Le tourisme mexicain connaîtra-t-il une expansion conséquente en 2026 ? Le pays, hôte de la prochaine Coupe du monde de football aux côtés des États-Unis et du Canada, entend profiter de la visibilité dont il bénéficiera à l’issue des cinq semaines de compétition, du 11 juin au 19 juillet 2026, pour renvoyer une image marquante à l’international : celle d’un pays festif, accueillant, moderne, capable de recevoir plusieurs millions de visiteurs sur son territoire de manière sûre.

Une telle ambition n’est évidemment pas inédite chez les pays organisateurs de compétitions très médiatisées, qui cherchent avant tout à accroître leur attractivité à travers ces investissements considérables. La Coupe du monde 2022 au Qatar, celle de 2014 au Brésil, ou encore les Jeux olympiques de Paris 2024 ont servi de vitrines culturelles aux yeux du monde entier. Des retombées en termes d’accroissement des arrivées touristiques se font généralement sentir dans les années qui suivent.

Déjà positionné comme l’un des cadors du tourisme mondial, avec 48 millions de touristes étrangers accueillis en 2025 (en hausse de 6 % par rapport à 2024), le Mexique se classe au sixième rang mondial en nombre de visiteurs internationaux. Le pays ne compte pas s’arrêter là : sur les seules cinq semaines de compétition, 5,5 millions de visiteurs sont attendus, ce qui constituerait un record de fréquentation sur une période aussi courte.

Fan zones et répartition des flux sur le territoire

À Mexico, Guadalajara et Monterrey, les trois villes hôtes mexicaines de la Coupe du monde, de gigantesques fan zones seront installées. Elles seront conçues comme de véritables espaces de divertissement : concerts live, DJ sets, espaces de restauration, animations sportives, ainsi que la retransmission de tous les matchs sur écrans géants.

Les pouvoirs publics ne souhaitent cependant pas limiter les retombées à ces trois métropoles. L’objectif est de stimuler l’ensemble du territoire. Ils encouragent les professionnels du tourisme à capter les visiteurs de passage en développant des itinéraires variés, notamment via les réseaux sociaux. Le programme des Pueblos Mágicos est particulièrement mis en avant, afin de favoriser un tourisme plus rural, mieux réparti, tout en garantissant des conditions de sécurité jugées satisfaisantes.

Voyages sur mesure : l’essor des agences locales

En parallèle de cette dynamique, les voyages sur mesure gagnent du terrain au Mexique, portés par le développement d’une offre locale francophone et d’acteurs spécialisés implantés sur place. Ces structures s’appuient sur une forte expertise terrain et sur des conseillers locaux qui connaissent les régions, les saisons et les réalités logistiques, permettant d’organiser un voyage authentique, adapté au profil de chaque visiteur.

Parmi ces acteurs, Maya Authentique byNativ illustre cette montée en puissance des agences locales. Basée à Mexico et Guatemala City, elle conçoit des voyages sur mesure au Mexique, au Guatemala et au Belize, avec un suivi assuré directement sur place. L’accompagnement sur place et l’assistance sur place sont assurés par une équipe francophone, ce qui facilite les échanges avant, pendant et après le séjour, sans contrainte de décalage horaire.

D’autres agences locales francophones, comme VivaOhlala, Pixan Riviera ou World Evasion, sont spécialisées dans la Riviera Maya et les circuits culturels mayas. Elles proposent des itinéraires personnalisés, mêlant grands sites archéologiques, plages caribéennes et villages plus confidentiels. Elles s’appuient elles aussi sur des guides francophones et un réseau de partenaires locaux pour garantir un accompagnement sur place continu et une assistance sur place en cas d’imprévu.

Ces agences locales misent sur des guides francophones qui sillonnent le pays depuis des années et en connaissent les moindres recoins, afin de proposer des circuits hors des sentiers battus, des étapes plus rurales ou des rencontres avec les communautés locales. Pour les visiteurs attirés par un voyage authentique, en petit groupe ou en individuel, ces structures offrent un cadre rassurant pour la sécurité, les transports et la sélection d’hébergements.

En s’appuyant sur des conseillers locaux installés au Mexique, ces acteurs affinent en continu leurs itinéraires, ajustent les programmes en fonction des conditions sur le terrain et privilégient des partenaires locaux. Cette approche répond à une demande croissante pour des voyages sur mesure, plus responsables, permettant de mieux répartir les retombées économiques du tourisme tout en valorisant les savoir‑faire des acteurs locaux.

Un événement au-delà des stades

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a récemment affirmé que le pays était prêt à accueillir les fans et a rappelé la volonté du gouvernement de montrer au monde « la grandeur culturelle du Mexique ». Le nombre de visiteurs attendus dépasse largement les capacités d’accueil des stades : une grande partie d’entre eux fera le déplacement avant tout pour l’ambiance, dans un pays où le football est une véritable religion.

La rencontre entre les supporters venus du monde entier et la population locale, passionnée de football, devrait donner lieu à une véritable fête pendant un mois. L’expérience n’est pas sans rappeler l’Euro 2016 en France : les fan zones des grandes villes, notamment à Paris, avaient connu un large succès populaire, autant auprès des visiteurs que des habitants.

Sécurité : un enjeu central pour la destination

La question de la sécurité sera centrale. Les troubles récents survenus après l’exécution du narcotrafiquant  Nemesio Oseguera, le 22 février, ont fait planer le doute pendant plusieurs semaines sur la capacité de l’État à contenir les agissements des cartels. L’État de Jalisco, dont la capitale Guadalajara doit accueillir plusieurs matchs, a été paralysé plusieurs jours, tandis que les affrontements entre forces de l’ordre et membres du cartel ont fait des dizaines de morts.

Le tourisme a été fortement perturbé pendant cette période : de nombreux voyageurs ont reporté leur venue, notamment en raison de la fermeture temporaire de plusieurs aéroports. Si la situation est revenue rapidement au calme, cet épisode rappelle que certaines régions demeurent instables. Le Mexique reste un pays accueillant, doté d’une population réputée pour sa bienveillance, mais où il est préférable de rester dans les sentiers battus.

Les villes de Mexico, Guadalajara et Monterrey – où se situe notamment le stade de Guadalupe – comptent aujourd’hui parmi les zones les plus sûres, tout comme le sud-est touristique (Cancún, Playa del Carmen, Tulum), fortement encadré par l’État. À l’inverse, certains États comme Michoacán, Guerrero ou Tamaulipas restent déconseillés par les autorités françaises. De manière générale, une vigilance modérée est recommandée, notamment face aux vols à l’arraché dans certaines zones très touristiques.

Face à ces préoccupations, le gouvernement a cherché à rassurer. Près de 100 000 agents seront déployés dans les villes hôtes, avec un effort particulier à Guadalajara. Les aéroports feront également l’objet d’une attention accrue, en matière de sécurité comme de modernisation.

Infrastructures et accessibilité aérienne

L’aéroport international Benito Juárez de Mexico bénéficie actuellement d’investissements importants pour améliorer l’accueil des visiteurs et fluidifier les contrôles, notamment grâce à des dispositifs automatisés. Depuis la France, des vols directs sont assurés par Air France et Aeromexico, pour un temps de vol d’environ 12 heures. D’autres compagnies européennes comme Iberia, KLM ou Lufthansa desservent les principales stations balnéaires, notamment Cancún, via leurs hubs respectifs.

Pour les vols intérieurs afin de rejoindre Monterrey et Guadalajara depuis Mexico, les compagnies aériennes VivaAerobus et Volaris, en plus de la compagnie nationale Aeromexico, proposent des liaisons quotidiennes.

Tourisme durable et tensions locales

Les retombées économiques de la Coupe du monde de football devraient se faire sentir dans les années à venir, portées notamment par les investissements dans les infrastructures. La question du tourisme durable reste toutefois posée. Des initiatives existent pour protéger les écosystèmes, notamment sur la Riviera Maya, confrontée à la prolifération d’algues.

Mais la priorité donnée à l’attractivité touristique suscite aussi des tensions. À Mexico, des manifestations récentes ont dénoncé la hausse des loyers, attribuée à la montée en puissance de plateformes comme Airbnb. Déjà acteur majeur du tourisme mondial, le Mexique devra relever plusieurs défis après la compétition : maintenir son attractivité, garantir la sécurité et mieux prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux de l’empreinte touristique.

Football, fiesta et tourisme : le grand pari du Mexique pour 2026 1 Air Journal

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