Après avoir franchi le seuil des 8,5 millions de visiteurs étrangers en 2025, soit une hausse de 9,1% sur un an et environ 72% du niveau observé avant la pandémie de Covid, Taïwan veut poursuivre sa remontée et vise désormais jusqu’à 9,4 millions d’arrivées internationales en 2026. Pour l’île, l’enjeu est clair : consolider la reprise, élargir ses marchés et transformer sa notoriété en dynamique touristique durable, selon l’Administration du tourisme.
Les autorités estiment désormais que le seuil symbolique de 9 millions de visiteurs est à portée et fixent pour 2026 un objectif compris entre 9,3 et 9,4 millions de touristes internationaux. « Nous pensons que 9,3 à 9,4 millions de visiteurs internationaux constituent un objectif réaliste pour cette année. Atteindre 9,5 millions demanderait en revanche des efforts considérables », a déclaré Chen Yu-hsiu, directrice générale de l’Administration du tourisme.
Cette ambition s’appuie sur une évolution jugée encourageante du profil des clientèles. La destination observe une progression des arrivées en provenance d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie du Sud-Est, avec des séjours souvent plus longs et des dépenses plus élevées que par le passé.
Une reprise portée par l’aérien
La relance touristique passe aussi par la montée en puissance des infrastructures de transport. À l’aéroport international Taïwan-Taoyuan, principale porte d’entrée du territoire, le trafic a atteint 44,92 millions de passagers en 2024, contre 35,35 millions en 2023. En 2025, il a progressé à 47,8 millions de passagers, selon les chiffres officiels publiés par l’exploitant de la plateforme.
L’ouverture début 2026 de la jetée nord du futur Terminal 3 doit accompagner cette croissance. À terme, ce nouvel équipement doit permettre d’atteindre une capacité globale de l’aéroport à plus de 80 millions de passagers par an, portée par un trafic régional en pleine expansion en Asie-Pacifique.
Pour le marché français, Air France commercialise des vols entre Paris et Taipei, tandis qu’EVA Air opère aussi la liaison entre la capitale française et la capitale taïwanaise. D’autres solutions existent avec escale via des hubs européens (Lufthansa via Francfort, KLM via Amsterdam, etc.) ou moyen-orientaux, ce qui élargit l’offre au départ de la France. La nouvelle compagnie taïwanaise Starlux Airlines envisage d’ouvrir de nouvelles routes depuis son hub de Taipei-Taoyuan vers Prague, Barcelone et Zurich.
Circuits, séjours et sur mesure
Le marché français des voyages organisés vers Taïwan reste encore de niche, mais il se structure. Pour un premier voyage, les voyagistes recommandent souvent de combiner Taipei, une boucle dans le centre ou l’est montagneux, et quelques jours sur le littoral, sur une durée de 10 à 14 jours. Des agences de voyages comme Comptoir des Voyages, Havas Voyages ou Asia organisent des circuits accompagnés ou des itinéraires personnalisés à la découverte de l’île.
Le voyagiste Comptoir des Voyages met en avant une offre de voyages sur mesure à Taïwan, construite avec un conseiller et personnalisable selon les envies du client. Ce spécialiste du voyage sur mesure insiste sur l’immersion et la diversité de la destination, de Taipei à Alishan, et propose plusieurs idées de circuits accompagnés, du grand tour complet de l’île aux combinés associant Taïwan à d’autres métropoles asiatiques comme Hong Kong.
De son côté, Havas Voyages affiche des circuits accompagnés qui passent par les grands classiques de l’île – Taipei, gorges de Taroko, villages de montagne, littoral du sud –, tandis qu’Asia commercialise en outre des programmes en groupe, centrés sur les incontournables culturels et naturels, avec un accompagnement francophone ou anglophone selon les départs.
Opter pour un voyage organisé permet de partir l’esprit plus léger, avec un itinéraire déjà structuré, des réservations effectuées en amont et un accompagnement assuré par des conseillers spécialisés. Pour une clientèle française encore peu familière de la destination, cet encadrement peut faciliter le séjour et sécuriser l’expérience sur place.
Une destination qui joue la carte de la diversité
Pour séduire davantage de visiteurs, Taïwan mise sur une image de destination multiple. L’île combine l’énergie urbaine de Taipei, les marchés de nuit, les temples, les montagnes, les sources chaudes et les paysages tropicaux, un mélange fortement mis en avant par les guides et tour‑opérateurs spécialisés.
La capitale reste la vitrine du pays. La tour Taipei 101, les quartiers commerçants, les cafés design, les musées et la scène culinaire donnent le ton d’une métropole moderne, dense mais jugée plus sereine que d’autres grandes villes asiatiques.
Taïwan met aussi en avant son patrimoine culturel : temples, sanctuaires, festivals et coexistence d’héritages chinois, japonais et autochtones structurent l’expérience des visiteurs, en particulier dans les programmes de circuits accompagnés.
Nature, bien-être et plaisirs gourmands à prix doux
Au‑delà de Taipei, Taïwan entend capitaliser sur ses paysages. Les chaînes montagneuses centrales, les parcs nationaux et les routes panoramiques sont présentés comme un terrain de jeu idéal pour la randonnée, le cyclotourisme ou l’observation de la nature.
Les stations de sources chaudes, notamment autour de Beitou ou dans l’est de l’île, ajoutent une composante bien‑être à cette offre nature, avec des bains privés ou publics à des prix encore compétitifs par rapport à d’autres destinations d’Asie du Nord‑Est. Le littoral complète cette palette, entre falaises, plages et villages de pêcheurs. Certaines zones du sud de l’île sont désormais identifiées comme des spots de surf et de plongée encore relativement peu fréquentés.
La restauration constitue aussi un point fort de la destination. Manger très correctement dans un petit restaurant est courant pour 5 à 8 euros, tandis que les établissements de gamme supérieure restent en‑deçà des prix pratiqués en Europe, même dans les grandes villes. Aussi, les marchés de nuit sont devenus un passage obligé pour les voyageurs, qui y découvrent la cuisine de rue locale à des tarifs très accessibles, souvent autour de 2 à 8 euros par plat.
Taïwan apparaît comme une destination globalement plus abordable que la France, surtout si l’on privilégie hébergements simples, restauration locale et transports en commun. Le coût de la vie y est estimé inférieur d’environ 20%, ce qui permet de voyager confortablement avec un budget maîtrisé, les transports (métro, bus, trains) représentant un poste de dépense secondaire.
Un cap clairement affiché pour 2026
L’Administration du tourisme entend désormais transformer l’essai. Au-delà du volume, les autorités veulent améliorer la qualité de l’expérience et renforcer l’attractivité de l’île auprès des clientèles internationales comme domestiques. « Nous voulons renforcer et améliorer les fondamentaux du secteur, afin que les visiteurs domestiques comme internationaux bénéficient d’une expérience de meilleure qualité à Taïwan, tout en créant davantage de valeur pour l’ensemble de l’industrie touristique », a expliqué le ministre des Transports et des Communications, Chen Shih-kai.
Des campagnes ciblées et des événements promotionnels doivent soutenir cet effort, notamment au Japon et sur d’autres marchés régionaux. Avec 8,57 millions de visiteurs étrangers en 2025 et un objectif de 9,3 à 9,4 millions en 2026, Taïwan avance donc avec une feuille de route claire.
Pour les professionnels du voyage, la destination cherche désormais à convertir sa reprise en croissance durable, en s’appuyant à la fois sur son accessibilité, sa singularité culturelle et une offre plus lisible pour les marchés long-courriers comme la France.

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