Près de 1,8 million de voyageurs ont transité par Brussels Airport en mars, soit une hausse de 1,9 % sur un an, alors même que l’aéroport a subi de plein fouet la suspension des vols vers le Moyen-Orient et une journée d’action nationale en Belgique.

Le fret, lui, s’envole avec une croissance de 8,8 % et près de 75 000 tonnes traitées, confirmant le rôle stratégique de la plateforme bruxelloise pour le trafic passagers comme pour la logistique.

Trafic passagers : une croissance sous contraintes

En mars, Brussels Airport a accueilli exactement 1 767 797 passagers, soit une progression de 1,9 % par rapport à mars 2025, malgré un contexte marqué par des perturbations géopolitiques et sociales. La direction de l’aéroport estime que la combinaison de la guerre au Moyen-Orient et de la grève nationale du 12 mars a entraîné la perte d’environ 80 000 voyageurs, dont 50 000 liés à la situation régionale et 30 000 à l’action syndicale.

Sur le plan géographique, les dix marchés les plus porteurs restent très européens, avec en tête l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la France, la Suisse et le Portugal, auxquels s’ajoutent le Maroc, la Turquie, les États‑Unis et le Royaume‑Uni. Cette structure de la demande confirme la double vocation de la plateforme : un trafic loisirs et affinitaire dense en Europe et vers le bassin méditerranéen, et un réseau long‑courrier tourné principalement vers l’Afrique et l’Amérique du Nord.

Autre indicateur clé pour un hub : la part de passagers en correspondance au départ atteint 17 %, principalement vers l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Europe, ce qui reste proche des niveaux observés en début d’année. En janvier, Brussels Airport affichait déjà 18 % de passagers en transit, confirmant sa position de plateforme de correspondance de taille intermédiaire dans le paysage européen, derrière les grands hubs que sont Amsterdam‑Schiphol, Francfort ou Paris‑CDG mais avec une spécialisation marquée sur l’Afrique.

Moyen-Orient et grève nationale pèsent sur le trafic

Le mois de mars a été fortement affecté par la situation au Moyen-Orient, qui a conduit à la suspension de tous les vols vers Tel‑Aviv et Doha, ainsi qu’à une réduction de l’offre vers Dubaï et Abou Dhabi. Selon Brussels Airport, ces ajustements de programme représentent à eux seuls une perte d’environ 50 000 passagers sur le mois, amputant une croissance qui aurait été nettement plus dynamique dans un contexte normal. « En raison de la situation au Moyen‑Orient, aucun vol n’a été opéré en mars vers Tel Aviv et Doha, et l’offre vers Dubaï et Abou Dhabi a été réduite », souligne l’aéroport.

Sur le front social, la journée d’action nationale contre les mesures du gouvernement fédéral belge, le 12 mars, a entraîné des perturbations majeures à Zaventem. Une partie du personnel du prestataire de sécurité externe a cessé le travail, ce qui a forcé l’annulation de 359 vols, au départ comme à l’arrivée, et perturbé le voyage d’environ 30 000 passagers. Cet épisode s’inscrit dans une série de mouvements sociaux qui, ces derniers mois, ont déjà pesé sur les prévisions de croissance du transport aérien en Belgique.

Le calendrier des vacances scolaires a lui aussi joué un rôle non négligeable. Les congés de carnaval, entièrement positionnés en février cette année, ont mécaniquement gonflé les chiffres du mois précédent — plus de 1,6 million de passagers en février selon les données officielles — et modéré la croissance de mars, sans toutefois l’annuler. « Malgré ces différents événements, l’aéroport a accueilli 1 767 797 voyageurs en mars », insiste Brussels Airport, mettant en avant la solidité de la demande.

Nouvelles lignes long‑courrier et renforcement du réseau

Le mois de mars marque aussi l’arrivée d’une nouvelle compagnie asiatique et d’un transporteur low‑cost espagnol, qui enrichissent l’offre de Brussels Airport. Air China a lancé sept vols hebdomadaires vers Pékin et trois vers Chengdu, nouvelle destination pour la plateforme bruxelloise, portant à neuf le nombre de liaisons directes vers l’Asie. Annoncées dès fin 2025, ces ouvertures confirment la stratégie de densification du réseau long‑courrier vers la Chine continentale, alors que la demande affaires et loisirs repart progressivement sur ce marché.

Parallèlement, la compagnie espagnole Volotea a inauguré trois vols par semaine vers Oviedo, capitale des Asturies, renforçant le maillage du nord de l’Espagne au départ de Bruxelles. Sur le segment affinités et loisirs, Royal Air Maroc élargit également sa présence en ajoutant deux vols hebdomadaires vers Tétouan, destination prisée de la diaspora marocaine et des voyageurs attirés par la côte méditerranéenne. Ces ajouts s’inscrivent dans un contexte général de montée en puissance du programme été 2026, qui prévoit 180 destinations non‑stop desservies par 70 compagnies, selon l’aéroport.

Cette diversification du réseau vient consolider le rôle de Brussels Airport comme hub de taille moyenne, connectant notamment les grandes villes européennes aux destinations africaines via les compagnies basées, tout en développant des liaisons point‑à‑point à forte composante loisirs. Le renforcement de l’offre vers la Chine devrait également soutenir le segment affaires, Bruxelles accueillant de nombreux sièges de multinationales et d’institutions européennes.

Fret : près de 75 000 tonnes, un pilier en pleine forme

Sur le segment cargo, la dynamique est encore plus marquée qu’en passagers. Le volume total de fret traité à Brussels Airport a atteint 74 419 tonnes en mars, soit une hausse de 8,8 % par rapport au même mois en 2025. Le fret aérien (flown cargo) progresse de 5,1 %, porté par une croissance de 5,8 % des services express et par la forte hausse du segment tout‑cargo (full freighter), en augmentation de 14,1 % grâce à des fréquences supplémentaires notamment vers l’Amérique latine et l’Asie.

À l’inverse, le fret transporté en soute des avions passagers recule de 8 %, conséquence directe de la réduction de l’offre vers le Moyen‑Orient et des annulations liées à la grève du 12 mars. Pour compenser, les volumes acheminés par camion (road feeder services) grimpent de près de 30 %, illustrant le rôle de l’aéroport comme plateforme multimodale connectée à un vaste hinterland européen. Les principales régions d’importation sont l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Nord, un trio qui constitue aussi les principales zones d’exportation, confirmant la dimension globalisée du hub bruxellois.

Moins de mouvements, mais des avions mieux remplis

En termes d’activité opérationnelle, le nombre de mouvements commerciaux recule légèrement en mars, avec une baisse de 0,7 % par rapport au même mois de l’année précédente. La diminution est observable à la fois sur les vols passagers (‑0,5 %) et sur les vols cargo (‑2,8 %), reflet à la fois des annulations liées à la journée d’action nationale et d’une optimisation progressive des programmes des compagnies aériennes.

Ce léger retrait des mouvements contraste avec la hausse du nombre de passagers par vol, signe d’une meilleure utilisation de la capacité mise en ligne. « Comme les mois précédents, le taux de remplissage des avions continue d’augmenter », souligne l’aéroport : en mars, la moyenne atteint 139 passagers par vol, soit quatre de plus que l’année dernière. En janvier, ce ratio se situait déjà à 135 passagers par vol, confirmant une tendance durable à la hausse des coefficients de remplissage, sous l’effet combiné d’une demande soutenue et d’une gestion plus fine des capacités par les compagnies.

Brussels Airport frôle 1,8 million de passagers en mars malgré les grèves et le Moyen-Orient  1 Air Journal

@Brussels Airport