Face à une tentative de prise de contrôle venue des États-Unis, la compagnie britannique easyJet a opposé une fin de non-recevoir. Le transporteur à bas coûts a rejeté une offre évaluée à 4,74 milliards de livres (environ 5,5 milliards d’euros), émanant du fonds d’investissement Castlelake, qu’il qualifie de « hautement opportuniste ».
Une approche répétée mais rejetée
Selon Castlelake, trois propositions ont été adressées au conseil d’administration d’EasyJet au cours du mois de juin 2026, toutes refusées. Le fonds américain a finalement décidé de rendre publique sa dernière offre afin de « permettre aux actionnaires d’en évaluer les mérites ». La proposition la plus récente valorise l’action EasyJet à 625 pence, soit une prime d’environ 24% par rapport au cours de clôture précédent.
Dans un communiqué, Castlelake affirme : « Suite au rejet de trois propositions par le conseil d’administration d’EasyJet, et face à son manque d’engagement significatif, nous rendons publique cette troisième proposition afin que les actionnaires puissent en apprécier la valeur ».
Une offre jugée « opportuniste » par EasyJet
Du côté d’EasyJet, la réaction a été rapide et sans ambiguïté. La direction considère que l’offre sous-évalue la compagnie et intervient à un moment stratégique pour le secteur aérien européen. Le qualificatif « hautement opportuniste » renvoie notamment au contexte actuel : le trafic aérien européen poursuit sa consolidation post-Covid, avec une demande soutenue sur le segment loisirs, cœur de marché d’EasyJet. La compagnie bénéficie par ailleurs d’une amélioration progressive de ses marges, soutenue par une discipline capacitaire et une flotte modernisée d’Airbus A320neo.
Une stratégie d’investissement tournée vers l’aviation
Castlelake n’est pas un acteur inconnu du secteur aérien. Le fonds est historiquement très actif dans le leasing d’avions et détient déjà environ 2,14% du capital d’EasyJet via les fonds qu’il gère.
Dans son argumentaire, le groupe met en avant une vision de long terme : « L’ambition de Castlelake est de soutenir EasyJet comme une compagnie européenne plus forte et plus résiliente, sous contrôle européen, en respectant ses actifs et en maintenant son réseau ». Ce positionnement vise clairement à rassurer sur un point crucial : la conformité réglementaire.
Un enjeu clé : le contrôle européen
Le dossier se heurte en effet à une contrainte majeure du droit aérien européen. Les règles de l’Union européenne imposent qu’une compagnie aérienne communautaire soit détenue majoritairement (plus de 50%) par des intérêts européens pour conserver ses droits de trafic intra-européens. Castlelake affirme avoir proposé une structure de gouvernance permettant de respecter ces exigences, parlant d’une « solution réalisable » conforme à la réglementation.
Ce point reste toutefois sensible. Depuis le Brexit, easyJet a déjà dû adapter sa structure capitalistique, notamment via la création d’EasyJet Europe (basée en Autriche), afin de préserver ses droits de trafic au sein de l’UE.
Un contexte de consolidation du secteur
Cette tentative de rachat s’inscrit dans un mouvement plus large de consolidation du transport aérien européen. Ces dernières années ont vu plusieurs opérations majeures dont le renforcement du groupe Lufthansa (ITA Airways), les ambitions d’IAG sur Air Europa, la prise de participation d’Air France dans SAS, les ambitions de Lufthansa et Air France-KLM sur TAP Air Portugal, les stratégies de croissance organique et opportuniste des low-cost comme Ryanair ou Wizz Air
EasyJet, avec une flotte de plus de 340 appareils Airbus et une forte présence sur les grands marchés européens, constitue une cible attractive, notamment pour des investisseurs cherchant à capitaliser sur la reprise durable du trafic.
Castlelake dispose désormais d’un délai réglementaire court pour clarifier sa position. Le fonds doit décider d’ici vendredi s’il formule une offre ferme ou s’il renonce à l’opération. Pour l’heure, le conseil d’administration d’EasyJet reste ferme, privilégiant sa stratégie indépendante dans un environnement qu’il juge porteur.

Offre amicale ou non amicale: rdv le 26/06! a commenté :
22 juin 2026 - 14 h 20 min
Castlelake a donc fait trois offres de rachat amical, toutes repoussées par le Board!
Maintenant, Castlelake doit décider si elle passe par dessus la tête du Board et s’adresse directement aux actionnaires . Offre à laquelle le Board recommandera de ne pas succomber….ce qui ne garanti rien, chaque actionnaire faisant individuellement ce qui lui plaira.
Rdv le 26/06 pour voir si Castlelake choisit la bataille boursière et lance son offre publique d’achat…inamicale envers le Board.
Probabilité d’offre amicale a commenté :
23 juin 2026 - 9 h 02 min
Dernière nouvelle: Easyjet ( donc ses dirigeants…) réclame à Castlelake une amélioration de 600millions de £….
On peut donc imaginer que si Castlelake accepte le Board donnera un avis positif à cette offre devenue …amicale.
AFKLM apparaîtra t elle dans l’opération à un moment où un autre?
Les antécédents de coopération AFKLM-Castlelake autour de SAS pourrait le laisser penser…
Mais l’intervention des deux personnalités investisseurs très connues du milieu qui permettront dans un pacte avec Castlelake de contrôler Easyjet avec moins de 50% du capital, rend la présence d’AFKLM peut être inutile à ce stade…
Réponse vendredi 26 juin.
Bencello a commenté :
23 juin 2026 - 15 h 39 min
En date du 12 juin, Ben Smith a déclaré n’avoir aucune discussion avec Castlelake concernant Easyjet.
La priorité actuelle est TAP ainsi que la montée au capital de SAS.
Mais plus tard, une fois ces cibles digérées…
Oui…mais… a commenté :
23 juin 2026 - 17 h 23 min
…la suite de sa phrase avait été pour dire que si Castlelake lui téléphonait, il était disposé à voir avec eux comment AFKLM pouvait aider au projet….
Ben Voyons a commenté :
23 juin 2026 - 14 h 21 min
Qu’AF-KLM arrive à rentrer dans le capital d’Easy Jet serait une excellente nouvelle, permettant au groupe d’avoir une très grande longueur d’avance sur l’énorme marché du low cost en Europe en devenant le deuxième acteur (avec Transavia) après Ryanair…
Joachim a commenté :
24 juin 2026 - 23 h 26 min
cela permettrait surtout de se débarasser machiavéliquement de Transavia, qui est le canard boîteux du groupe AF/KL sous couvert de plaîre aux autorités européennes de la concurrence
Ibrahim a commenté :
24 juin 2026 - 0 h 08 min
Le chauvinisme français devient imbuvable… mettez un peu d’eau dans votre vin que vous croyez le meilleur du monde!
Si ça ne vous plait pas: a commenté :
25 juin 2026 - 9 h 20 min
Buvez autre chose: on s’en tape!