Airbus s’apprête à dévoiler ce mercredi, sur son site d’assemblage A220 de Mirabel au Québec, une commande « historique » d’AirAsia portant sur environ 150 A220, qui pourrait rebattre les cartes du segment 100–150 sièges et marquer un tournant pour le monocouloir canadien.

Airbus doit annoncer ce 6 mai 2026  une commande d’environ 150 appareils A220 par le groupe malaisien AirAsia, selon plusieurs sources concordantes. Cette méga‑commande, encore non confirmée officiellement par l’avionneur, constituerait l’un des plus gros contrats de l’histoire du programme A220 et offrirait enfin au biréacteur de 100 à 150 sièges un client low‑cost de tout premier plan en Asie.

Basée en Malaisie, AirAsia est déjà l’un des plus gros clients monocouloirs d’Airbus, avec des centaines d’A320 et d’A321 en flotte ou en commande pour alimenter son réseau low‑cost à courte et moyenne distance en Asie. La commande d’A220 ne viendrait pas remplacer ce socle, mais introduirait un nouveau type d’appareil, plus petit, destiné aux lignes plus fines ou aux marchés en développement.

Depuis plusieurs années, le cofondateur d’AirAsia, Tony Fernandes, évoque la nécessité de compléter la flotte par des avions de plus faible capacité. L’homme d’affaires a ainsi confié que le groupe étudiait des appareils plus petits « dans le cadre d’un plan de flotte plus large » intégrant nouveaux types et nouvelles missions. Dans cette stratégie, AirAsia a déjà réaménagé son carnet de commandes autour d’appareils Airbus de nouvelle génération, dont l’A321XLR pour les liaisons plus longues intra‑asiatiques.

Un outil pour ouvrir des lignes fines

Le cœur de la flotte AirAsia reste la famille A320, optimisée pour les routes à forte densité où la priorité est au nombre de sièges et au coût au siège. L’A220, lui, s’adresse à un créneau différent : son gabarit de 100 à 150 sièges en fait un outil adapté aux routes où comptent avant tout la fréquence, la portée et le coût par vol, plutôt que la capacité maximale.

En intégrant l’A220, AirAsia pourrait, par exemple, ouvrir de nouvelles paires de villes secondaires en Asie du Sud‑Est, tester des marchés émergents ou augmenter les fréquences sur des lignes qui ne remplissent pas encore un A320 ou un A321. L’appareil, qui bénéficie de bons retours des opérateurs pour sa consommation, son confort cabine et ses performances sur pistes contraignantes, est souvent présenté par Airbus comme un « ouvreur de marchés » dans les réseaux point‑à‑point.

Le A220 en quête d’un grand client low‑cost

Depuis la reprise du programme CSeries par Airbus en 2018, rebaptisé A220, l’avionneur européen s’efforce de monter progressivement en cadence et de réduire les coûts de production. Malgré des éloges répétés de la part des compagnies utilisatrices, le carnet de commandes n’a pas toujours connu l’élan attendu, notamment face à la concurrence renforcée d’Embraer et de la famille E2 sur le segment des monocouloirs régionaux.

Sur le plan strictement aéronautique, l’arrivée d’AirAsia dans le club des opérateurs A220 constituerait une réponse directe aux récents succès commerciaux de la famille E2 d’Embraer sur le bas du spectre des monocouloirs. Embraer a enchaîné plusieurs contrats ces derniers mois, accentuant la pression sur Airbus pour élargir sa base clients A220, notamment dans les régions à forte croissance comme l’Asie‑Pacifique.

AirAsia proche d’une commande de 150 Airbus A220 : un tournant historique pour le monocouloir de 100 à 150 sièges 1 Air Journal

@AirAsia Philippines