Air Canada ne reprendra aucun vol entre le Canada et Cuba avant le 1er novembre 2026. Cette décision, annoncée cette semaine, prolonge une suspension déjà en vigueur depuis le 9 février.
La raison est claire : Cuba manque cruellement de kérosène pour les avions. Les autorités cubaines ont informé les compagnies aériennes, dès le 9 février, qu’il n’y aurait plus d’avitaillement dans les aéroports à partir du 10 février, et ce pour au moins un mois. Cette pénurie s’explique par le durcissement des sanctions américaines contre le régime castriste qui dirige l’île d’une main de fer depuis 1959. Washington a stoppé les livraisons de pétrole vénézuélien et menace de sanctions tout pays qui enverrait du brut à l’île. Résultat : plus de carburant pour les avions, mais aussi pour les générateurs qui alimentent les hôtels et les villes, et plus d’essence pour les transports publics.
Ces dernières semaines, toutes les grandes compagnies canadiennes ont réagi :
–Air Canada : suspension totale depuis le 9 février, reprise reportée au 1er novembre 2026.
–Air Transat : tous les vols annulés au moins jusqu’au 30 avril 2026.
–WestJet et Sunwing : fin progressive des opérations d’hiver ; les clients encore sur place ont été rapatriés, et aucun vol n’est prévu avant plusieurs semaines.
Près de 30 000 touristes canadiens ont déjà été rapatriés en vols spéciaux. Certaines compagnies aériennes européennes, comme Air France, Iberia ou Air Europa, maintiennent quelques liaisons, mais elles font des escales techniques dans les Caraïbes (aux Bahamas ou à Saint-Domingue) pour se ravitailler. Cuba, qui vivait du soleil et des plages, reste presque coupée du reste du monde. La situation évolue jour après jour, mais l’île retient son souffle.
Le tourisme cubain au bord du gouffre
Le secteur, deuxième source de devises après les exportations de personnels médicaux, est en chute libre. En janvier 2026, Cuba a accueilli 24 000 touristes de moins qu’en 2025, soit une baisse de 9,2 %. Sur l’année 2025, la fréquentation avait déjà reculé de 17,8 %.
Les hôtels ferment les uns après les autres. Les coupures d’électricité durent des heures. Les excursions sont annulées. Le Canada, premier marché touristique de l’île avec plus de 860 000 visiteurs en 2025, représentait une bouée de sauvetage. Sans ces vols canadiens, l’actuelle saison haute (novembre-avril) s’annonce catastrophique.
Pour l’instant, aucun signe d’amélioration rapide. Le gouvernement cubain a mis en place un plan d’urgence : semaine de quatre jours pour les fonctionnaires, rationnement strict du carburant et fermeture temporaire d’hôtels.

@DR/AJ
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