L’aéroport de Milan-Linate restera cantonné aux vols européens et point à point : dans la version finale du Plan national des aéroports italien, toute référence à d’éventuels vols intercontinentaux – même en configuration 100 % affaires – a été retirée, confirmant que le long‑courrier restera l’apanage de Milan‑Malpensa.

Un revirement dans le Plan national des aéroports

Selon le Corriere della Sera, la version finale du Plan national des aéroports ne mentionne plus la possibilité de vols intercontinentaux au départ de Milan‑Linate, qui « continuera à accueillir uniquement des vols point à point et des liaisons d’une distance maximale de 1 500 kilomètres ». Le quotidien italien précise que «les voyages sans escale pour New York ou Dubaï resteront à Malpensa », confirmant le maintien du système dual milanais, avec un city airport sous contrainte et un aéroport principal pour le long‑courrier.

Pour rappel, dans une précédente mouture, Linate  aurait pu « être ouvert à de nouvelles routes extra‑UE, même au‑delà des 1 500 kilomètres », à condition que ces routes soient «opérées exclusivement avec des appareils en configuration business par des compagnies traditionnelles ». Cette ouverture, très ciblée, s’inscrivait dans le cadre du décret dit « Giovannini » du 1er septembre 2022, qui limite aujourd’hui Linate aux vols point à point, en monocouloir, vers des aéroports de l’UE ou de pays liés par un accord avec l’Union, dans un rayon maximal de 1 500 km, avec un plafond de 18 mouvements horaires.

Pressions politiques et défense de Malpensa

Les réactions locales n’ont pas tardé après ces révélations. «La question sera gérée de manière intelligente », a déclaré le ministre de l’Économie Giancarlo Giorgetti, élu de la province de Varèse, en rappelant que «Malpensa est né comme aéroport intercontinental, Linate a une autre vocation ». Le directeur général de SEA, Armando Brunini, gestionnaire des deux plateformes milanaises, a insisté dans le Corriere sur le fait que «le système des deux aéroports est équilibré : les deux ont grandi, les deux ont trouvé leur vocation. Et cela a fonctionné », estimant qu’il n’y a «aucune raison de remettre en cause quelque chose qui a fait ses preuves ».

A court terme, le système milanais reste donc inchangé : Malpensa garde le monopole du long‑courrier régulier, tandis que Linate conserve son rôle de city airport dédié aux liaisons européennes et domestiques à forte composante affaires, dans le strict cadre du décret de 2022.

Le verrou réglementaire du décret de 2022

La clé du dossier reste le décret ministériel du 1er septembre 2022, dit décret « Giovannini », qui encadre le fonctionnement de Linate et a obtenu le feu vert de la Commission européenne à la fin 2022. Ce texte impose trois contraintes majeures : routes strictement point à point, utilisation d’aéronefs à couloir unique (A220, A320, 737…) et limitation aux destinations situées dans l’Union européenne ou dans des pays liés par un accord avec l’UE, dans la limite de 1 500 km de rayon.

Selon le Corriere, une communication de l’ENAC (Ente Nazionale per l’Aviazione Civile)) a rappelé que toute modification de ces limitations «ne peut être traitée dans le cadre du Plan lui‑même, mais plutôt dans le cadre d’un processus de modification du décret ministériel du 01/09/2022 », d’où la proposition «d’éliminer du Plan ce passage concernant l’aéroport de Linate ». En pratique, l’abandon de la mention des vols intercontinentaux ne ferme pas définitivement la porte à une évolution future, mais renvoie le débat à un processus réglementaire plus lourd et soumis à validation de Bruxelles, ce qui repousse tout changement à moyen terme.

Un plan ambitieux pour 305  millions de passagers

L’objectif central du Plan National des Aéroports (PNA 2026‑2035) est d’augmenter la capacité du système aéroportuaire italien pour répondre à une demande projetée à environ 305 millions de passagers par an à l’horizon 2035, contre quelque 230 millions enregistrés en 2025. Le ministère italien des Infrastructures et des Transports souligne que cette croissance s’appuie sur la reprise du trafic international loisirs et affaires, ainsi que sur le dynamisme des aéroports régionaux et secondaires, soutenu par des investissements d’environ 1,2 milliard d’euros dans les liaisons ferroviaires vers des plateformes comme Bergame, Olbia, Vérone ou Venise.

Italie : sous pression, le gouvernement retire l’hypothèse de vols intercontinentaux depuis Milan‑Linate 1 Air Journal

Milan-Linate ©SEAmilano