Une forte chute de neige, un couvre‑feu nocturne strict et une pénurie de bus sur le tarmac ont conduit, dans la nuit du 19 au 20 février 2026, à une situation inédite à l’aéroport de Munich : environ 500 passagers de Lufthansa et d’Air Dolomiti ont passé la nuit à bord de cinq avions immobilisés sur des postes éloignés, sans possibilité de regagner le terminal avant le petit matin.

Une soirée ordinaire qui tourne à la nuit blanche

Jeudi 19 février, le vol LH2446 Munich–Copenhague devait quitter la Bavière à 21 h 30 pour rejoindre la capitale danoise vers 23 h. L’appareil, un Airbus A320neo (immatriculé D-AINT), était programmé pour un simple tronçon d’environ 1 h 30, typique du réseau européen de Lufthansa. Mais les fortes chutes de neige qui frappent alors le sud de l’Allemagne provoquent retards en chaîne, fermetures temporaires de piste, opérations de dégivrage prolongées et plus d’une centaine d’annulations dans la journée à Munich.

Comme plusieurs vols du soir, le LH2446 est retardé à plusieurs reprises, avant que les passagers ne soient finalement acheminés en bus vers un poste de stationnement éloigné pour embarquer. À ce moment‑là, l’aéroport accorde une dérogation au couvre‑feu – normalement en vigueur de minuit à 5 h – en prolongeant la possibilité de décoller jusqu’à 1 h afin de permettre le départ des derniers vols, dont trois Lufthansa (Copenhague, Singapour, Gdańsk) et deux Air Dolomiti (Graz, Venise).

Couvre-feu prolongé, mais avions cloués au sol

Malgré cette fenêtre supplémentaire, la situation météorologique continue de se dégrader. Entre les opérations de dégivrage et les contraintes de piste, la marge opérationnelle fond comme neige au soleil, jusqu’à rendre impossible le décollage des cinq appareils avant l’échéance de la dérogation. À bord du LH2446, les passagers gardent un temps l’espoir de partir avant la fin du couvre‑feu, tandis que l’équipage fait état de retards et de demandes de créneaux.

Peu avant minuit, puis à nouveau autour de 2 h du matin selon plusieurs témoignages, l’annonce tombe : le vol est finalement annulé et l’avion ne partira pas. Certains voyageurs rapportent que le message officiel évoque d’abord la fermeture de l’aéroport en raison des conditions météo et du couvre‑feu, avant que ne soit évoqué un autre obstacle : l’impossibilité de retourner au terminal.

« Les chauffeurs de bus sont rentrés chez eux »

Le LH2446, comme les autres vols concernés, est stationné sur un poste au large, loin des passerelles du terminal. Le retour des passagers passe donc nécessairement par des bus pour rejoindre l’aérogare, aucun cheminement piéton n’étant autorisé pour des raisons de sûreté. Or, dans la nuit, les ressources au sol se raréfient : positions au contact saturées, pistes et voies de circulation difficiles, équipes de terrain réduites et, surtout, bus et chauffeurs qui ne sont plus disponibles. Selon des médias spécialisés et des passagers cités par la presse allemande et danoise, l’annonce faite à bord est sans détour : « On nous a expliqué que tous les chauffeurs de bus étaient rentrés chez eux et qu’il n’y avait plus de moyen autorisé de nous ramener au terminal. »

D’après un passager danois interrogé par le tabloïd « Ekstra Bladet », repris par le site Focus Online, « le plus frustrant, ce n’était pas seulement d’être coincés dans l’avion, mais de savoir que le terminal, chaud et éclairé, était juste là, à quelques centaines de mètres, et que nous ne pouvions pas y aller ».

Une nuit inconfortable à bord, sans équipements long-courrier

L’Airbus A320neo qui dessert habituellement Copenhague n’est pas configuré pour un vol de nuit longue durée : sièges de moyen‑courrier, service limité, stock restreint de couvertures et de collations. Plusieurs passagers évoquent un confort très relatif, un manque de nourriture et de boissons, et l’absence de kits de nuit pour la quasi‑totalité des voyageurs. « Nous avons reçu quelques boissons et des snacks, mais rien qui permette de tenir confortablement toute une nuit, et il faisait frais dans la cabine », relate un passager cité par des sites spécialisés. Sur certains vols long‑courriers touchés par l’épisode, notamment un vol vers Singapour mentionné par la presse, l’équipement de bord était mieux adapté, mais la durée d’immobilisation sur le tarmac – plusieurs heures sans accès au terminal – a également été ressentie comme éprouvante.

Cinq vols, environ 500 passagers concernés

Au fil des heures, il apparaît que LH2446 n’est pas un cas isolé. Selon plusieurs médias, cinq vols au total sont touchés : trois de Lufthansa (Copenhague, Gdańsk, Singapour) et deux d’Air Dolomiti (Graz, Venise), tous au départ de Munich et tous stationnés sur des postes éloignés.

Le cumul des passagers à bord de ces appareils est estimé à environ 500 personnes, coincées jusqu’au redémarrage des opérations au sol dans la matinée. Elles ne peuvent débarquer qu’à l’arrivée de l’équipe suivante de chauffeurs et de personnels d’assistance, à partir de 5 h–6 h, avant d’être redirigées vers d’autres vols ou de se voir proposer des solutions alternatives.

Qui est responsable : Lufthansa ou l’aéroport ?

L’épisode relance le débat sur la gestion des crises opérationnelles à Munich, déjà critiquée lors d’épisodes neigeux antérieurs, notamment fin 2023, lorsque l’aéroport avait été totalement fermé plusieurs jours. Sur les forums et réseaux sociaux, de nombreux voyageurs s’interrogent : comment un grand hub européen peut‑il laisser des passagers enfermés toute la nuit dans des avions, à quelques centaines de mètres d’un terminal fonctionnel ?

Munich Airport met en avant les effets combinés de la météo, du couvre‑feu et de la saturation des positions au contact, ainsi que le manque de bus disponibles sur les parkings avions en pleine nuit. Un porte‑parole cité par la presse spécialisée indique que « les bus destinés à la prise en charge des passagers n’ont recommencé à circuler qu’au petit matin » et souligne que l’organisation de ces moyens relève de la responsabilité de l’aéroport. Lufthansa, de son côté, attribue le retard initial et l’annulation des vols aux conditions météo et aux contraintes de l’aéroport, tout en disant « regretter profondément les désagréments subis par les passagers ». 

Munich : plus de 500 passagers bloqués toute la nuit dans des avions faute de bus 1 Air Journal

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