Qatar Airways met à l’abri en Espagne une partie croissante de sa flotte long-courrier, à mesure que la guerre avec l’Iran fait peser un risque accru sur l’espace aérien du Golfe et de Doha. Plusieurs gros-porteurs ont été convoyés vers l’aéroport espagnol de Teruel, devenu en quelques jours l’un des symboles de la fragilité actuelle du transport aérien au Moyen-Orient.
Qatar Airways évacue cinq nouveaux gros-porteurs vers Teruel
Qatar Airways a décidé d’acheminer cinq nouveaux gros-porteurs vers la « sécurité » de l’aéroport de Teruel (TEV), dans le nord-est de l’Espagne, afin d’éloigner des appareils jugés stratégiques de la menace des missiles et drones iraniens. Selon les données de suivi de vol de Flightradar24, quatre Airbus A330-300 ont quitté Doha-Hamad (DOH) à destination de Teruel et un Airbus A350-1000 a décollé de Los Angeles (LAX) en soirée le 21 mars 2026, pour rejoindre également la plateforme aragonaise dans l’après-midi.
D’après ces mêmes données, ces cinq nouveaux avions long-courriers doivent rejoindre sur place quinze appareils de Qatar Airways déjà repositionnés en Espagne, portant à une vingtaine le nombre de machines de la compagnie déplacées ou attendues à Teruel à très court terme. Cette montée en puissance des vols de convoyage se déroule sans passagers, avec des numéros de vol spécifiques indiquant des rotations de ferry destinées au stockage ou à la préservation des avions.
Une flotte envoyée en « refuge » logistique
Le 21 mars 2026, six avions Qatar Airways sont déjà arrivés à Teruel en provenance de Miami, Los Angeles, Houston, São Paulo, Larnaca et Lagos. Ce groupe comprenait quatre Airbus A350-1000, un A320-200 et un Boeing 787-8 Dreamliner, illustrant que la stratégie de protection ne se limite plus aux seuls biréacteurs de génération précédente comme les A330, mais concerne aussi des appareils plus récents et à forte valeur résiduelle.
Le site français Air Plus News a par ailleurs indiqué qu’un Airbus A380 de Qatar Airways figure désormais parmi les avions déplacés vers l’Espagne, confirmant que le très gros-porteur, longtemps symbole de la croissance du hub de Doha, est lui aussi jugé préférable à l’abri loin du Golfe. D’autres compagnies, dont British Airways, Emirates et Air France, auraient également acheminé au moins un appareil chacune vers Teruel ces derniers jours, transformant à nouveau ce petit aéroport sans trafic passagers en vaste parking de crise pour avions long-courriers.
Teruel, de la crise du Covid à la guerre avec l’Iran
L’aéroport de Teruel s’est fait connaître pendant la pandémie de Covid-19, lorsque des centaines d’avions commerciaux y ont été stockés, cloués au sol par l’effondrement brutal de la demande mondiale. Située dans une région sèche, à l’écart des embruns marins, la plateforme est devenue l’un des plus grands centres européens de stockage et de maintenance d’avions, notamment via la présence de Tarmac Aerosave, spécialiste de la préservation, de la maintenance lourde et du recyclage des appareils.
Avec une capacité annoncée allant jusqu’à 250 gros-porteurs et 400 monocouloirs, Teruel est désormais un outil clé dans la gestion des chocs successifs qui frappent l’aviation commerciale, du Covid à la guerre en Iran. Pendant la pandémie, le site a déjà accueilli près de 140 avions en deux ans, et il s’apprête aujourd’hui à recevoir environ 20 appareils supplémentaires, dont 17 Qatar Airways, selon un planning consulté par Reuters.
À Teruel, les appareils sont initialement préservés, avec un éventail d’options allant du stockage prolongé à la revente éventuelle – notamment à des opérateurs cargo – jusqu’au démontage pour pièces, selon l’évolution du marché et de la géopolitique régionale.
Menace sur Doha et réduction drastique du programme de vols
Cette vague de repositionnements intervient alors que le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran déstabilise profondément le ciel du Moyen-Orient, entraînant fermetures d’espaces aériens, risques balistiques et reroutages massifs. Doha, hub mondialement connecté, se retrouve directement exposé. Le 18 mars, la compagnie a annoncé qu’elle n’assurerait plus qu’« un nombre limité de vols » entre le 18 et le 28 mars 2026, en raison de l’insécurité persistante, précisant que les opérations normales ne reprendraient qu’une fois la réouverture « complète et sécurisée » de l’espace aérien qatari confirmée par l’autorité de l’aviation civile. Selon Flightradar24, Qatar Airways a encore réalisé 115 vols le 21 mars 2026 – hors rotations vers les sites de stockage –, soit une activité fortement réduite pour un réseau habituellement parmi les plus denses au monde.

CHECK LAST a commenté :
23 mars 2026 - 10 h 17 min
MDR ! …Rien à craindre pour leurs saucisses
NDR a commenté :
23 mars 2026 - 10 h 55 min
Qatar Airways ainsi que d’autres golf sisters transportent leurs pax vers Jedah & Medine d’où ils finissent leur trajets a pieds jusqu’a doha et manama !
https://www.flightradar24.com/data/flights/qr7453