Au quinzième jour du conflit qui oppose Israël, les États-Unis et l’Iran, le ciel du Moyen-Orient reste largement fermé ou fortement restreint. Malgré quelques réouvertures partielles, les compagnies aériennes continuent d’annuler des milliers de vols, laissant plus de six millions de passagers bloqués ou contraints de modifier leurs plans. Un point sur une situation qui perturbe non seulement la région, mais aussi les connexions mondiales.
Depuis le déclenchement des frappes préemptives le 28 février 2026, de nombreux pays ont maintenu des restrictions strictes. L’Iran, l’Irak, Bahreïn et le Koweït gardent leurs espaces aériens totalement clos jusqu’à mi-mars au moins. L’Arabie saoudite applique une fermeture partielle aux frontières avec l’Irak et le Golfe, tandis que les Émirats arabes unis opèrent sous un régime de contrôle d’urgence (ESCAT). Israël fonctionne avec un système d’autorisation préalable, même si l’aéroport Tel Aviv-Ben Gourion enregistre encore une cinquantaine d’arrivées et de départs par jour.
« Certains espaces aériens au Moyen-Orient se rouvrent, mais les attaques de missiles et de drones dans les grandes villes, de Riyad à Dubaï, entraînent de nouvelles fermetures intermittentes », résume le site de suivi des vols Flightradar24. Les routes principales au-dessus du Golfe Persique et d’Israël sont évitées, obligeant les avions à des détours importants vers le sud ou vers des hubs comme Mascate (sultanat d’Oman), qui reste ouvert et sert de point de secours.
Plus de six millions de passagers touchés par les annulations
Selon les données de Cirium, spécialiste du trafic aérien, plus de 52 000 vols ont été annulés sur les 98 000 programmés entre le 28 février et le 13 mars. Cela représente plus de la moitié des liaisons prévues dans la région. Le résultat : plus de six millions de passagers affectés, calculés sur une occupation moyenne de 80 % et 242 sièges par appareil.
Les grandes compagnies du Golfe sont les plus touchées. Qatar Airways a annulé près de 93 % de ses vols au départ du Moyen-Orient, Etihad 81,7 % et Emirates 56,5 %. De nombreuses compagnies européennes et asiatiques ont annulé leus dessertes : Air France et KLM ont suspendu leurs vols vers Tel Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad jusqu’à la mi-mars ou plus tard ; British Airways a coupé ses liaisons vers Abu Dhabi jusqu’à la fin de l’année. Aegean, Air Canada, Delta, Lufthansa, Turkish Airlines et bien d’autres ont suspendu leurs routes vers le Moyen-Orient jusqu’à fin mars ou avril.
Lueurs d’espoir avec des réouvertures progressives
Malgré la tension, des signes de reprise apparaissent. Le Qatar a partiellement rouvert son espace aérien samedi dernier et Qatar Airways a programmé 119 vols entre le 13 et le 17 mars, principalement pour des rapatriements. Aux Émirats arabes unis, Emirates, Etihad, Air Arabia et Flydubai ont repris un programme limité de vols commerciaux et d’évacuation.
En Jordanie, l’espace aérien est presque totalement rouvert depuis une semaine. Le président de la Commission de régulation de l’aviation civile jordanienne, Daifallah al-Farajat, a confirmé : « Le trafic aérien à l’aéroport international Amman-Queen Alia évolue de manière stable et régulière, avec un taux d’exploitation quotidien entre 110 et 130 vols. » En Syrie, l’aéroport de Damas reste fermé, mais un corridor aérien a été réactivé depuis Alep pour des vols spéciaux et même des compagnies étrangères, comme la roumaine Dan Air. Le Liban maintient son aéroport international de Beyrouth ouvert, avec des vols opérés uniquement par Middle East Airlines.
Le prix du kérosène flambe, le prix du billet aussi
Face à ces perturbations, certaines compagnies asiatiques, comme Air India ou Thai Airways, ont ajouté des vols directs pour compenser la perte de capacité des hubs du Golfe. Ces changements pèsent sur les voyageurs et sur les tarifs. Le prix du kérosène a bondi, entraînant une hausse des billets sur les vols long-courriers de la quasi totalité des compagnies aériennes.
Au quinzième jour du conflit, le trafic aérien reste fragile. Si certaines réouvertures apportent un soulagement ponctuel, la plupart des experts s’attendent à ce que les perturbations durent tant que les tensions militaires persistent. Les passagers sont invités à vérifier régulièrement leurs vols et à prévoir des solutions alternatives pour éviter de se retrouver bloqués dans cette zone sensible.

@Zayed International Airport
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