La grève des hôtesses et stewards d’easyJet France est fortement suivie ce week-end du 15 août. Plus d’une centaine de vols sont annulés sur les 162 initialement programmés samedi et dimanche, selon le syndicat UNPNC-CFDT.
Le mouvement concerne les personnels navigants commerciaux (PNC) de toutes les bases françaises de la compagnie britannique à bas coût. Les syndicats dénoncent l’instabilité des plannings et réclament des changements durables dans l’organisation du travail.
Une mobilisation élevée
L’intersyndicale composée du SNPNC-FO, de l’UNAC-CFE-CGC et de l’UNPNC-CFDT avait déposé un préavis couvrant la période du 7 août au 2 septembre. Elle a appelé les PNC à se mobiliser les 15 et 16 août, l’un des week-ends les plus chargés de la saison estivale. Selon l’UNPNC-CFDT, « près de 80% des effectifs opérationnels » sont mobilisés durant ces deux journées. Le SNPNC-FO indique de son côté que plus de la moitié des quelque 900 PNC d’easyJet en France se sont déclarés grévistes.
La low cost britannique, deuxième transporteur aérien en France, a annoncé qu’une centaine de vols au départ de l’hexagone seraient supprimés. Elle propose aux clients concernés « un transfert gratuit vers un autre vol ».
Plannings au cœur du conflit
Les organisations syndicales mettent en avant des changements de programme fréquents, parfois annoncés à très court terme. Dans un communiqué publié le 14 août, l’UNPNC-CFDT affirme que des modifications peuvent intervenir « jusqu’à 12 heures avant une mission », voire le jour même de la prise de service.
La revendication principale porte donc sur la stabilité des plannings. « Sur des bases comme Lyon, on a certains PNC qui vont avoir 50, voire 60, changements de planning par semaine », a déclaré William Bourdon, responsable du SNPNC-FO, à l’AFP. Il souligne les conséquences pour l’organisation de la vie personnelle et la garde des enfants.
Les syndicats estiment que l’instabilité des rotations pèse aussi sur la santé des salariés et sur l’exercice de leurs missions de sécurité. Ils demandent l’application de la réglementation européenne de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), en particulier de sa FAQ 47586, afin de garantir des plannings suffisamment stables.
Soutien des pilotes du SNPL
Le syndicat des pilotes SNPL apporte son soutien aux PNC : « Cette mobilisation intervient dans un contexte social profondément dégradé. Les pilotes sont engagés depuis plusieurs mois dans leurs négociations annuelles avec la direction. Malgré des mois de discussions, aucun engagement écrit significatif n’a été obtenu sur deux préoccupations devenues majeures : la stabilité des emplois du temps et la fatigue ». « Et pendant que les négociations stagnent, la situation opérationnelle s’envenime », insiste le SNPL dans son communiqué, tout en affirmant continuer à « privilégier le dialogue » pour le moment.
EasyJet appelle à reprendre les discussions
A la veille du mouvement social de ses hôtesses et stewards, la direction d’easyJet a appelé les syndicats « à renoncer à cette action opportuniste à une période aussi importante de l’année ». Elle affirme avoir formulé des « propositions d’ajustements » et indique que de nouvelles négociations sont prévues en septembre.
La low cost n’a pas détaillé la répartition des annulations par aéroport. La grève touche toutefois l’ensemble des bases françaises, alors que la France constitue l’un des principaux marchés continentaux d’easyJet et son deuxième marché aérien derrière Air France en nombre de passagers. L’intersyndicale dit rester disponible pour reprendre les discussions. Elle prévient cependant que, faute « d’avancées concrètes et durables », une nouvelle mobilisation pourrait être envisagée après ce week-end.

©Charlène Yves / easyJet
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