La Guadeloupe, archipel aux multiples visages, cherche à s’affranchir de son image de destination essentiellement franco‑française. Elle affiche désormais des ambitions internationales pour attirer une clientèle plus diversifiée.
Depuis 2026, le Comité du tourisme des Îles de Guadeloupe (CTIG) déploie une stratégie ciblée sur les grands salons professionnels. Par exemple, sa présence au New York Travel & Adventure Show a renforcé la visibilité de l’archipel auprès de tour‑opérateurs européens et nord‑américains, séduits par son patrimoine, ses infrastructures aux normes européennes et ses personnels qualifiés.
Des passerelles avec l’Amérique du Nord
Cette ouverture se traduit par un intérêt croissant des voyageurs nord‑américains, surtout canadiens. Entre 2022 et 2024, le trafic en provenance du Canada vers l’aéroport Guadeloupe‑Maryse‑Condé a doublé, porté par une offre aérienne désormais structurée.
Air Canada dessert Pointe‑à‑Pitre depuis Toronto et Québec en haute saison, ainsi que depuis Montréal toute l’année. Air Transat aligne, elle, un vol Québec–Pointe‑à‑Pitre en hiver et deux fréquences hebdomadaires au départ de Montréal sur l’année.
L’émergence de ces liaisons révèle un potentiel réel de développement international. Les vacanciers des provinces francophones sont sensibles à une destination francophone, facilitant les échanges culturels et linguistiques avec les Guadeloupéens.
Montée en gamme « sans perdre son âme »
La stratégie touristique repose aussi sur une montée en gamme de l’offre pour capter des clientèles plus aisées d’Amérique du Nord et d’Europe. Projets d’hôtels haut de gamme et nouvelles écoles hôtelières témoignent de cette volonté de se positionner sur le segment luxe.
Pour Rodrigue Solitude, directeur général du CTIG, cette évolution doit rester maîtrisée : « la destination Guadeloupe doit réussir sa montée en gamme sans perdre son âme ». L’ancrage local, les produits du territoire et la culture créole sont mis en avant pour éviter une standardisation.
Cette montée en gamme se heurte toutefois à des fragilités : infrastructures, continuité des services, tensions autour de villas de luxe sur le littoral. Les autorités reconnaissent que la clientèle visée est exigeante et que l’image de la destination dépend de la capacité à tenir les promesses.
Séjours premium en immersion
Dans ce contexte, plusieurs voyagistes positionnent la Guadeloupe sur des segments plus haut de gamme. L’agence Comptoir des Voyages, spécialiste du voyage sur mesure, propose ainsi des séjours personnalisés et des circuits en immersion, avec autotours, hébergements de charme et activités nature conçus pour une clientèle en quête de confort et de services premium.
Ce voyagiste met en avant la découverte en douceur de l’archipel, des rencontres avec des acteurs locaux et des itinéraires modulables, que ce soit en couple, en famille ou entre amis. Ces offres s’inscrivent dans une logique de montée en gamme, tout en restant centrées sur l’expérience et l’authenticité plutôt que sur le seul luxe ostentatoire.
D’autres agences et tour‑opérateurs classiques commercialisent également des séjours en Guadeloupe, du package balnéaire au circuit organisé. Pour exemple, Look Voyages, Promovacances, Opodo ou encore Voyages Carrefour proposent des offres incluant vols, hébergement et, parfois, location de voiture.
À côté de ces grands noms, des agences locales comme Travel Boutic’ ou des réseaux tels que Havas Voyages ou Selectour développent des voyages sur mesure et des combinés caribéens, contribuant à élargir la palette d’offres pour des clientèles plus exigeantes.
Cinq spécialistes du voyage organisé en Guadeloupe
| Voyagiste | Positionnement prix/gamme | Activités | Offres et services |
|---|---|---|---|
| Comptoir des Voyages | Moyen / haut de gamme, sur mesure | Spécialiste voyage sur mesure | Circuits en immersion, autotours, séjours personnalisés |
| Navitour Voyages | Large public, du milieu de gamme au classique | Agence de voyages généraliste du réseau Selectour | Packages vols + séjours, circuits, croisières, billetterie |
| Travel Boutic’ | Moyen / haut de gamme, service local | Agence réceptive basée à Baie‑Mahault | Circuits, croisières, road‑trips, séjours sur mesure sur place |
| Vert Intense | Moyen de gamme, axé « slow travel » | Agence / tour‑opérateur nature | Excursions, randonnées, activités outdoor |
| Caraïbes Luxury Vacations | Haut de gamme / luxe | Voyagiste orienté luxe | Séjours premium, villas, combinés caribéens |
L’offre aérienne depuis l’Hexagone
Pour rejoindre la Guadeloupe depuis la France métropolitaine, les principaux aéroports de départ sont Paris (Orly et Charles-de-Gaulle) et, de manière saisonnière, Nantes.
Depuis Paris, plusieurs compagnies assurent des vols directs quotidiens, parfois multiples selon la saison. Air France propose des vols quotidiens depuis Paris-Charles de Gaulle. Depuis Paris-Orly, Air Caraïbes et Corsair assurent également une desserte quotidienne, avec des vols généralement plus compétitifs que ceux d’Air France, avec des tarifs généralement plus compétitifs que ceux d’Air France et des billets d’avion aller-retour en classe économique régulièrement affichés sous les 700 € hors période de pointe.
Nantes-Atlantique est le principal aéroport de province à disposer d’une liaison directe régulière vers Pointe-à-Pitre, opérée par Corsair à raison d’un vol hebdomadaire (généralement le mardi) pendant la saison hivernale (décembre à avril environ). Le CTIG et la Région Guadeloupe misent sur ces connexions, renforcées par les partenariats avec des compagnies nord-américaines et européennes, pour soutenir la croissance touristique tout en travaillant à un repositionnement qualitatif de la destination.
Cap sur 2030 : croissance et écotourisme
La trajectoire est claire : atteindre 1,5 million de touristes en 2030. Cette ambition suscite des réserves chez des acteurs soucieux de préserver les milieux naturels et la qualité de vie des habitants.
Dans ce contexte, l’écotourisme devient un axe central. Une stratégie commune est élaborée pour les prochaines années afin de mieux répartir les retombées économiques et de limiter les impacts environnementaux. La Région Guadeloupe présente l’écotourisme comme un levier majeur de tourisme durable.
Sur le terrain, de nombreux intervenants défendent un modèle inspiré du « slow travel ». Il s’agit de prendre le temps de vivre la destination, de privilégier les courtes distances et la rencontre avec les habitants plutôt que les excursions standardisées. Cette approche, en phase avec une culture locale qui valorise la tranquillité, pourrait préfigurer le tourisme de demain.
Le défi pour les prochaines années sera de concilier croissance, montée en gamme et préservation des paysages et des ressources. La capacité de la Guadeloupe à tenir cette ligne conditionnera son positionnement futur comme destination attractive et référence en matière de tourisme durable dans la Caraïbe.

@Foire de Paris
Sam a commenté :
6 juillet 2026 - 13 h 59 min
Gros boulot de formation à effectuer.
Manque de personnel qualifié parlant anglais
Métiers de service peu valorisés dans la société guadeloupéenne et c’est un euphémisme.
Les endroits disponibles pour bâtir des infrastructures hôtelières sont rares.
Les quelques hôtels haut de gamme qui ont essayé de s’implanter ont fait faillite ( Méridien, la cocoteraie). Aujourd’hui, mis à part la Toubana à Ste Anne ( petite structure), pas grand chose pour accueillir une clientèle internationale exigeante.
Si on rajoute les problèmes d’eau, de circulation, et les tensions sociales récurrentes, cela fait pas mal de défis à relever….
jamma a commenté :
7 juillet 2026 - 6 h 56 min
C’est vrai en partie, et cela explique parfaitement la sociologie du tourisme actuel sur l’île. Faute d’infrastructures hôtelières adaptées et de culture du service haut de gamme, la Guadeloupe a naturellement capté une autre clientèle.
Comme l’offre hôtelière classique est limitée, le marché s’est un peu adapté par la force des choses. Aujourd’hui, les touristes nord-américains qui viennent en Guadeloupe ne cherchent plus le grand luxe standardisé : ils se tournent vers les Airbnb et les locations directes. Ils viennent surtout pour le côté “nature” et pour ce petit cachet français unique dans la région.
Au fond, la clientèle qui veut du resort 5 étoiles clés en main sait très bien que l’île n’est pas calibrée pour ça en ce moment, alors elle va voir ailleurs dans la Caraïbe.
Caravelle a commenté :
6 juillet 2026 - 16 h 27 min
Effectivement, ce n’est pas pour rien que Guadeloupe et Martinique n’ont pas connu un développement touristique semblable à d’autres îles des Caraïbes comme la Rép Dom par exemple.
L’expérience hôtelière est catastrophique, le personnele en dessous de tout, etc,…bref un endroit à fuir.
Caramel a commenté :
7 juillet 2026 - 1 h 07 min
Des métropolitains qui veulent nous faire la leçon alors que vous n’êtes même pas capable de préserver un haut-lieu touristique de la capitale de la casse après un match de foot.
Vous avez raison d’aller vous retrouver entre beaufs français dans des resorts de RepDo dont votre expérience du pays ne dépassera pas la clôture de l’établissement.
Zeph a commenté :
7 juillet 2026 - 7 h 02 min
Allons soyez honnête et reconnaissez que le service est déplorable. Pour avoir travaillé dans cette très belle île je sais que le personnel est ingérable. Des que vous demandez fermement d’accomplir ce pour quoi on les rémunère on se retrouve avec des reproches de racisme esclavagisme ou une grève. Jamais le haut de gamme ne pourra s’y implanter. Et les essais infructueux ont été nombreux. La Toubana ou le club Med. Les seules destinations fréquentables.
Hélas a commenté :
7 juillet 2026 - 13 h 21 min
Des prestations bien en deçà du prix payé .
Service incomparable dans les autres iles . Et si vous êtes métro alors c’est la catastrophe : racisme anti-métros et agressivité .
nom a commenté :
7 juillet 2026 - 22 h 23 min
La Guadeloupe une horreur .
La Martinique est nettement mieux même si c’est encore loin en comparaison des iles non ” françaises ” .
Vivement une totale indépendance .
Caravelle a commenté :
11 juillet 2026 - 23 h 53 min
Oui, l’indépendance et plus un centime d’euros…
On sera débarassé de ces boulets.
Ils iront quémander ailleurs.
Ou bien ils seraient forcés de travailler :))
burnou a commenté :
7 juillet 2026 - 11 h 02 min
Je pense que vous n’êtes pas allé aux Antilles depuis très très longtemps , moi qui vais dans ces magnifiques iles au moins deux fois par an , je peux vous certifier que vous êtes très bien reçu ou que vous allier , restaurants , hôtels locations etc ….