Parti de Prestwick, en Écosse, dans la nuit du 4 août, un Boeing 777F de National Airlines a rejoint Melbourne sans escale après 19 heures et 23 minutes de vol. Le transporteur américain affirme avoir couvert 9 849 milles nautiques — soit 18 240 km —, une performance qu’il présente comme le plus long vol commercial jamais réalisé par un Boeing 777 Freighter.
Une revendication spectaculaire, qui mérite toutefois d’être formulée avec prudence tant qu’elle n’a pas fait l’objet d’une homologation indépendante.
Un acheminement urgent entre l’Écosse et Melbourne
Le vol NCR820 a décollé de l’aéroport de Glasgow-Prestwick (PIK), au sud-ouest de l’Écosse, à destination de Melbourne (MEL), en Australie. L’appareil, un Boeing 777F immatriculé N795CA, a parcouru la liaison sans escale en 19 h 23, selon les informations communiquées par National Airlines et reprises par plusieurs médias spécialisés. L’opération aurait été effectuée pour le compte de Golden Aviation.
Le cargo emporté n’a pas été détaillé officiellement. Des sources locales évoquent néanmoins une pièce de rechange aéronautique urgente, potentiellement issue d’un industriel installé à proximité de Prestwick, où sont notamment implantées des activités de GE et Collins Aerospace. National Airlines n’a pas confirmé la nature de la marchandise ni sa masse exacte.
L’avion a suscité un intérêt inhabituel sur les plateformes de suivi de trafic : il est devenu, durant son acheminement, le vol le plus suivi au monde sur Flightradar24.
Un « record » à manier avec précaution
National Airlines se félicite d’avoir réalisé « ce qui est considéré comme le plus long vol commercial au monde en Boeing 777 Freighter », une formulation qui traduit bien le degré de prudence requis.
À ce stade, il convient en effet de distinguer trois notions : la plus longue distance effectuée par un 777F, la plus longue mission commerciale avec fret à bord, et un record officiellement homologué. Les données disponibles confirment le caractère exceptionnel de l’opération ; elles ne permettent pas, en revanche, d’établir avec certitude un record mondial certifié dans une catégorie normalisée.
La distance annoncée — 9 849 milles nautiques — paraît correspondre à la trajectoire réellement parcourue, et non à la distance orthodromique entre les deux aéroports. Les déroutements météo, contraintes de survol, vents et choix de trajectoire peuvent sensiblement allonger un itinéraire sur une mission aussi longue.
Un 777F bien au-delà de sa mission habituelle
Le Boeing 777 Freighter est conçu sur la base du 777-200LR, dont il reprend notamment la cellule, les moteurs GE90 et une grande capacité en carburant. Boeing donne au 777F une autonomie d’environ 5 000 milles nautiques (9 260 km) avec une charge utile structurelle de 107 tonnes.
Or, le vol Prestwick–Melbourne revendiqué par National Airlines a couvert près du double de cette distance nominale à pleine charge. Cela implique nécessairement un compromis sévère sur la masse de fret embarquée : moins de charge utile signifie davantage de carburant possible dans les limites de masse au décollage, et donc une autonomie très supérieure. National Airlines n’ayant pas précisé le poids de l’envoi, il est impossible d’évaluer précisément le compromis retenu.
Cette logique est familière aux opérateurs de fret express et de charters spécialisés : une pièce aéronautique immobilisante, même relativement légère, peut justifier une mission directe très coûteuse si elle permet de remettre rapidement en service un avion. Dans ce cas, la valeur économique du temps gagné dépasse largement celle du transport lui-même.
National Airlines renforce sa flotte de 777F
L’événement intervient quelques jours après la livraison par Boeing du troisième 777-200 Freighter de National Airlines, le N795CA, entré en exploitation commerciale le 30 juillet sur une mission vers le Moyen-Orient. La compagnie américaine, basée en Floride, développe sa capacité de fret long-courrier aux côtés de ses Boeing 747 cargos et de ses activités de vols charter passagers.
Pour National Airlines, cette traversée de 18 240 km est donc autant une opération logistique qu’une démonstration commerciale. Elle met en lumière la flexibilité du 777F sur des missions à très faible densité de fret et à forte contrainte temporelle — mais aussi les limites physiques auxquelles reste soumis tout long-courrier : emporter davantage de carburant signifie, inévitablement, renoncer à une partie de la charge marchande.

Jmp a commenté :
6 août 2026 - 7 h 08 min
CHECK LAST : Quel bel avion performant ce BOEING 777 !!!!!
Dugland a commenté :
6 août 2026 - 8 h 20 min
A priori, si on lit l’article, il a surtout transporté son propre carburant…
Effectivement ! a commenté :
6 août 2026 - 8 h 22 min
Effectivement, quasiment à vide il va très loin!…
@ Jmp a commenté :
6 août 2026 - 8 h 47 min
Bof…
Un avion de marchandise volant quasiment à vide 😅 😂 🤣
Bon, c’est quand même pratique si t’as besoin de te faire livrer un paquet de cacahuètes…
🤣 😂 😅
Kisscool a commenté :
6 août 2026 - 8 h 19 min
J’avoue que c’est un tres belle avion.
par contre, je me pose toujours la question de ces vol très long courrier (et c’est valable aussi pour le vol sunrise de Quantas), car, la quantité de carburant qu’il faut prendre pour aller si loin n’est elle pas finalement plus pénalisante que le fait de faire une escale en plus a mi-distance ?
car chaque kilo de carburant supplémentaire au décollage coûte une surconsommation pour la transporter et donc du carburant pour transporter du carburant…
Pas si Cool a commenté :
6 août 2026 - 10 h 04 min
La rumeur veut qu’il a transporté un morceau de sucre entre ces deux aéroports..
Oui, c’est du Fret puisque ce n’est pas un élément constituant de l’avion !!
GVA1112 a commenté :
6 août 2026 - 12 h 46 min
Le silence autour de la nature de la marchandise, le cout disproportionné d’un tel transport, la nécessité de ne pas faire d’escale sur le chemin, .. me fait penser à une cargaison hautement confidentielle.
L’utilisation d’un avion d’une compagnie civile américaine, souvent utilisée par l’armée américaine, sur une liaison internationale hors USA, entre deux pays de l’alliance USA – GB – AUS… nous permettrait de penser à un transport militaire.
Evidement, je ne fais que des hypothèses 😊.
GVA1112 a commenté :
6 août 2026 - 10 h 07 min
Ce qui est amusant, c’est le concordance de calendrier entre le vol de l’A350-1000ULR et celui ci !!
Un B777F vide (ou presque vide) est plus léger qu’un B777-200 avec son équipement pour PAX. C’est plus facile de faire aussi bien.
Est ce que c’est une réponse de Boeing à Airbus ??
GVA1112 a commenté :
6 août 2026 - 12 h 40 min
Je reste dubitatif sur ce vol.
Même s’il a transporté une charge utile minimale, mais suffisamment importante (léger mais volumineux) pour utiliser un avion de Fret, quelle est la charge ou le volume maximum d’emport en carburant d’un B777F ?
Est ce qu’il y a un volume max des réservoirs ?
Le B777F, version B777-200 n’a pas de réservoirs additionnels à ma connaissance.
Tilo a commenté :
6 août 2026 - 13 h 08 min
Non la réponse de Boeing au a350-1000 ulr sera le 777X8 que tout le monde à déjà mort et enterré sauf que Boeing jamais officiellement dit qu’ils l’ont abandonné .
@ Tilo a commenté :
6 août 2026 - 14 h 40 min
Vous ne pourrez pas avoir les mêmes performances à partir du moment où vous partez avec un handicap : le poids !
@Tilo a commenté :
6 août 2026 - 14 h 50 min
En français, ça donne quoi ce charabia ?
Je pense plutôt qu il y a eu une erreur de destination et que la boîte de mouchoirs en papier pour le clan des fanatiques boys se trouve maintenant en Australie 😂.
Land down under a commenté :
6 août 2026 - 11 h 04 min
Le ton de l’article entre méfiance et suspicion est de mauvais goût.
Laissez nous nous enflammer un peu pour un tel exploit!
Bravo National Airlines!
Exploit? a commenté :
6 août 2026 - 11 h 52 min
C’est TRÈS exagéré :
Performance, tout au plus!
Pas si Cool a commenté :
6 août 2026 - 12 h 19 min
Si vous avez besoin de ce genre d’exploit pour être heureux et fier pour le B777, c’est tristounet.
120 tonnes de carburant pour 1 tonne de charge … Exploit ridicule 😒.
Land down under a commenté :
7 août 2026 - 9 h 02 min
Ce qui est vraiment ‘tristounet’ est de devenir blasé & négatif comme vous et M. Diallo
Qu’un avion fasse 20000 km d’un coup en traversant trois continents, pour ma part ça me fascine et me réjouit, peu importe son contenu!
Êtes vous réellement fan d’aviation civile?
Épargnez nous votre péssimisme
Mamadou DIALLO a commenté :
6 août 2026 - 13 h 24 min
On attend d’un média d’information qu’il informe honnêtement, avec la rigueur et les précautions qu’imposent la vérité.
Si vous voulez du rêve plutôt que de l’information, vous n’avez qu’à regarder des spots publicitaires.
Ce vol n’a rien d’un exploit. Un avion quasi-vide va plus loin qu’un avion à pleine charge, c’est la simple application des lois de la physique.
Helper a commenté :
8 août 2026 - 14 h 26 min
Merci beaucoup. Ce vol n’a rien d’un exploit.
Tilo a commenté :
6 août 2026 - 13 h 09 min
Que tout le monde crois mort et enterré…
Mamadou DIALLO a commenté :
7 août 2026 - 12 h 44 min
C’est ton Bescherelle que tu devrais ressusciter et déterrer, Tilo.
atplhkt a commenté :
6 août 2026 - 14 h 43 min
Pour quelques données détaillées sur les caractéristiques du B 777 F :
https://private-jets-connect.com/en/cargo/guide/boeing-777f-fiche-technique/?utm_source=copilot.com
La masse à vide (B 777-F) est de 146 T, la masse maximum au décollage est de 348 T, l’emport maximum de kérozène est de 147 T (181 000 litres).
Comme évoqué précédemment si la charge utile maximum structurelle est de 102 T (données BOEING) elle devient pratiquement nulle avec un emport complet de kérozène.
Lee peu de charge utile lors de vol avec un emport de carburant maximum pour de très longs segments (sans escale) est classique (et basique). A titre d’exemple :
B 747-400 : masse à vide 141 T / masse maximum au décollage 396 T / emport maximum de 173 T de kérozène, la charge utile (passagers, bagages, et fret) est alors inférieure à 60 T.
A 350-1000 ULR (projet Sunrise de QANTAS) : masse maximum au décollage de 320 T et avec un emport maximum de kérozène de 154 T, la charge utile (passagers, bagages, et fret) devrait se situer entre 30 et 35 T.
Mathématiques a commenté :
6 août 2026 - 17 h 58 min
Les math sont a revoir :
777F : 146+147 =293 donc 348-293 =55 T de charge
B747-400 : 141 + 173 =317. donc 414 ( MTOW ) – 317 = 97 T
pour le 350 c’est encore plus au doigt mouillé ….
voir quelles réserves à destination ? Papeete ou Guam c’est pas comme CDG
atplhkt a commenté :
7 août 2026 - 11 h 45 min
@ Mathématiques
Vous avez raison pour les erreurs arithmétiques :-).
Pour l’A 350-1000 URL c’est une extrapolation estimée (sur la place aéronautique) à partir des données (publiées par Airbus pour l’A350-1000) compte-tenu (A350-1000 ULR) d’un emport kérozène (réservoir supplémentaire) de 20 000 litres en plus (soit environ 16 T).
Les données (Airbus) pour l’A350-1000 sont : masse à vide (OEW) 156 / 159 T ; masse maximum kérozène 120 / 125 T ; masse maximum au décollage (MTOW) 308 T.
Pour le B 747-400 (autre erreur de ma part) la masse à vide (OEW) est de 181 T (et non 141 T), masse maximum de kérozène de 163 T (environ) et la masse maximum au décollage (MTOW) de 360 T / 396 T (suivant modèles et options).
Nota : ce sont les données (spécifications avionneurs) qui ne préjugent pas de l’aspect opérationnel de chaque vol et de ses contraintes (aéroports départ et destination, météorologie prévue, réserves réglementaires, et autres).
Le propos était de permettre de visualiser le fait que le la charge utile (passagers et / ou bagages + fret) était relativement faible en regard de la masse au décollage.
Exemple avec un B 747-400 (conso environ 10 T / H en niveau de vol optimum) pour un vol calculé de 12 heures l’emport sera de l’ordre de 150 T (roulage au sol, montée, vol en niveau, descente, atterrissage, roulage + réserves réglementaires). 180 T (OEW) + 150 T (Kérozène) = 330 T. Il reste donc 396 – 330 = 66 T environ de charge utile (747-400 standard passagers). Cet exemple peut refléter (en ordre de grandeur) ce qui était un vol CDG / BKK (sans escale) en B 747-400 il y a dix ou quinze ans.
Merci d’avoir relevé les erreurs de chiffres (et j’espère ne pas en avoir commis de nouvelles).
erreurs a commenté :
7 août 2026 - 17 h 09 min
Hélas encore pas mal d’erreurs .
Cargo ou Pax ? Les masses à vide sont totalement différentes .
réservoir sup ou pas ? la version pour 747-400 passe à 178 tonnes de carburant?
ce qui est intéressant est de savoir quel est le rayon d’action avec la charge offerte maxi ( max ZFW ) , 117 t pour un 747-400 et surtout pour un exploitant le rapport conso / charge offerte .
sur les avions récents on embarque environ 3 T pour en avoir 2 à l’arrivée sur un vol de 8h .
un peu n'importe quoi a commenté :
7 août 2026 - 9 h 40 min
Des chiffres qui ne veulent rien dire car les consommations ne sont pas comparables .
Il faudrait pour être sérieux un comparatif avec des chiffres exacts et sur une distance identique ( 3500 NM , 5000 NM , 6000 NM etc… )
atplhkt a commenté :
7 août 2026 - 12 h 30 min
Il n’y avait pas de comparaison mais des spécifications des avionneurs (une erreur arithmétique et une coquille de ma part en plus :-)).
Le propos était de faire ressortir la diminution de la charge utile sur de très longs segments de vol du fait de l’emport carburant.
colibris a commenté :
7 août 2026 - 8 h 49 min
Un petit vol à 350.000 dollars…..Kero, pilote, maintenance , achat/loc… Chere le kilo transporté…