Le constructeur de turbopropulseurs ATR travaille sur une évolution de l’ATR 72-600 pensée pour le marché régional américain, avec une cabine trois classes de 50 sièges et une porte passagers avant compatible avec les passerelles d’embarquement.
L’objectif : redonner au turbopropulseur une place dans un segment dominé depuis des années par les jets régionaux, malgré un avantage structurel en coûts d’exploitation et en consommation de carburant.
Un pari premium pour les États-Unis
Selon Aviation Week, ATR mène des essais de marché sur une configuration combinant première classe, premium economy et économie, le tout dans une enveloppe de 50 sièges compatible avec les contraintes de « scope clause » des grands transporteurs américains. La formule viserait directement les lignes aujourd’hui opérées par des CRJ450 et CRJ550, deux jets régionaux de 50 sièges que l’avionneur franco-italien entend concurrencer sur le terrain du coût, mais aussi du produit cabine.
Cette démarche ne sort pas de nulle part. ATR présentait déjà en 2023 sa gamme HighLine, pensée pour des opérateurs premium, charter, corporate ou gouvernementaux, avec plusieurs concepts allant de la cabine multi-classes à l’aménagement VIP sur mesure. Dans cette logique, la version américaine en cours d’étude apparaît comme une déclinaison plus ciblée d’une stratégie déjà amorcée depuis deux ans.
La porte avant, clé du produit
Le changement le plus visible serait l’ajout d’une porte passagers avant, permettant un embarquement via passerelle, donc en cohérence avec les standards habituels des transporteurs américains. Le document HighLine d’ATR évoquait déjà cette option, ainsi qu’un réaménagement de la zone avant pour une cabine premium et une meilleure continuité de produit avec les opérations de type mainline.
ATR n’avance pas en terrain totalement vierge : Berjaya Air a reçu en mai 2026 le premier ATR 72-600 en configuration HighLine « tout Affaires », et Air Tahiti a également choisi cette cabine premium tout Affaires pour l’un de ses ATR 72-600, preuve que le concept commence à trouver des débouchés commerciaux.
Sur le plan commercial, l’enjeu est important : le turbopropulseur souffre encore aux États-Unis d’une image de compromis, malgré sa sobriété et sa capacité à desservir des aéroports plus courts ou plus contraints. ATR cherche précisément à faire évoluer cette perception en associant efficacité opérationnelle et expérience passager plus proche d’un jet régional.
Un marché américain difficile
Le marché régional américain a largement glissé vers les jets, alors que les turbopropulseurs ont progressivement reculé. La disparition de Silver Airways, qui exploitait encore des ATR 42-600 et ATR 72-600 jusqu’à son arrêt des opérations le 11 juin 2025, a encore réduit la visibilité de l’avion dans le transport régulier aux États-Unis.
Pour autant, l’ATR n’a pas disparu du ciel américain. Des dizaines d’exemplaires restent présents dans des missions charter, cargo, gouvernementales ou non régulières, ce qui entretient une base opérationnelle et technique sur le territoire. ATR peut aussi s’appuyer sur un argument récurrent : dans son document HighLine, le constructeur affirme que ses turbopropulseurs offrent environ 45% de consommation de carburant et d’émissions en moins que des jets de taille comparable.
Une stratégie à confirmer
Le constructeur précise qu’il ne lancera pas cette configuration « pour le simple fait de la lancer », mais seulement s’il existe une demande suffisante de la part des opérateurs. ATR prévoit d’ailleurs de montrer une maquette grandeur nature lors de la conférence de la Regional Airline Association, à Washington, pour mesurer l’intérêt réel des compagnies américaines.

GVA1112 a commenté :
28 juillet 2026 - 13 h 11 min
Ces “petits Plus” ne pourront que bénéficier à l’ensemble des passagers de l’ATR.
Avec l’ATR, c’est toujours surprenant d’avoir les bagages devant et les passagers derrière. Une disposition très peu courante dont je ne connais pas l’origine, ni les motivations de ce choix.
Mais avoir deux portes PAX donnera un sentiment de sécurité en cas d’évacuation de l’avion en cas de nécessité.
Peut être qu’un jour, la soute reviendra à l’arrière de la carlingue.