LATAM Airlines Brasil se prépare à ouvrir un nouveau chapitre de son développement régional et international en misant sur la famille Embraer E2, appelée à compléter une flotte aujourd’hui dominée par les Airbus A320 et à redessiner une partie de la carte aérienne brésilienne et sud-américaine.

Invité de la conférence Routes Americas 2026, organisée cette année à Rio de Janeiro, Jérôme Cadier, directeur général de LATAM Airlines Brasil, n’a pas caché son appétit pour le développement hors des frontières nationales. « Je suis optimiste quant aux marchés internationaux que nous pouvons proposer au départ du Brésil », a-t-il déclaré devant les délégués, tout en rappelant que cette montée en puissance devait rester disciplinée en termes de rentabilité. L’événement, qui réunit compagnies et aéroports pour façonner les futures liaisons, sert de caisse de résonance aux ambitions du groupe dans une région où la demande touristique et affaires est appelée à croître fortement au cours de la prochaine décennie, selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme.

Au cœur de cette stratégie, São Paulo/Guarulhos (GRU) joue désormais le rôle de hub long-courrier du groupe en Amérique du Sud, avec des liaisons majeures vers l’Europe et les Amériques qui alimentent ensuite un dense réseau domestique et régional. Pour LATAM, l’enjeu consiste à optimiser ce « hub and spoke » en ajoutant des fréquences et en pénétrant des marchés de taille intermédiaire qui ne justifient pas toujours l’envoi d’un Airbus A320 ou A321, mais où la demande de correspondances vers l’international progresse.

Embraer E195‑E2 : un maillon manquant dans la flotte

LATAM a officialisé un accord avec Embraer portant sur jusqu’à 74 E195‑E2 : 24 commandes fermes et 50 options, une décision qui marque le retour des jets régionaux brésiliens dans la flotte du groupe, aujourd’hui largement structurée autour de 90 A320, 49 A321 et 18 A319 pour le court et moyen-courrier. Selon Embraer et LATAM, les livraisons des exemplaires fermes doivent débuter au second semestre 2026, pour un montant catalogue d’environ 2,1 milliards de dollars.

Pour Cadier, l’E2 va déclencher « une nouvelle vague de croissance grâce au plus petit gabarit de l’appareil » par rapport à la famille A320. Avec une capacité d’environ 120 à 146 sièges selon la configuration et une consommation de carburant réduite jusqu’à près de 30 % par rapport aux jets régionaux de précédente génération, l’E195‑E2 est dimensionné pour les « routes fines », ces lignes où la demande reste trop modeste ou trop volatile pour un monocouloir de 180 à 220 sièges. La cabine quatre‑de‑front, sans siège du milieu, et le niveau de bruit plus faible doivent aussi permettre à LATAM d’améliorer la perception de son produit sur des segments de 1 à 3 heures de vol, notamment auprès d’une clientèle affaires sensible au confort.

Croissance domestique d’abord, ouverture régionale ensuite

Dans un premier temps, les E2 seront déployés sur le réseau intérieur brésilien, où LATAM rivalise avec Azul et Gol sur les axes majeurs mais cherche aussi à densifier sa présence sur des marchés secondaires. Cadier a indiqué que ces avions permettront d’augmenter les fréquences sur certaines liaisons existantes et d’ouvrir de nouvelles destinations, en particulier là où l’A320 est surdimensionné.

Le dirigeant n’exclut pas, à moyen terme, un usage international de l’E2 au sein de l’Amérique du Sud, par exemple pour des liaisons transfrontalières de rayon plus court ou des marchés de niche vers les pays voisins. Un tel mouvement rapprocherait la stratégie de LATAM de celle d’Azul, déjà opérateur de l’E195‑E2, qui exploite le type pour irriguer un maillage serré de villes brésiliennes et certaines dessertes régionales.

Embraer E195‑E2 : l’arme de LATAM pour une croissance rentable 1 Air Journal

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