Brussels Airport a bouclé un premier semestre 2026 solide, porté à la fois par la reprise du trafic passagers et par une dynamique cargo soutenue, malgré un environnement marqué par les tensions au Moyen-Orient et plusieurs journées de grève en Belgique.
Brussels Airport maintient sa trajectoire de croissance
Sur les six premiers mois de 2026, Brussels Airport a accueilli 11 684 976 passagers, soit une hausse de 3,6% par rapport au premier semestre 2025. Cette croissance s’inscrit dans une demande de voyages toujours soutenue en Europe et reflète la montée en puissance du hub bruxellois après le rebond post‑pandémie. L’exploitant continue d’anticiper une saison estivale très dense, avec 5,2 millions de passagers attendus sur juillet‑août (+4%), ce qui devrait prolonger cette tendance au second semestre.
Un réseau long‑courrier densifié vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique
Huit nouvelles destinations ont été ouvertes au premier semestre, dont cinq long‑courriers, renforçant la connectivité intercontinentale de Zaventem. Air China a inauguré une liaison vers Chengdu, symbolisant la reconstitution progressive du réseau asiatique au départ de Bruxelles, tandis que LATAM a lancé la première ligne directe entre la Belgique et l’Amérique du Sud depuis plus de 25 ans, vers São Paulo. Brussels Airlines a, de son côté, ouvert Kilimandjaro en Tanzanie, complétée en juin par Halifax (Air Canada) et Kayseri (TUI fly), qui s’ajoutent à un portefeuille d’environ 180 destinations directes desservies depuis l’aéroport.
Dans ce contexte, le mois de juin confirme la tendance, avec 2 215 965 passagers (+1,7% par rapport à juin 2025) et une part de 15% de passagers en correspondance, principalement vers l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Nord. La reprise des vols vers Doha à compter du 15 juin et le retour aux fréquences habituelles vers Abu Dhabi et Dubaï ont contribué à ce résultat, les dix pays les plus demandés restant l’Espagne, l’Italie, la Grèce, l’Allemagne, la Turquie, le Maroc, le Portugal, la France, les États‑Unis et la Suisse.
Un premier semestre chahuté par les grèves et le conflit au Moyen‑Orient
Cette croissance n’a pas été obtenue dans un ciel totalement dégagé. Le premier semestre 2026 a été marqué par plusieurs événements extérieurs, à commencer par le conflit au Moyen‑Orient, qui a entraîné la suspension des vols vers Tel Aviv et une réduction des fréquences vers le Golfe. Ces ajustements ont affecté le trafic passagers et pesé sur les volumes de fret transportés en soute (belly cargo), segment le plus exposé aux réseaux long‑courriers.
Brussels Airport a également subi deux journées d’action syndicale nationales en mars et en mai, impactant au total quelque 55 000 passagers, avant une grève spontanée des contrôleurs aériens de skeyes le 2 juin, qui a provoqué la fermeture de l’espace aérien belge plusieurs heures et l’annulation d’environ 140 vols à Zaventem, touchant 25 000 passagers. Ces mouvements sociaux s’inscrivent dans une série de grèves qui, en 2025, avaient déjà amputé le trafic de 275 000 passagers selon plusieurs estimations, alimentant le débat belge sur l’instauration d’un « service minimum » dans le transport aérien.
Cargo : une plateforme européenne qui gagne en volume
Sur le segment fret, Brussels Airport affiche une progression de 8,3% au premier semestre, avec près de 420 000 tonnes de marchandises traitées. Le fret aérien total a augmenté de 7%, notamment grâce à la forte croissance du segment full cargo (+16,7%) et à la hausse du cargo routier (+16,2%), alors que le belly cargo ne progresse que de 0,1%, pénalisé par les ajustements de programme vers le Moyen‑Orient. Ces chiffres confortent la stratégie de diversification des flux – pharmaceutique, e‑commerce, express, périssables – et la modernisation de la zone cargo, où l’aéroport investit dans de nouvelles infrastructures de stockage et de traitements numériques.
En juin, la dynamique se renforce encore, avec 70 895 tonnes de fret (+12,2%), un trafic cargo aérien en hausse de 8%, porté par les full freighters (+16,5%), et un bond spectaculaire du fret camionné (+42,4%). Le belly cargo rebondit de 12,2% après un léger recul en mai, seul le segment express accusant une très légère baisse de 0,5%, dans un contexte de normalisation des flux de colis. Les principales régions d’import demeurent l’Asie et l’Amérique du Nord, cette dernière enregistrant la plus forte progression, tandis qu’une légère diminution est observée sur l’Afrique.
Des mouvements stables et un taux de remplissage élevé
Malgré ces évolutions, le nombre de mouvements de vols commerciaux reste quasi stable en juin, en légère baisse de 0,1% par rapport à 2025. Les vols passagers progressent de 1,9%, tandis que les vols cargo reculent de 4,9%, illustrant une utilisation plus intensive de la capacité des appareils plutôt qu’une multiplication des fréquences. Le taux de remplissage moyen demeure élevé, avec 146 passagers par vol en juin – un niveau proche du record de 145 passagers par vol enregistré en 2025, qui témoignait déjà d’une demande robuste dès que les opérations se déroulent sans perturbation.
Pour la direction de Brussels Airport, ces résultats confirment la résilience du hub bruxellois face aux aléas géopolitiques et sociaux, et valident sa stratégie d’ajustement fin des capacités, tant sur le réseau passagers que sur la plateforme cargo. L’aéroport se veut rassurant sur la haute saison : « Le contexte géopolitique instable n’a actuellement aucun impact sur les vols prévus » et aucune difficulté d’approvisionnement en carburant n’est anticipée pour l’été, insiste‑t‑il dans ses communications.

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