Ryanair ne profitera pas pleinement de son bénéfice net record de 2,26 milliards d’euros sur l’exercice 2025‑2026 pour relever ses prix cet été. La compagnie low cost prévoit désormais une stagnation de ses tarifs estivaux, alors qu’elle fait face à un environnement géopolitique et énergétique de plus en plus incertain, dominé par la guerre au Moyen-Orient et la volatilité des prix du pétrole.
Tarifs d’été : la hausse attendue laisse place à une stagnation
Alors que Ryanair anticipait encore récemment une hausse annuelle à un chiffre de ses tarifs pour le trimestre de pointe juillet‑septembre, la compagnie a revu sa copie. Les prix des billets pour l’été « tendent désormais à se stabiliser », précise le groupe, mettant en avant le ralentissement des réservations sur fond d’incertitudes économiques.
Dans son communiqué, Ryanair souligne que « les tarifs ont quelque peu baissé ces dernières semaines en raison de l’incertitude économique causée par la hausse des prix du pétrole, la crainte d’une pénurie de carburant et le risque que l’inflation ait un impact négatif sur les dépenses de consommation ». Confrontée à un tassement de la demande dans certains marchés et à la montée des préoccupations géopolitiques, la compagnie choisit donc une stratégie de stabilisation tarifaire, plutôt qu’une exploitation maximale de la forte saison estivale.
Plus largement, Ryanair constate que « dans un contexte d’incertitude liée à la guerre au Moyen-Orient et à l’évolution du pouvoir d’achat, les tarifs commencent à se tasser », ce qui l’incite à adopter un ton très prudent sur l’évolution des prix pour la fin de l’année. Pour les passagers, cette situation devrait se traduire par des tarifs globalement stables, voire légèrement plus faibles qu’attendu dans certaines périodes, rompant avec la dynamique haussière observée à la sortie de la pandémie.
Un conflit au Moyen-Orient qui brouille la visibilité
La guerre au Moyen-Orient s’impose comme le principal facteur d’incertitude dans le discours de Ryanair. Si la compagnie ne prévoit pas, à ce stade, de perturbation de l’approvisionnement en kérosène en Europe pour l’été, elle insiste sur le caractère hautement volatil des marchés pétroliers et sur le risque que la crise se traduise par un renchérissement durable du carburant.
Ryanair rappelle ainsi que ses bénéfices pourraient subir « une légère pression » au cours du présent exercice fiscal, qui s’achèvera fin mars 2027, si les prix du pétrole se maintiennent à un niveau élevé. La low cost a historiquement fait un usage intensif de la couverture carburant, mais l’ampleur et la durée du conflit compliquent les arbitrages de couverture pour les prochains mois.
Cette incertitude géopolitique s’ajoute à d’autres risques identifiés par le groupe, notamment la sensibilité du trafic loisirs à l’évolution du pouvoir d’achat européen.
Un exercice 2025‑2026 record, avant éléments exceptionnels
Pour rappel, sur l’exercice clos fin mars 2026, Ryanair affiche un bénéfice net après impôts de 2,26 milliards d’euros, en hausse d’environ 40% par rapport à l’exercice précédent, avant prise en compte des éléments exceptionnels. Le groupe a en particulier constitué une provision d’environ 85 millions d’euros liée à une amende infligée en décembre par l’autorité italienne de la concurrence, provision qui reste exclue de ce chiffre et que la compagnie espère voir annulée en appel.
Le chiffre d’affaires annuel atteint près de 15,5 milliards d’euros, en progression d’environ 11%, tiré par la hausse des recettes de billets à plus de 10,5 milliards d’euros. Le trafic a augmenté de 4%, pour atteindre environ 208,4 millions de passagers sur l’exercice, un nouveau record pour une compagnie européenne en nombre de voyageurs transportés.
Les revenus par passager se sont accrus d’environ 7%, sous l’effet d’une hausse moyenne des tarifs d’environ 10% par rapport à l’exercice précédent, marqué à l’inverse par un recul des prix. Cette performance s’inscrit dans un contexte opérationnel tendu, notamment du fait des retards de livraisons de Boeing, qui ont limité la croissance de capacité de la flotte.

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