pour les 117 salariés et les territoires desservis, l’audience du 5 mars s’annonce comme un moment décisif pour l’avenir du ciel antillais.
Air Antilles en redressement judiciaire
Air Antilles, compagnie régionale basée aux Antilles françaises, a été placée en redressement judiciaire début février 2026. Le tribunal a fixé la date de cessation des paiements au 9 décembre 2025, moment où les avions ont été cloués au sol sur décision de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Dans son jugement, la juridiction a relevé que la compagnie aérienne se trouvait « hors d’état de faire face à un passif exigible avec son actif disponible » et qu’elle connaissait « une situation de trésorerie particulièrement dégradée ». Elle a toutefois accordé une période d’observation de six mois, estimant qu’« une perspective de redressement existe ».
Une compagnie essentielle aux liaisons inter‑îles
Cette faillite intervient moins de trois ans après une première liquidation judiciaire d’Air Antilles en 2023, suivie d’une reprise partielle et d’une relance sous une nouvelle structure. La compagnie régionale assure des liaisons entre la Guadeloupe, la Martinique, Saint‑Martin et Saint‑Barthélemy, et demeure jugée « essentielle » pour la continuité territoriale dans la région.
Le président du conseil d’administration, Louis Mussington, avait reconnu une « trésorerie exsangue » et la nécessité urgente de trouver entre 5 et 10 millions d’euros pour assurer la survie d’Air Antilles. Il avait appelé à une mobilisation des collectivités des îles françaises des Antilles pour soutenir ce transporteur régional.

©Air Antilles / Anthony Pecchi
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