L’aéroport de Zurich a accueilli 15,793 millions de passagers au premier semestre 2026, soit une hausse de 6% par rapport à la même période de l’année précédente. Il s’agit, selon l’exploitant, de son plus haut niveau jamais atteint sur un premier semestre. Cette croissance s’inscrit dans une demande de transport aérien qui demeure soutenue, notamment sur le marché suisse, malgré un environnement international moins prévisible. Les tensions géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient, ont pesé sur certaines liaisons et sur les conditions d’exploitation, sans enrayer la progression globale du trafic à Zurich.
« Nous avons connu un premier semestre intense », a déclaré Lukas Brosi, directeur général de Flughafen Zürich AG. « Les incertitudes géopolitiques, la nouvelle hausse du nombre de passagers, les nombreux projets d’infrastructure en cours ainsi que la mise en service de l’aéroport international de Noida ont constitué des défis majeurs. » Le dirigeant souligne néanmoins que l’aéroport a pu maintenir « des opérations stables et sûres ». Le programme d’été 2026 compte 67 compagnies aériennes desservant 212 destinations depuis Zurich, une offre en légère progression par rapport à l’été 2025. Cette connectivité conforte le rôle de Zurich comme principale porte d’entrée aérienne de la Suisse et comme plateforme de correspondance pour Swiss International Air Lines (SWISS) et ses partenaires de Star Alliance.
Le chiffre d’affaires progresse à environ 719 millions d’euros (674 millions de francs suisses)
La hausse du trafic a directement alimenté les recettes du groupe. Le chiffre d’affaires semestriel s’est établi à 673,6 millions de francs suisses, en progression de 5% sur un an. Les revenus aéronautiques — redevances passagers, atterrissages, prestations liées aux opérations aériennes — ont atteint 345,2 millions de francs, également en hausse de 5%. Ils ont été soutenus par l’augmentation du nombre de voyageurs et des mouvements associés. Les revenus non aéronautiques ont, eux aussi, gagné 5%, à 328,4 millions de francs. Ils regroupent notamment l’activité commerciale, le stationnement, l’immobilier et les activités internationales. Cette répartition relativement équilibrée entre l’aérien et le non-aérien constitue l’un des points forts du modèle de l’exploitant suisse, moins dépendant des seules redevances facturées aux compagnies aériennes.
L’EBITDA — indicateur mesurant le résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements — s’est établi à 374,2 millions de francs (environ 57 millions d’euros), soit une hausse de 4%. Les charges d’exploitation ont toutefois augmenté plus vite, de 6%. L’ouverture récente de l’aéroport de Noida, en Inde, explique en partie cette hausse des coûts.
Les revenus tirés des commerces et des parkings ont progressé de 2%. L’exploitant souligne que l’activité a résisté aux travaux qui affectent actuellement le centre commercial côté ville, l’Airport Shopping. La hausse des dépenses des passagers, notamment dans la restauration, a compensé les contraintes liées au chantier. Le fret constitue, en revanche, la note moins favorable du semestre. Les volumes traités ont reculé de 1%, à 217 317 tonnes, principalement en raison d’une baisse des importations.
Zurich investit
Flughafen Zürich AG a investi 268,7 millions de francs suisses (quelque 287 millions d’euros) au cours des six premiers mois de l’année, dont 202,3 millions sur la seule plateforme de Zurich. Le montant est en baisse par rapport aux 422,9 millions de francs investis un an plus tôt, une comparaison toutefois influencée par l’acquisition, en 2025, du bâtiment du Radisson Blu pour 155 millions de francs. Parmi les grands chantiers figure la transformation des espaces passagers côté ville. Les nouveaux aménagements doivent ouvrir progressivement à partir de l’automne 2027. L’aéroport prévoit aussi le remplacement du Dock A, l’un de ses principaux terminaux d’embarquement, ainsi que de sa tour de contrôle et de ses installations associées.
Brésil et Inde : l’international prend de l’ampleur
Les activités aéroportuaires internationales ont généré 66,6 millions de francs de revenus au premier semestre, en hausse de 16%. La croissance est principalement venue du Brésil, où les aéroports exploités par le groupe ont enregistré une hausse moyenne de 13,8% de leur trafic passagers. Au total, les plateformes internationales contrôlées ou exploitées par Flughafen Zürich AG ont accueilli plus de sept millions de passagers sur les six premiers mois de l’année.
L’événement majeur du semestre reste toutefois l’entrée en service de Noida International Airport, près de Delhi. L’aéroport, dont le code IATA est DXN, a commencé ses opérations commerciales le 15 juin 2026, avec un premier vol IndiGo en provenance de Lucknow. L’appareil, un Airbus A320, a ensuite poursuivi sa rotation vers Bangalore.
Pour Flughafen Zürich, Noida marque un retour opérationnel en Inde et un investissement stratégique sur l’un des marchés aériens les plus dynamiques au monde. Mais le démarrage demeure progressif : les premiers vols sont limités aux liaisons domestiques et au fret, avant un élargissement graduel du réseau.
L’exploitant reconnaît que le contexte n’est pas idéal. « Les fermetures d’espaces aériens, la hausse des coûts du carburant et les ajustements de capacité des compagnies aériennes » ralentissent l’ouverture de nouvelles routes et de fréquences, indique-t-il. L’aéroport reste toutefois convaincu du potentiel de moyen et long terme de Noida pour desservir la région capitale de Delhi et le nord de l’Inde.
Plus de 33 millions de passagers attendus en 2026
Pour l’ensemble de 2026, Flughafen Zürich AG prévoit de dépasser 33 millions de passagers à Zurich, soit environ 3% de plus qu’en 2025. La prudence reste toutefois de mise du côté des revenus aéronautiques.
À compter du 1er octobre, une nouvelle ordonnance doit entraîner une baisse globale d’environ 10% des redevances aéroportuaires. Le dispositif prévoit parallèlement une modulation plus incitative en faveur des avions les moins bruyants, notamment durant les périodes nocturnes sensibles. Malgré cet effet tarifaire défavorable au quatrième trimestre, le groupe anticipe des revenus aéronautiques globalement stables sur l’année, grâce à la progression attendue du trafic.

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