French bee ouvrira l’hiver prochain une nouvelle route triangulaire Paris-Orly – Maldives – Sri Lanka, afin de diversifier son réseau long-courrier et de moins dépendre d’un marché nord-américain en perte de vitesse depuis le début de la présidence Trump. La compagnie long-courrier à bas coût du groupe Dubreuil accompagnera ce virage vers l’océan Indien alors même qu’elle a terminé l’année 2025 « légèrement déficitaire », avec une perte nette de 7 millions d’euros.

Elle lancera, à compter du 19 décembre 2026, une liaison saisonnière Paris-Orly – Malé (Maldives) – Colombo (Sri Lanka), et avec un retour direct Colombo – Paris-Orly. Le service, opéré en Airbus A350-900, sera proposé deux fois par semaine dans un premier temps, avant d’évoluer au fil de la saison jusqu’au début du mois de mai 2027.

Le programme de vols sera déployé du 19 décembre 2026 au 2 mai 2027, et construit de manière évolutive pour s’adapter à la demande et aux besoins des clients :
-Du 19 décembre 2026 au 10 janvier 2027 : 2 rotations hebdomadaires en triangulaire Paris-Orly – Malé – Colombo – Paris-Orly (lundi et samedi).
-Du 11 janvier au 7 mars 2027 : 2 rotations hebdomadaires en triangulaire (jeudi et samedi) et 1 rotation hebdomadaire directe Paris-Orly – Colombo – Paris-Orly le lundi.
-Du 8 mars au 28 mars 2027 : 1 rotation hebdomadaire en triangulaire (samedi) et 1 rotation hebdomadaire directe Paris-Orly – Colombo – Paris-Orly le lundi.
-Du 29 mars au 2 mai 2027 : 2 rotations hebdomadaires directes Paris-Orly – Colombo – Paris-Orly (lundi et samedi).

French bee : une offre directe, low-cost et attractive
« L’ouverture de cette ligne triangulaire s’inscrit pleinement dans notre dynamique de croissance. Elle nous permet de capter un marché porteur et encore sous-desservi en vols directs depuis la France, en combinant ingénieusement deux profils de voyageurs très complémentaires : le tourisme balnéaire des Maldives et l’essor du tourisme culturel, nature et bien-être au Sri Lanka », déclare Marc-Antoine Blondeau, directeur général de French bee.

Aujourd’hui, au départ de Paris, les Maldives sont desservies en vols directs par Air France au départ de Paris-CDG ou avec escale principalement par plusieurs compagnies du Golfe, qui offrent de nombreuses options via leurs hubs (Doha, Dubaï, Abou Dhabi, etc.). Le Sri Lanka, lui, est également accessible via des correspondances en Europe ou au Moyen-Orient, même si quelques liaisons saisonnières directes ont existé par le passé.

French bee se positionne sur un segment prix/vols directs au départ de Paris-Orly, avec des tarifs d’appel agressifs en classe économique et en classe premium économie, et aussi pour séduire les voyageurs qui « veulent éviter le Golfe », selon son directeur général Marc-Antoine Blondeau. Elle met aussi en avant la possibilité de départs depuis la province avec l’intermodalité train+air, ou Montréal ou La réunion avec escale à Paris-Orly.

Un rééquilibrage stratégique vers l’océan Indien
Pour French bee, ces nouvelles lignes s’inscrivent dans une stratégie de rééquilibrage de son réseau. La compagnie long-courrier à bas coût a beaucoup investi ces dernières années sur l’axe transatlantique, avec des lignes vers New York, Miami, San Francisco, Los Angeles et Montréal.

Mais la demande entre la France et les États-Unis s’est révélée « moins bonne que prévu » en 2025, reconnaît Marc-Antoine Blondeau. La dynamique touristique américaine est freinée par un contexte politique et économique moins porteur, souvent décrit par les professionnels du voyage comme un « effet Trump » qui pèse sur les réservations vers les États-Unis (aujourd’hui ce sont surtout les Américains qui viennent en Europe). Dans ce contexte, French bee cherche à consolider ses positions dans l’océan Indien, où elle dessert déjà La Réunion et où elle voit un potentiel de croissance aux Maldives et au Sri Lanka (elle renonce pour le moment à l’île Maurice, envisagée à un moment).

Des résultats 2025 « légèrement déficitaires »
Après avoir renoué avec les bénéfices en 2024, French bee est repassée dans le rouge en 2025. Elle a enregistré une perte nette de 7 millions d’euros, qualifiée de « légèrement déficitaire » par Marc-Antoine Blondeau. Le chiffre d’affaires a néanmoins progressé d’environ 4% pour atteindre 494 millions d’euros (486 millions en 2024), avec 1,2 million de passagers transportés l’année dernière.

Marc-Antoine Blondeau attribue ce retournement à la faiblesse relative de la demande vers les États-Unis et à la hausse des coûts d’exploitation, notamment du carburant qui représente « 25 à 30% des coûts ». « On reste ambitieux. Les clients sont au rendez-vous, c’est le point positif. L’été s’annonce bien, sur les mois de juillet et août », assure cependant le dirigeant, en mettant en avant la montée en puissance de nouvelles routes comme Montréal et le renforcement de la desserte de La Réunion cette saison estivale.

Une flotte optimisée autour de l’A350
French bee exploite aujourd’hui une flotte homogène de six Airbus A350 (quatre -900 et deux -1000), sans commandes en cours. Les nouvelles rotations vers Malé et Colombo seront assurées par un A350-900 « qui n’était pas optimisé » en basse saison hivernale, ce qui permet à la compagnie aérienne d’optimiser l’utilisation de ses appareils.

En investissant l’océan Indien avec cette triangulaire Paris-Orly – Maldives – Sri Lanka, French bee cherche ainsi à lisser la saisonnalité, diversifier ses marchés et réduire sa dépendance à un axe transatlantique nord-américain devenu incertain, tout en renforçant son positionnement de low cost long-courrier sur des destinations très touristiques.

French bee investit dans l'Océan Indien : cap sur les Maldives et le Sri Lanka 1 Air Journal

@AJ/DR