L’aéroport international de Dubaï (DXB), premier hub mondial pour le trafic international, a enregistré une chute brutale de sa fréquentation au deuxième trimestre 2026. Affecté par les fermetures et restrictions d’espace aérien liées à la guerre en Iran, le hub émirati a accueilli 13 millions de passagers entre avril et juin, soit 42% de moins qu’un an plus tôt. L’exploitant Dubai Airports mise toutefois sur le retour progressif des compagnies et sur la haute saison hivernale pour accélérer la reprise.

Dubai International Airport : un deuxième trimestre lourdement pénalisé

Le choc est considérable pour l’aéroport international de Dubaï. DXB a accueilli 13 millions de passagers au deuxième trimestre 2026, contre 22,5 millions à la même période de 2025 : une baisse de 42%. Sur l’ensemble du premier semestre, la plateforme totalise 31,5 millions de voyageurs, en recul de 31,3% sur un an, contre 46 millions durant les six premiers mois de 2025. Cette contraction s’explique avant tout par les conséquences du conflit déclenché le 28 février, qui a bouleversé les opérations aériennes dans le Golfe. Fermetures temporaires d’espaces aériens, restrictions de survol, annulations, déroutements et réduction des programmes de vols ont désorganisé un système régional fondé sur des correspondances très denses entre l’Europe, l’Asie, l’Afrique et le sous-continent indien. Reuters relève également que la hausse des prix du carburant aérien a amplifié les difficultés pour les compagnies, y compris au-delà du Moyen-Orient.

Pour un aéroport dont une part importante de l’activité repose sur les passagers en transit, l’effet mécanique a été immédiat : moins de vols disponibles signifie moins de possibilités de correspondances et, par conséquent, une baisse du nombre de voyageurs traités par le hub.

Un trafic qui repart progressivement depuis avril

Les statistiques trimestrielles dessinent néanmoins une amélioration graduelle. DXB a traité 3,5 millions de passagers en avril, 4,5 millions en mai, puis 5 millions en juin. La remontée est nette au fil du trimestre, même si le niveau de trafic restait très inférieur à celui observé avant la crise régionale.

Les mouvements d’avions suivent la même tendance. L’aéroport a comptabilisé 150 600 mouvements au premier semestre, soit 32,1% de moins sur un an, dont 62 500 entre avril et juin. Le fret a lui aussi reculé : 751 340 tonnes ont été manutentionnées sur les six premiers mois de l’année, en baisse de 28,7%, dont 351 716 tonnes au deuxième trimestre.

La baisse des mouvements, légèrement plus prononcée que celle du nombre de passagers, traduit l’ampleur des ajustements de programmes opérés par les compagnies : suspensions de lignes, baisse de fréquences, limitations de capacité et modifications d’itinéraires pour éviter les zones considérées comme à risque.

Paul Griffiths, directeur général de Dubai Airports, veut cependant voir dans la progression mensuelle du deuxième trimestre le signe d’un redressement engagé. « Le premier semestre a mis à l’épreuve chaque composante du système aérien et a démontré notre résilience. Alors que la capacité revient progressivement, la demande répond immédiatement », a-t-il déclaré dans un communiqué de l’opérateur.

Emirates, flydubai et les compagnies étrangères au cœur de la reprise

La relance de DXB dépendra largement de la remise en place des réseaux d’Emirates et de flydubai, les deux compagnies basées à Dubaï, mais aussi du retour complet des transporteurs étrangers. Emirates volait déjà à environ 90% de sa capacité le mois dernier, selon son président Tim Clark. L’amélioration demeure toutefois incomplète. Plusieurs grandes compagnies internationales, notamment Lufthansa, British Airways et Singapore Airlines, ont prolongé la suspension de certaines dessertes ou maintenu une approche prudente vis-à-vis de la région. Cette absence réduit l’offre directe vers Dubaï et, surtout, la capacité de correspondance disponible au sein du hub.

Selon Paul Griffiths, le redémarrage devrait s’accélérer avec le programme hiver, qui débute traditionnellement à la fin octobre dans le transport aérien. L’exploitant attend le retour progressif des compagnies européennes et américaines, dans un contexte de rétablissement des réseaux, de levée graduelle des avis aux voyageurs et de renforcement de la demande de transit. « On ne peut pas prendre les six premiers mois comme un indicateur de la vigueur à long terme », a estimé le dirigeant auprès de The National. « Notre réseau, notre position géographique et notre importance dans le trafic aérien mondial signifient que nous terminerons sans aucun doute l’année encore à la première place. »

Dubaï vise 70 millions de passagers en 2026, le seuil des 100 millions repoussé à 2027

DXB a conservé pendant douze années consécutives sa place de premier aéroport mondial pour le trafic international de passagers. Cette position repose sur la géographie de Dubaï, à portée directe de vastes marchés européens, asiatiques et africains, mais également sur la puissance des réseaux long-courriers d’Emirates et de flydubai.

À la fin du premier semestre, l’aéroport était desservi par près de 50 compagnies aériennes internationales, reliant Dubaï à 217 destinations dans 99 pays. Les coefficients de remplissage se rapprochaient de ceux de 2025, selon Dubai Airports, ce qui suggère que la demande demeure présente dès lors que les sièges et les fréquences reviennent sur le marché.

DXB prévoit désormais environ 70 millions de passagers sur l’ensemble de 2026, loin des 95,2 millions enregistrés l’an dernier. Le seuil symbolique de 100 millions de passagers, initialement espéré cette année avant le déclenchement du conflit, est repoussé à 2027.  L’aéroport poursuit parallèlement ses investissements : nouveaux parcours de départ à distance, bornes libre-service, développement de la biométrie, optimisation des flux et ajustements de capacité.

L’exploitant met en avant de bonnes performances opérationnelles malgré la crise : 98,98% des passagers au départ ont franchi le contrôle des passeports en moins de dix minutes au premier semestre ; 99,34% ont passé les contrôles de sûreté en moins de cinq minutes. Le taux de bagages mal acheminés s’est établi à 2,7 pour 1 000 passagers, sous la référence mondiale récente d’environ 4,9 pour 1 000.

Guerre en Iran : le trafic de l’aéroport de Dubaï chute de 42% au deuxième trimestre 1 Air Journal

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