La low-cost américaine Spirit Airlines veut céder ses deux dernières portes d’embarquement à Chicago O’Hare à United Airlines, pour 30,2 millions de dollars, dans le cadre de sa deuxième restructuration sous protection de la loi sur les faillites.
Selon un document transmis au tribunal des faillites de New York, Spirit Aviation demande l’autorisation de transférer à United Airlines deux portes d’embarquement préférentielles au terminal 3 de l’aéroport international de Chicago O’Hare (gates G12 et G14) pour un montant de 30,2 millions de dollars. La compagnie explique que, dans le cadre de « l’optimisation de son réseau », elle n’a plus besoin de l’ensemble de ses quatre portes à O’Hare, son programme de vols ayant été fortement réduit depuis le début de sa restructuration. Deux grands transporteurs se sont portés candidats pour ces créneaux, mais Spirit indique que l’offre de United représente « la meilleure combinaison de prix et d’adéquation opérationnelle ». Si le tribunal donne son feu vert, une décision attendue fin février, la compagnie prévoit d’utiliser les 30,2 millions de dollars pour rembourser une partie de sa dette.
Spirit en faillite pour la deuxième fois en un an
La maison mère de Spirit Airlines s’est placée pour la deuxième fois sous la protection du Chapitre 11 en août 2025, après avoir déjà connu une première procédure de faillite dont elle était sortie quelques mois plus tôt. Cette nouvelle restructuration a été provoquée par une érosion rapide de la trésorerie, des pertes récurrentes et une demande plus faible que prévu sur le segment du loisir domestique aux États‑Unis, alors que les coûts (carburant, maintenance, salaires) restaient élevés.
Depuis cette seconde mise sous protection, Spirit a engagé un plan de réduction drastique de son empreinte opérationnelle : la compagnie a quitté 14 aéroports et rejeté les contrats de location de plus de 80 avions, tout en renégociant une partie de sa flotte avec ses loueurs et ses créanciers. Ce désengagement progressif des marchés les moins rentables s’accompagne d’une baisse marquée du programme de vols, avec, à Chicago, un nombre de départs quotidiens de pointe divisé par deux par rapport au niveau atteint lors de la signature des baux de portes avec l’aéroport.
À Chicago, Spirit réduit la voilure, United et American se renforcent
Spirit disposait jusqu’ici de quatre portes d’embarquement à usage préférentiel à O’Hare, toutes situées au terminal 3, cœur des opérations d’American Airlines à Chicago. En décembre 2025, la low‑cost a déjà transféré deux de ces portes (G8 et G10) à American pour environ 30 millions de dollars, une transaction validée par le même tribunal des faillites de New York.
Avec la cession des deux portes restantes à United, Spirit se désengagerait totalement de ses positions de portes à O’Hare, tout en continuant à y opérer un nombre limité de vols via d’autres aménagements d’infrastructure, selon les documents juridictionnels. La compagnie dessert encore depuis Chicago plusieurs grandes destinations intérieures, dont New York‑LaGuardia, Newark, Dallas‑Fort Worth, Houston, Las Vegas ou Los Angeles, mais sur un volume bien plus restreint que lors de son pic d’activité.
Une bataille de hubs entre United et American
Pour United, déjà compagnie dominante à O’Hare, l’acquisition de nouvelles portes reste un enjeu stratégique majeur dans un aéroport saturé, où les créneaux de départ et les positions au contact sont difficiles à obtenir. Le transporteur, qui a obtenu cinq portes supplémentaires de la ville de Chicago dès 2022, renforce ainsi son emprise sur le hub face à American Airlines, avec laquelle il se livre une bataille serrée pour les parts de marché et les précieux revenus de clientèle affaires et de fidélisation.
American, de son côté, avait déjà présenté l’achat des deux premières portes de Spirit comme « un investissement significatif dans sa présence opérationnelle à O’Hare », annonçant à cette occasion viser jusqu’à 500 vols quotidiens en pointe à Chicago à l’horizon été 2026.
L’arrivée de United sur les deux dernières portes détenues par Spirit ajoute un nouveau chapitre à cette « guerre des portes » à O’Hare, dans un contexte où les grands transporteurs ajustent leurs réseaux face à la montée des coûts et à la recomposition de la demande post‑pandémie.

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