Depuis dimanche soir, plusieurs dizaines de passagers réunionnais se retrouvent bloqués à Johannesburg, en Afrique du Sud, incapables de rentrer à La Réunion. En cause, non pas un problème technique ou de sécurité, mais le renouvellement tardif d’un permis administratif sud‑africain, le Foreign Operator Permit (FOP), désormais indispensable à l’exploitation de la ligne par Air Austral.
Un retour de vacances qui tourne au séjour forcé
Les premiers passagers concernés devaient quitter Johannesburg pour Saint‑Denis le dimanche 29 mars au soir, sur un vol programmé à 23 h 30. Selon leurs témoignages, ils apprennent par SMS, peu avant le départ, l’annulation pure et simple du vol, sans explication détaillée. « On devait prendre l’avion à 23 h 30 dimanche soir, mais on a reçu des SMS nous disant que le vol était annulé sans que l’on sache pourquoi », raconte l’un d’eux, interrogé par Réunion La 1ère. Depuis, les passagers sont logés à l’hôtel et nourris, aux frais de la compagnie, mais restent dans l’incertitude quant à leur date de retour.
Le Foreign Operator Permit, nouveau point de passage obligé
Officiellement, Air Austral ne fait pas face à un retrait de ses droits de trafic entre La Réunion et l’Afrique du Sud. La compagnie dispose toujours des autorisations bilatérales nécessaires pour exploiter la liaison, qu’elle dessert régulièrement depuis 2016 et qu’elle a relancée après la crise sanitaire avec une offre renforcée et des accords de correspondance via Johannesburg. Le blocage porte sur un document précis : le Foreign Operator Permit (FOP), un permis délivré par les autorités sud‑africaines à tout transporteur étranger souhaitant opérer des vols commerciaux sur leur territoire. Ce FOP, jusque‑là renouvelé sans difficulté particulière pour Air Austral, fait désormais l’objet d’une procédure administrative modifiée, avec un examen plus poussé et des délais allongés, selon plusieurs sources locales.
Dans un communiqué, la compagnie explique que « bien que la compagnie dispose des droits de trafic nécessaires à l’exploitation de cette ligne, la reprise effective des vols demeure, à ce stade, conditionnée à l’obtention du Foreign Operator Permit (FOP) ». Air Austral affirme avoir transmis « dans les délais impartis le dossier requis à ses correspondants sud‑africains », mais la demande « semble toujours en cours d’instruction, sans que les délais de traitement puissent être précisément établis ».
Une chaîne administrative sud‑africaine sous tension
En toile de fond, plusieurs médias locaux décrivent un environnement administratif sud‑africain devenu plus complexe pour les transporteurs étrangers. La délivrance des FOP est centralisée et conditionne toute opération commerciale : sans ce document, impossible pour une compagnie comme Air Austral de décoller de Johannesburg, même avec un avion et un équipage prêts au départ.
Selon les informations publiées par Le Mémento et Imaz Press, Air Austral se heurte à une administration « peu coopérative », au point d’avoir sollicité l’appui de l’ambassade de France en Afrique du Sud et de la Direction du transport aérien (DTA) pour tenter de faire avancer son dossier. La compagnie réunionnaise assure être « pleinement mobilisée » pour débloquer la situation et évoque un « nouveau casse‑tête administratif », écartant les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux qui attribuaient l’immobilisation des vols à des taxes impayées.
Passagers pris en étau entre contraintes professionnelles et médicales
Sur place, la frustration grandit. « Le fait d’être bloqué pose réellement problème. Certains devaient reprendre le travail, d’autres n’ont plus assez de médicaments pour suivre leurs traitements », témoigne un passager, cité par France Info La Réunion. Si les conditions matérielles sont jugées correctes – « on est bien dans les hôtels, on est nourris » – les voyageurs dénoncent surtout un déficit d’information de la part de la compagnie. « On aimerait bien avoir plus d’informations sur ce qu’il se passe », résume un autre passager, alors que l’incertitude plane sur la date exacte de reprise des vols.
Sur le plan juridique, ce type de situation relève du régime d’assistance et de prise en charge prévu par la réglementation européenne, qui impose aux compagnies une obligation d’hébergement, de restauration et de ré-acheminement, même lorsque la cause du retard ou de l’annulation est extérieure à leur contrôle, comme une autorisation administrative manquante.

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