Lufthansa et l’aéroport de Munich ont signé un nouvel accord prolongeant et renforçant leur joint‑venture autour du Terminal 2 jusqu’en 2056, avec à la clé l’extension du satellite actuel par un nouveau « T‑Pier » destiné à accueillir jusqu’à dix millions de passagers supplémentaires par an à l’horizon 2035.

L’aéroport de Munich  et Lufthansa ont annoncé la signature d’un accord qui prolonge leur partenariat stratégique autour du Terminal 2 jusqu’en 2056 et lance la phase de planification concrète de l’extension des infrastructures. Cet accord s’inscrit dans la continuité du joint‑venture lancé en 2003, qui fait de Munich un cas presque unique en Europe : l’aéroport et la compagnie portent conjointement la responsabilité opérationnelle des installations du Terminal 2, utilisé principalement par Lufthansa et ses partenaires du groupe et de Star Alliance.

Selon les deux parties, ce cadre renouvelé doit créer les conditions stratégiques d’une nouvelle phase de croissance du trafic au sein du deuxième hub allemand, notamment grâce à un renforcement de la flotte long‑courrier basée à Munich. « Un facteur déterminant sera, à terme, le développement de la flotte long‑courrier à Munich », souligne le communiqué de l’aéroport.

Un nouveau « T‑Pier » pour le Terminal 2

Au cœur du projet figure l’extension du bâtiment satellite du Terminal 2 par un nouveau « pier » perpendiculaire, qui donnera au complexe une forme en T, d’où son nom de « T‑Pier » ou « T‑Stiel » dans la communication de Lufthansa. Construit à angle droit sur le flanc est du satellite existant, ce nouveau bras doit permettre d’augmenter la capacité annuelle de traitement de Terminal 2 d’environ dix millions de passagers, soit une hausse proche de 30% selon les estimations publiées en Allemagne.

L’ouverture de cette extension est envisagée pour 2035, sous réserve du calendrier et des procédures réglementaires. À ce stade, aucun montant d’investissement n’a été communiqué publiquement, même si le groupe Lufthansa a confirmé le projet lors d’une cérémonie marquant le centenaire de la compagnie.

« Une porte sur le monde » pour la Bavière

Les autorités bavaroises présentent ce projet comme un levier de compétitivité pour l’économie régionale, très tournée vers l’exportation. « La Bavière est un hub de l’aviation et l’aéroport de Munich est notre porte sur le monde », déclare le ministre‑président Dr Markus Söder, cité dans le communiqué. Il ajoute : « Ensemble, nous prévoyons de poursuivre l’extension du satellite du Terminal 2 afin d’accueillir jusqu’à dix millions de passagers supplémentaires par an. […] C’est un accord historique et un jalon pour la plate‑forme aérienne. »

Le dirigeant conservateur réaffirme par ailleurs le soutien du Land à l’aviation : « En tant que gouvernement du Land de Bavière, nous soutenons fortement l’aviation : nous continuerons d’étendre nos hubs, de développer nos compétences et nos capacités, et nous plaiderons pour une réduction de la taxe sur le transport aérien. » La Bavière, où sont implantés de grands groupes industriels et technologiques, considère la connectivité internationale comme un facteur clé de sa compétitivité.

« L’accord renforce non seulement la région aéroportuaire, mais l’ensemble de l’espace économique bavarois. Pour les passagers, cela signifie de meilleures connexions entre la Bavière et le reste du monde », souligne de son côté Albert Füracker, ministre bavarois des Finances et de l’Intérieur et président du conseil de surveillance de l’aéroport de Munich.

Capacités actuelles et montée en charge

Munich Airport détient 60% de la société d’exploitation du Terminal 2, contre 40% pour le groupe Lufthansa. Aujourd’hui, le Terminal 2 et son satellite offrent une capacité annuelle d’environ 36 millions de passagers et ont accueilli plus de 32 millions de voyageurs en 2025, soit un niveau proche de la saturation structurelle évoqué par le gestionnaire.

Le satellite actuel, mis en service en 2016, est crédité d’une capacité d’environ 11 millions de passagers par an et joue un rôle central dans le traitement des vols de Lufthansa et de ses partenaires au Terminal 2. Les prévisions de demande et la montée en puissance des liaisons long‑courrier au départ de Munich justifient, selon le groupe, la mise en chantier du T‑Pier afin d’absorber la croissance anticipée tout en maintenant le niveau de service.

Pour Lufthansa, Munich constitue le deuxième grand hub du groupe derrière Francfort, et la question de la répartition des capacités long‑courrier entre les deux plates‑formes est au cœur de sa stratégie. Le groupe envisage d’augmenter la flotte long‑courrier basée à Munich, ce qui se traduira par un renforcement du réseau intercontinental depuis la capitale bavaroise, même si le détail des nouvelles lignes n’a pas encore été dévoilé.

Moratoire maintenu sur la troisième piste

Un point sensible de la politique aéroportuaire bavaroise reste le projet de troisième piste à Munich, longtemps débattu puis gelé. L’aéroport rappelle que le moratoire sur cette troisième piste n’est pas affecté par l’extension du Terminal 2 et qu’il reste pleinement en vigueur. La hausse de capacité envisagée par le T‑Pier doit être absorbée par le système actuel à deux pistes, sans nouvelle infrastructure de piste à moyen terme.

Le ministre‑président Markus Söder avait d’ailleurs indiqué dès 2020 qu’aucune avancée sur la troisième piste ne serait engagée durant son mandat, en raison de l’environnement politique et de l’évolution du trafic post‑pandémie. L’extension des terminaux apparaît donc comme une solution intermédiaire permettant de répondre à la demande tout en tenant compte des contraintes environnementales et des oppositions locales au développement des pistes.

Lufthansa prolonge son pari sur Munich et lance l’extension du Terminal 2 1 Air Journal

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