Brussels Airlines a terminé l’exercice 2025 sur un bénéfice opérationnel ajusté de 28 millions d’euros, soit deux fois moins qu’en 2024, malgré une hausse du trafic et des revenus à plus de 1,6 milliard d’euros. Entre journées de « grèves nationales » en Belgique, cyberattaque à l’aéroport, drones et immobilisations de long-courriers, la compagnie du groupe Lufthansa revendique sa résilience, tout en admettant un « pas en arrière » sur la trajectoire vers une marge cible de 8%.

Profits divisés par deux malgré un trafic en hausse

Brussels Airlines a dégagé en 2025 un EBIT ajusté de 28 millions d’euros, en baisse de 52% par rapport aux 59 millions enregistrés en 2024, alors que l’année précédente constituait déjà un record historique pour la compagnie belge. La marge opérationnelle ajustée recule ainsi de 3,8% à 1,7%, soit un repli de 2,1 points, loin de l’objectif de 8% affiché à moyen terme.

Paradoxalement, l’activité continue de croître : en 2025, la filiale de Lufthansa a opéré 11% de vols supplémentaires, transportant 9,1 millions de passagers sur plus de 68 000 vols, pour un chiffre d’affaires en progression de 7%, au‑delà de 1,6 milliard d’euros. Une partie de cette croissance découle du plan d’expansion lancé après 2024, avec l’ajout d’un Airbus A330 et d’un A320, ainsi que le recours estival à des Airbus A220 en wet‑lease opérés par airBaltic.

Grèves nationales, drones et cyberattaque : une facture de plusieurs dizaines de millions

La direction pointe d’abord l’impact des « manifestations nationales » organisées en Belgique par les syndicats contre des réformes gouvernementales, qui ont contraint à réduire fortement le programme de vols pendant sept journées en 2025. Si aucun salarié de Brussels Airlines n’a cessé le travail, ces journées de grève générale ont empêché la compagnie d’exploiter la majorité de ses vols, pour une perte cumulée évaluée à 15 millions d’euros.

À ces perturbations se sont ajoutées d’autres événements exogènes : signalements de drones dans l’espace aérien belge, cyberattaque contre Brussels Airport… Ces facteurs ont brutalement contrasté avec 2024, année durant laquelle la ponctualité et la régularité, notamment sur le réseau court et moyen-courrier, avaient contribué à une réduction notable de ces coûts et à un bénéfice record.

Long-courrier sous pression et recours au wet‑lease

Le long-courrier a constitué un autre point de fragilité. Brussels Airlines a dû faire face à de multiples problèmes opérationnels sur une partie de sa flotte intercontinentale, provoquant des immobilisations prolongées d’appareils. Pour maintenir la continuité du programme et préserver la connectivité de la Belgique, la compagnie a eu recours à des contrats de wet‑lease temporaires, en louant avions et équipages auprès d’autres opérateurs, au prix de coûts additionnels significatifs.

Au total, l’addition liée aux immobilisations de long‑courriers est estimée à 19 millions d’euros pour 2025. Ces difficultés interviennent alors que Brussels Airlines est engagée dans une montée en puissance de sa capacité intercontinentale, en particulier vers l’Afrique, segment clé de son modèle au sein du groupe Lufthansa.

« Un pas en arrière » vers l’objectif de 8% de marge

« 2025 a été un pas en arrière dans notre trajectoire vers la marge de 8% que nous visons. Mais l’objectif reste inchangé et nous ferons en sorte de revenir sur la bonne voie en 2026 », reconnaît Nina Öwerdieck, directrice financière de Brussels Airlines. Elle tient à « exprimer sa profonde gratitude à tous les employés de Brussels Airlines, qui se sont dépassés pour prendre soin de nos passagers durant ces irrégularités ».

Dorothea von Boxberg, directrice générale de la compagnie, insiste de son côté sur la capacité de résistance de la société : « Malgré de forts vents contraires, Brussels Airlines a été rentable en 2025. C’est un succès sur notre chemin vers plus de stabilité et de résilience. » Mais elle prévient que l’entreprise a besoin de « profits plus élevés pour financer les investissements dans de nouveaux avions, de meilleurs services et une meilleure connectivité pour la Belgique ».

Fiabilité opérationnelle et expérience client au cœur de 2026

Face à ces contretemps, la priorité affichée pour 2026 est l’amélioration de la fiabilité opérationnelle, alors que chaque irrégularité pèse à la fois sur la satisfaction des passagers et sur les comptes. « Nous déployons plusieurs plans pour traiter les principales causes de retards et d’annulations, afin d’améliorer notre fiabilité et notre ponctualité », explique Filip Aerts, directeur des opérations. « Même si les irrégularités sont souvent hors de notre contrôle, nous devons nous assurer de tout faire pour amener nos clients à destination à l’heure. »

En parallèle, Brussels Airlines poursuit ses investissements dans le produit et l’expérience à bord : amélioration des services dans plusieurs classes de voyage sur les réseaux court, moyen et long‑courrier, déploiement progressif du Wi‑Fi sur flotte et rénovation du salon The Loft à Brussels Airport. Sur le plan réseau, la compagnie a annoncé l’ouverture, à compter du 3 juin, d’une liaison saisonnière vers le Kilimandjaro (Tanzanie), renforçant encore son positionnement de spécialiste africain au sein du groupe Lufthansa.

Profits divisés par deux, Brussels Airlines encaisse les turbulences de 2025 1 Air Journal

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