À peine mis en service début juillet, le VC‑25B « Bridge » – le Boeing 747‑8 offert par le Qatar et transformé en avion présidentiel intérimaire – va déjà retourner en chantier pour des travaux complémentaires, vraisemblablement liés à ses capacités de protection et de communication.

Donald Trump assure qu’il s’agit de « maximiser » les performances de l’appareil, sur fond de tensions avec l’Iran et alors que les deux futurs VC‑25B définitifs accusent un nouveau retard, avec une entrée en service désormais repoussée à 2028.

Un Air Force One qatarien déjà renvoyé en modification

Le 19 juillet 2026, Donald Trump a confirmé devant des journalistes que le Boeing 747‑8 présidentiel offert par le Qatar serait « retiré du service » pendant environ un mois pour une nouvelle phase d’amélioration. « Il a énormément de capacités, mais, d’après ce que je comprends, ils vont l’envoyer pour le pousser au maximum », a déclaré le président américain, sans détailler la nature des systèmes concernés.

Ce 747‑8I VIP, exploité auparavant par l’État du Qatar, a été officiellement remis aux États‑Unis en 2025 et intégré au programme présidentiel après une campagne de transformation accélérée menée par L3Harris Technologies. L’US Air Force (USAF) le désigne désormais comme VC‑25B « Bridge », un appareil de transition destiné à soulager la flotte vieillissante des deux VC‑25A dérivés du 747‑200, entrés en service au début des années 1990.

Questions sur les capacités d’autodéfense

Les propos de Donald Trump répondaient à une interrogation explicite sur les capacités d’autodéfense de ce nouvel appareil par rapport aux deux VC‑25A, réputés pour leur panoplie de systèmes de détection et de contre‑mesures contre les missiles. Le président n’a pas indiqué si l’avion manquait de certaines fonctions par rapport à ses prédécesseurs et l’US Air Force n’a pas détaillé publiquement le contenu de cette nouvelle phase de modifications.

Selon l’USAF, la conversion initiale du 747 qatarien s’est concentrée sur « les capacités nécessaires pour transporter le président en toute sécurité et de façon sécurisée », avec des systèmes de communication avancés et un certain niveau de capacités d’autodéfense déjà intégrés. Toutefois, de nombreuses sources américaines soulignent que cette configuration « Bridge » s’apparente à un compromis, le temps de disposer des deux VC‑25B définitifs, qui doivent embarquer des suites de communication et de protection plus complètes et intégrées dès la conception.

Un avion de transition testé en opérations réelles

Le VC‑25B « Bridge » a été présenté officiellement à Joint Base Andrews en juin 2026, repeint dans une nouvelle livrée rouge, blanche et bleue voulue par Donald Trump, avant de débuter ses vols de commissionnement et de validation de mission. L’appareil a reçu l’indicatif Air Force One pour la première fois le 1er juillet, lorsque Trump a commencé à l’utiliser pour ses déplacements officiels, après une campagne de vols d’essai destinée à vérifier fiabilité, compatibilité avec les infrastructures au sol et capacité à soutenir des missions long‑courrier.

Les interrogations sur son niveau de protection se sont accentuées lors du sommet de l’OTAN à Ankara, début juillet. Le 747 qatarien a bien acheminé Donald Trump vers la Turquie, mais le président a quitté Ankara le 8 juillet à bord de l’un des deux VC‑25A, au moment où les tensions avec l’Iran se renforçaient. Trump a ensuite rebasculé sur le VC‑25B « Bridge » à la base britannique de RAF Mildenhall pour le vol retour vers Washington, expliquant qu’il souhaitait que les militaires britanniques puissent « voir le nouvel appareil » et niant tout lien avec des considérations de sécurité.

Un « palace dans le ciel » offert par Doha

Le cadeau du Qatar – un 747‑8 VIP estimé à près de 400 millions de dollars et décrit comme un « palace dans le ciel » – avait déjà suscité de vifs débats éthiques et politiques aux États‑Unis. « Je suis très reconnaissant. Je ne suis pas du genre à refuser une telle offre », avait alors déclaré Donald Trump, tandis que Doha insistait sur le fait qu’il s’agissait « d’un échange entre deux pays » plutôt que d’un geste personnel vers le président.

L’appareil, doté d’un aménagement intérieur luxueux, a été partiellement conservé dans sa configuration VIP d’origine, ce qui a contribué à accélérer la conversion par L3Harris comparativement au chantier beaucoup plus lourd mené par Boeing pour les deux VC‑25B définitifs. Le Pentagone a expliqué que cette solution intérimaire devait permettre de réduire la pression sur les VC‑25A, dont les cycles de maintenance lourde s’allongent, tout en garantissant la disponibilité d’au moins deux avions pour les déplacements présidentiels.

Retards en cascade sur les futurs VC‑25B

Le recours à un « Bridge » offert par le Qatar s’inscrit dans un contexte de retards répétés sur le programme VC‑25B lancé par Boeing pour fournir deux nouveaux 747‑8 présidentiels « permanents ». Le contrat initial, d’un montant d’environ 3,9 milliards de dollars, a été attribué en 2018, mais la date de livraison a été repoussée à plusieurs reprises et le premier avion n’est plus attendu avant la mi‑2028, soit au moins un an de retard supplémentaire par rapport aux projections précédentes.

Air Force One qatarien déjà renvoyé en chantier : Trump veut « maximiser » son nouvel avion présidentiel 1 Air Journal

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