Thai AirAsia X réduit la voilure sur le Japon, suspend Shanghai et Riyad sous la pression du carburant. La filiale long-courrier low cost d’AirAsia ajuste son programme depuis Bangkok-Don Mueang, en taillant dans plusieurs liaisons internationales et en mettant à l’arrêt temporaire deux routes clés vers la Chine et l’Arabie saoudite.
Thai AirAsia X (XJ) a annoncé une réduction de fréquences et des suspensions temporaires sur plusieurs routes internationales au départ de l’aéroport de Bangkok-Don Mueang (DMK), invoquant « une forte hausse des prix du carburant aviation » et un contexte opérationnel mondial dégradé. Les dessertes de Tokyo-Narita (NRT), Osaka-Kansai (KIX), Almaty (ALA) et Delhi (DEL) voient leurs programmes allégés, notamment au deuxième trimestre 2026, avec des coupes ciblées en dehors des pics de demande.
La compagnie précise vouloir « aligner la capacité sur la demande » tout en maintenant un volume suffisant de sièges pendant la grande période de congés du 1er au 7 mai 2026 en Thaïlande. Les routes vers le Japon, parmi les plus prisées de la clientèle thaïlandaise, restent opérées mais avec moins de vols, ce qui pourrait se traduire par une hausse du remplissage et une pression sur les tarifs en haute saison.
Shanghai et Riyad à l’arrêt temporaire
Deux liaisons sont en revanche totalement suspendues : Bangkok-Don Mueang – Shanghai-Pudong (PVG) et Bangkok-Don Mueang – Riyad, aéroport King Khalid (RUH). Les vols XJ entre DMK et Shanghai sont stoppés depuis le 17 avril 2026, sans date officielle de reprise communiquée, tandis que la liaison vers Riyad est suspendue du 14 avril au 30 juin 2026, certaines sources évoquant une suspension au moins jusqu’à fin juin voire au-delà selon l’évolution du contexte.
Sur ses canaux officiels, la compagnie explique que ces ajustements sont « une mesure proactive face à la hausse brutale des prix du carburant aviation, qui a significativement renchéri les coûts d’exploitation », ainsi qu’aux difficultés opérationnelles rencontrées sur les routes liées au Moyen-Orient. Ces lignes, relativement récentes dans le portefeuille de Thai AirAsia X, sont aussi plus exposées aux aléas géopolitiques et aux temps de vol plus longs, ce qui les rend particulièrement sensibles au coût du jet A-1.
« Une décision difficile mais nécessaire »
« Nous avons dû prendre la décision difficile mais nécessaire de réduire et de suspendre temporairement certains vols, en particulier au cours du deuxième trimestre », a déclaré la directrice générale de Thai AirAsia X, Pattra Boosarawongse, citée dans le communiqué de la compagnie. Elle ajoute que cette décision est « une réponse directe à la hausse prolongée des prix du carburant aviation à l’échelle mondiale et aux impacts opérationnels plus larges entourant nos routes vers le Moyen-Orient ».
Une crise du carburant qui touche tout le secteur thaïlandais
Les difficultés de Thai AirAsia X s’inscrivent dans un contexte plus large de flambée des coûts du jet fuel en Asie, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de volatilité des prix de l’énergie. Des médias spécialisés évoquent des niveaux de jet A-1 autour de 170–180 dollars le baril, soit près du double des niveaux usuels de 80–90 dollars, ce qui met sous pression les marges déjà fragiles des transporteurs low cost long-courriers.
Le phénomène ne touche pas que le groupe AirAsia : la compagnie nationale Thai Airways a elle aussi annoncé des réductions de fréquences sur plusieurs routes en Asie et vers l’Europe pour le mois de mai 2026, citant la même explosion des coûts de carburant et une demande saisonnière plus faible sur certaines liaisons.

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