Air China va reprendre ses vols entre Pékin et Pyongyang à partir du 30 mars 2026, marquant une étape supplémentaire dans la réouverture progressive des liaisons terrestres et aériennes entre la Chine et la Corée du Nord après six ans de fermeture presque totale liée à la pandémie de COVID‑19.
Cette reprise s’inscrit dans un contexte diplomatique et économique où Pékin et Pyongyang renforcent leurs échanges, tout en maintenant des restrictions strictes sur l’entrée des touristes étrangers ordinaires en Corée du Nord.
Air China, compagnie nationale chinoise membre de Star Alliance, a annoncé la reprise de la liaison directe Pékin–Pyongyang chaque lundi à compter du 30 mars 2026, avec un Boeing 737‑700 opérant le vol CA121 entre l’aéroport international de Pékin‑Capitale et l’aéroport international de Pyongyang. Les horaires indiquent un départ de Pékin à 8h05 heure locale, avec une arrivée prévue à 11h00 à Pyongyang, et un retour le même jour à midi, selon les informations mis à jour sur les plateformes de réservation et les canaux officiels de la compagnie.
La fréquence de ce service devrait être d’un aller‑retour hebdomadaire jusqu’au 18 mai, avant une réduction progressive à deux départs par mois en juin, selon les plannings publiés sur le site d’Air China. Cette reprise survient juste après la remise en service, le 12 mars 2026, du train passagers international entre Pékin et Pyongyang, qui avait été suspendu depuis 2020.
Un train qui roule… mais pas pour les touristes
Les services ferroviaires passagers entre Pékin et Pyongyang redémarrent à raison de quatre trains par semaine dans chaque sens, sur les jours de lundi, mercredi, jeudi et samedi, pour une durée de parcours d’environ 23 heures et 41 minutes. Les formalités de sortie et d’entrée sont assurées à Dandong, en Chine, et à Sinuiju, en Corée du Nord, tandis qu’une ligne distincte entre Dandong et Pyongyang fonctionnera quotidiennement.
Les autorités chinoises soulignent que ces liaisons sont présentées comme un « lien dynamique » renforçant l’amitié entre la Chine et la Corée du Nord, mais insistent sur le fait que les premiers passagers éligibles sont avant tout des diplomates et des personnels d’affaires, et non des touristes de loisir. « Les trains sont d’abord prévus pour les échanges officiels et les missions professionnelles, pas pour ouvrir massivement les frontières », indique un responsable de la China State Railway cité par la presse chinoise.
Trop tôt pour parler de retour du tourisme ?
Si la reprise de ces liaisons ferroviaires et aériennes nourrit des espoirs de réouverture du tourisme nord‑coréen, la réalité reste très encadrée. Selon Young Pioneer Tours, l’un des opérateurs spécialisés historiques sur la Corée du Nord, le pays reste officiellement fermé au tourisme international, à l’exception de certains ressortissants russes admis sous régime très contrôlé.
Depuis le début de l’année 2026, malgré quelques annonces fragmentaires et des rumeurs de “réouverture”, Pyongyang n’a pas levé l’interdiction de visas pour les touristes étrangers, et aucun calendrier officiel n’a été publié. Les opérateurs de voyage reconnaissent que « la reprise des vols et des trains crée un sentiment d’optimisme », mais précisent que « la seule chose confirmée aujourd’hui, c’est la levée de la quarantaine, pas la fin du confinement généralisé ».
Tourisme étranger : encadrement maximal et indépendance interdite
Les sources spécialisées dans le tourisme nord‑coréen rappellent que la Corée du Nord figure parmi les destinations les plus surveillées au monde, avec un contrôle quasi total de l’État sur les visites étrangères. Les visiteurs doivent passer par des tours organisés par des agences agréées, suivre des itinéraires pré‑approuvés et être accompagnés en permanence par des guides officiels. Les déplacements « indépendants » sont strictement interdits, et les photographies sont réglementées, notamment autour des sites militaires, des bâtiments gouvernementaux et des zones sensibles.
Pour Air China, la reprise de la liaison Pékin–Pyongyang reste un segment très limité, mais porteur de symboles politiques et économiques. Le choix d’un Boeing 737‑700, plutôt qu’un avion de plus grande capacité, reflète la taille restreinte du marché et la faible demande de passagers ordinaires, surtout alors que les touristes occidentaux sont encore exclus.

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