Aux États-Unis, United Airlines tente de faire valoir qu’un « siège côté hublot » ne promet pas nécessairement une vue sur l’extérieur. Un juge fédéral de San Francisco a rejeté cet argument, ouvrant la voie à une action collective menée par des passagers qui disent avoir payé un supplément pour se retrouver devant une simple paroi.

United Airlines contrainte de défendre sa pratique

La justice américaine a infligé un revers à United Airlines dans un dossier qui mêle marketing, géométrie cabine et litige de consommation. Dans une décision rendue le 6 juillet à San Francisco, le juge fédéral James Donato a refusé de classer sans suite l’action intentée par des passagers estimant avoir payé un supplément pour des « sièges hublot » dépourvus de fenêtre.

La compagnie soutenait que l’expression désigne seulement l’emplacement du siège, contre le fuselage, et non une garantie de vue extérieure. Le juge a toutefois relevé que les conditions de vente, les cartes d’embarquement et les écrans de réservation de United indiquent expressément qu’un passager payant pour un siège côté hublot obtiendra bien un siège de ce type. « Il n’en faut pas davantage à ce stade pour que les plaintes pour rupture de contrat puissent suivre leur cours », a-t-il estimé, selon Reuters.

Des sièges vendus plus cher

Le cœur du dossier tient à un point simple : les plaignants affirment avoir payé une option facturée comme un siège côté hublot, mais avoir été installés face à une paroi aveugle. Reuters rapporte que les frais peuvent dépasser 50 dollars sur les liaisons domestiques et 100 dollars sur certains vols internationaux, ce qui transforme le litige en sujet financier loin d’être anecdotique.

L’affaire concerne des appareils dans lesquels certaines rangées comportent un emplacement latéral normalement associé à une fenêtre, mais qui se retrouvent privés de hublot pour des raisons techniques liées à la structure cabine. Les plaintes visent notamment des Boeing 737, Boeing 757 et Airbus A321, où des conduits de climatisation, des câblages électriques ou d’autres équipements peuvent occuper l’espace où se trouverait normalement la fenêtre.

Un problème bien connu des compagnies

Le dossier dépasse United seule. En août 2025, Delta Air Lines et United Airlines avaient déjà été visées par des recours collectifs similaires, toujours sur le fondement de la vente de sièges « hublot » sans fenêtre. Reuters indiquait alors que les actions regroupaient plus d’un million de passagers par compagnie, les plaignants réclamant des millions de dollars de dommages et intérêts.

Le point de friction est aussi comparatif. Les demandeurs soutiennent que certains transporteurs, comme American Airlines et Alaska Airlines, signaleraient plus clairement qu’un siège latéral ne dispose pas forcément d’un hublot, tandis que United et Delta continueraient à présenter certains emplacements comme des sièges « hublot » sans avertissement explicite.

Ce que dit United

Dans sa défense, United a fait valoir qu’elle n’avait jamais contractuellement promis une vue sur l’extérieur. La compagnie a aussi indiqué à la presse avoir renforcé en 2025 les informations affichées dans son processus de sélection des sièges, afin que les clients sachent mieux à quoi s’attendre lorsqu’ils choisissent une place.

Cette évolution ne règle cependant pas le dossier sur le fond. La question juridique reste de savoir si le terme « siège hublot » tel qu’utilisé sur les interfaces de réservation, les documents de voyage et les écrans de plan de cabine, engage la compagnie au-delà de la seule position du siège dans l’avion. Pour le juge Donato, les éléments présentés par les plaignants suffisent, à ce stade, à laisser la procédure suivre son cours.

Nécessité d’une information claire au moment de la réservation, le cas en Europe également

Au-delà du cas United, l’affaire rappelle un sujet récurrent de l’économie du transport aérien: la multiplication des options payantes et la nécessité d’une information claire au moment de la réservation. S’il n’existe pas de jurisprudence européenne connue portant spécifiquement sur la vente de « sièges hublot » sans hublot comparable aux recours collectifs américains contre United et Delta, en droit européen, la situation serait appréhendée via les règles sur les « pratiques commerciales trompeuses », transposées dans les droits nationaux, combinées au droit commun des contrats et à la protection du consommateur.

La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a rappelé à plusieurs reprises que constitue une pratique commerciale trompeuse toute information susceptible d’induire le consommateur en erreur et d’altérer de manière substantielle son comportement économique, ce qui pourrait en théorie couvrir la vente d’une option de siège « hublot » qui ne procure pas le bénéfice annoncé.

Payer pour un siège hublot, assis contre une paroi opaque : United Airlines épinglée par un juge 1 Air Journal

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