En rouvrant progressivement son espace aérien aux compagnies étrangères, le Qatar tourne une page de la crise déclenchée par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui avait paralysé le hub de Doha fin février. Dans ce contexte, Qatar Airways détaille un ambitieux programme d’été visant plus de 150 destinations à partir du 16 juin 2026, signe d’un retour en puissance, sans toutefois retrouver encore l’ampleur de son réseau d’avant‑conflit.
Le Qatar rouvre son espace aérien
Le 20 avril, l’Autorité de l’aviation civile du Qatar (Qatar Civil Aviation Authority, QCAA) a publié un avis aux navigants (NOTAM) autorisant la « reprise progressive des opérations des compagnies aériennes étrangères » via l’aéroport international de Hamad, à Doha. L’institution explique que « cette décision fait suite à une évaluation globale de la situation, menée en coordination avec l’ensemble des entités nationales compétentes ». Elle insiste également sur le fait que « toutes les mesures et précautions nécessaires » sont en place pour protéger passagers et personnels, conformément aux normes internationales de sûreté et de sécurité.
Ce mouvement marque une nouvelle étape après la fermeture brutale de l’espace aérien qatari le 28 février 2026, lorsque l’escalade militaire dans la région a entraîné la suspension quasi totale des vols commerciaux. Dans les premiers jours de mars, Doha n’avait autorisé qu’un nombre limité de vols de rapatriement et certaines liaisons vers la capitale, opérées via des couloirs temporaires approuvés par la QCAA. La réouverture graduelle au trafic étranger doit permettre de reconstituer le rôle de carrefour intercontinental du hub de Doha, tout en maintenant un contrôle serré sur les trajectoires et les capacités.
Qatar Airways vise plus de 150 destinations cet été
Dans ce cadre plus favorable, Qatar Airways a publié un nouveau programme de vols qui doit porter son réseau à plus de 150 destinations à partir du 16 juin 2026, avec un calendrier valable jusqu’au 15 septembre 2026. « Le programme actualisé, valable jusqu’au 15 septembre 2026, introduit de nouvelles routes et des fréquences accrues au départ et à destination de Doha », indique la compagnie, qui promet davantage de flexibilité pour les voyages estivaux.
Avant le déclenchement du conflit avec l’Iran, Qatar Airways desservait plus de 170 destinations dans le monde, ce qui souligne que la reconquête du réseau reste en cours. Selon les données publiées mi‑avril, le transporteur opère déjà plus de 120 destinations, avec près de 140 départs quotidiens au 16 avril, soit environ 60% de ses niveaux d’avant‑guerre. L’objectif affiché de dépasser les 150 destinations à la mi‑juin représente donc une montée en puissance rapide, rendue possible par l’ouverture de couloirs aériens spécifiques coordonnés avec la QCAA.
Des conditions commerciales assouplies pour les passagers
Consciente de l’instabilité persistante, Qatar Airways met en avant une certaine souplesse commerciale pour les voyageurs affectés par les changements de programme. Les passagers ayant une réservation entre le 28 février et le 15 septembre 2026 peuvent modifier gratuitement la date de leur voyage, sous réserve de disponibilité, ou demander un remboursement. « Les horaires de vol sont susceptibles d’être modifiés ou annulés en raison de circonstances opérationnelles, réglementaires, de sûreté ou d’autres facteurs indépendants de notre volonté », prévient la compagnie dans ses avis aux voyageurs.
Qatar Airways invite les passagers à consulter régulièrement les mises à jour sur son site ou via les canaux d’information de la compagnie. Ce degré d’incertitude demeure lié, entre autres, aux autorisations d’utilisation des corridors aériens, aux décisions des autorités aéronautiques régionales et à l’évolution des risques géopolitiques sur les routes long‑courriers.
Un enjeu stratégique pour l’aviation du Golfe
Au‑delà du seul cas de Qatar Airways, la réouverture progressive de Doha aux compagnies étrangères s’inscrit dans la compétition plus large entre grands hubs du Golfe, d’Abou Dhabi à Dubaï. Les perturbations liées à la guerre ont temporairement avantagé certains concurrents, dont Emirates et Etihad, qui seraient déjà remontés à près de 70% de leur activité pré‑conflit, contre environ 60% pour Qatar Airways.

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