Dix grands groupes aéroportuaires internationaux ont été admis à la deuxième phase de la procédure de cession d’au moins 51% de Sac, la société publique qui gère les aéroports de Catane‑Fontanarossa et Comiso‑Pio La Torre, en Sicile orientale.
À l’issue d’un premier tour de vérification documentaire, Sac a retenu 10 opérateurs sur 14 manifestations d’intérêt, ouvrant désormais la possibilité de déposer des offres non contraignantes, avant une future sélection restreinte à cinq candidats, prévue à l’automne.

Selon les estimations évoquées par la presse italienne, la valorisation globale de Sac se situerait entre 500 et 600 millions d’euros, pour une participation majoritaire pouvant aller de 51% à 66%, soit une fourchette théorique comprise entre environ 255 et 400 millions d’euros. Du côté sicilien, certains acteurs publics espèrent toutefois que la valeur puisse dépasser le milliard d’euros, en tenant compte du potentiel de croissance du trafic et des investissements prévus sur le long terme.

Dix candidats, Vinci Airports en première ligne

La liste des candidats retenus aligne plusieurs des plus grands gestionnaires aéroportuaires mondiaux, confirmant l’attrait des aéroports de Catane et Comiso pour les investisseurs internationaux : Corporación América Airports, Royal Schiphol Group, Mundys, Adani Airport Holdings, Save, 2i Aeroporti, Mag Overseas Investment Ltd, Oman Airports Management Company, Macquarie European Infrastructure Fund, ainsi que le français Vinci Airports, opérateur privé qui exploite notamment Londres‑Gatwick et Lisbonne et gère plus de 70 aéroports dans 14 pays. Pour Vinci Airports, cette candidature s’inscrit dans une stratégie de présence renforcée sur le pourtour méditerranéen, où le groupe exploite déjà plusieurs plateformes majeures et où le potentiel touristique de la Sicile représente un relais de croissance particulièrement attractif. La mise en concurrence avec des investisseurs à la fois industriels (Royal Schiphol, Mundys, Save, 2i) et financiers (Macquarie, Mag Overseas) souligne le caractère hautement stratégique de l’opération.

Un actif public convoité, des besoins d’investissement massifs

Sac est actuellement contrôlée par un actionnariat entièrement public : la Chambre de commerce du Sud‑Est sicilien détient environ 60,6% du capital, tandis que la Ville métropolitaine de Catane, l’Irsap (organisme régional pour le développement industriel) et le Libre consortium de Syracuse possèdent chacun un peu plus de 12%. Les communes de Catane et de Comiso conservent des participations minoritaires, respectivement d’environ 2% et 1%.

Le contrat de programme 2024‑2027 prévoit plus de 340 millions d’euros d’investissements, tandis que le plan de développement à l’horizon 2049 évalue le besoin total à près de 1,3 milliard d’euros : nouvelle piste, extension du terminal, parkings, ainsi que des liaisons ferroviaires et métropolitaines vers l’aéroport de Catane.
La future ouverture du capital à un partenaire privé devra précisément permettre de financer ces travaux, en sécurisant à la fois la capacité de Sac à absorber la croissance du trafic et le caractère stratégique de ces infrastructures pour la Sicile.

« L’objectif sera d’identifier le partenaire capable de proposer le projet industriel le plus solide, en mesure de soutenir les investissements nécessaires pour renforcer la compétitivité des aéroports de Catane et Comiso, tout en préservant leur rôle stratégique pour la Sicile dans l’intérêt public », ont déclaré la présidente de Sac, Anna Quattrone, et l’administrateur délégué, Nico Torrisi, lors de la présentation de la deuxième phase.

Catane et Comiso, un système aéroportuaire clé pour la Sicile

Avec 12 369 485 passagers en 2025, l’aéroport de Catane‑Fontanarossa se classe au cinquième rang des plateformes italiennes en trafic passagers, derrière Rome‑Fiumicino, Milan‑Malpensa, Orio al Serio (Bergame) et Naples. La plateforme a enregistré une légère croissance par rapport à 2024, confirmant son rôle de hub principal pour la Sicile orientale, tant pour les liaisons intérieures que pour les liaisons internationales et le trafic touristique.

Comiso‑Pio La Torre, de taille plus modeste, a accueilli 134 495 passagers en 2025 et se situe au 35ᵉ rang des aéroports italiens. Le système Catane–Comiso constitue néanmoins un ensemble complémentaire : Catane absorbe l’essentiel du trafic régulier, tandis que Comiso offre une capacité supplémentaire, notamment pour les opérations saisonnières et les développements futurs, au service des territoires de Raguse et du sud‑est sicilien.

« Le système aéroportuaire de Catane et Comiso constitue un patrimoine stratégique pour l’ensemble de la Sicile », a rappelé Enrico Trantino, maire de Catane et de la Ville métropolitaine, en soulignant que « la forte participation nationale et internationale enregistrée dans cette première phase démontre la solidité et l’attractivité d’une infrastructure qui peut continuer à être un moteur de développement, d’emploi et de compétitivité ».

Aéroports de Catane et Comiso en Sicile : dix géants en lice pour la privatisation, Vinci Airports dans la course 1 Air Journal

@Aleksandr Papichev