Cet été, les Russes ne peuvent plus prendre de vols directs que vers une trentaine de pays, contre 43 encore desservis l’hiver dernier. Pour de nombreux ménages, trouver une destination de vacances accessible est devenu un casse-tête, sur fond de sanctions, de guerre en Ukraine, de crise du carburant et de nouvelles tensions au Moyen-Orient.
À partir de juin 2026, les Russes n’auront plus accès à des vols directs que vers 31 à 32 pays maximum, selon l’Association des tour-opérateurs de Russie (ATOR) citée par Euronews. C’est environ 25 % de moins que cet hiver, où 43 États figuraient encore au programme des liaisons directes au départ de la Russie.
L’ATOR explique ces coupes par la saisonnalité, la hausse du coût du carburant (liée en partie à des attaques de drones sur des raffineries), les facteurs géopolitiques et les restrictions liées à la crise au Moyen-Orient. Officiellement, les autorités et les professionnels du voyage mettent en avant des raisons techniques et conjoncturelles, plutôt que les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine.
Dès le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février, le ministère russe du Développement économique a interdit aux tour-opérateurs de vendre des forfaits vers plusieurs pays du Moyen-Orient. Le ministère russe des Affaires étrangères a également recommandé aux citoyens russes de renoncer à s’y rendre pour raisons de sécurité.
Une liste de destinations très restreinte
Parmi les pays encore accessibles en vols directs figurent : Azerbaïdjan, Arménie, Bélarus, Turquie, Égypte, Émirats arabes unis, Serbie, Thaïlande, Viêt Nam, Chine, Inde, Maroc, Éthiopie, Maldives, Indonésie, Oman, Qatar, Kazakhstan, Ouzbékistan, etc.
L’Arabie saoudite pourrait s’ajouter si les liaisons interrompues temporairement sont rétablies. À l’inverse, les vols directs vers l’Algérie, les Seychelles, Cuba, Venezuela, Malaisie, Philippines, Sri Lanka, Koweït et Bahreïn ont disparu du programme d’été des compagnies aériennes. Ces suppressions sont liées à la détérioration sécuritaire au Moyen-Orient, aux pénuries de carburant (notamment à Cuba) et aux crises politiques (Venezuela).
L’ATOR estime que, une fois retirées les destinations peu attractives pour le tourisme de masse (comme l’Irak, l’Afghanistan ou l’Iran), il ne restera au maximum une quinzaine de pays réellement adaptés aux voyages de vacances.
Repli partiel sur le tourisme intérieur
Face à un choix limité, de nombreux Russes se tournent vers les vacances en Russie. Les médias d’État mettent en avant une croissance du tourisme domestique de 7,5 à 8,5 % ces dernières années.
Cependant, les autorités reconnaissent une baisse des réservations pour 2026 dans plusieurs régions. Les attaques de drones ukrainiens sur des infrastructures pétrolières (comme à Tuapsé) ont provoqué des marées noires et réduit l’attractivité des stations balnéaires de la mer Noire (Anapa, Tuapsé, Sotchi). Les réservations hôtelières dans la région de Krasnodar ont chuté de plus de 20 % pour les vacances de mai 2026.
Une demande extérieure qui reste forte
Malgré tout, le désir de voyager à l’étranger persiste. Aeroflot a enregistré une hausse de 7,3 % de ses vols internationaux en avril 2026 par rapport à 2025, avec une concentration sur les destinations restantes. Les cinq principaux marchés (Turquie, Ouzbékistan, Émirats, Chine, Égypte) représentent 72 % du trafic international russe.
Les statistiques de visas Schengen confirment cette tendance : en 2025, le nombre de visas accordés aux Russes a augmenté de 10,2 % malgré le durcissement des règles. La France, l’Italie et l’Espagne restent parmi les destinations les plus demandées via des vols avec correspondance.
Vols plus longs et correspondances obligatoires
En effet, la fermeture de l’espace aérien européen au compagnies aériennes russes oblige les Russes à emprunter des liaisons détournées via Istanbul, Doha, Dubaï ou Belgrade. Ces itinéraires allongent considérablement les temps de trajet (parfois +50 %) et augmentent les prix des billets d’avion, dans un contexte de flambée du kérosène.
Pour de nombreuses familles russes, les vacances à l’étranger sont devenues un produit de plus en plus rare, plus cher et plus compliqué qu’avant l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Cette contraction du réseau aérien international illustre l’isolement croissant de l’aviation russe, ramenée à des niveaux inférieurs à ceux de la Guerre froide. Même à l’époque de l’URSS, trois fois plus de pays restaient accessibles en vols directs (Aeroflot desservait entre 80 et 100 destinations dans les années 1980).

@Domodedovo Airport
Xavier a commenté :
23 mai 2026 - 10 h 03 min
vous ne pouvez pas vous en empêcher vous êtes pris par la propagande
aller faire un tour dans les aéroports russes vous allez voir toutes les destinations qu’il y a dans le monde
les Occidentaux comme vous vous avez une vision très courte
les Russes n’ont plus envie de venir en Occident ça il faudrait que vous le compreniez bandes d’âne
il y a tellement d’insécurité qu’ils ont compris que c’est terminé pour l’Europe ainsi que les États-Unis avec tous les meurtres qu’il y a tous les jours et compter les meurtres qu’il y a en Russie bandes d’âne
DD-Bergeron a commenté :
23 mai 2026 - 11 h 21 min
En France, on a remplacé les Russes par les Ukrainiens, cs derniers ont bien plus de fric dans leurs poches avec le pognon de dingue que versent les pays alliés à travers l’Union Européenne. À Monaco, St-Jean-Cap Ferrat, Nice et Cannes, ce sont les belles ukrainiennes, jeunes et libres, qui font la fête et tourner les casinos, restaurants et les têtes des français admiratifs de leur patriotisme. Les Russes, c’est ringard et sans un sou dans la poche.