Les hôtesses et stewards d’easyJet basés en France ne reprendront pas le chemin de la grève. Les trois syndicats représentatifs des personnels navigants commerciaux (PNC) ont validé un accord avec la direction, qui prévoit notamment cinq jours de planning intangibles chaque mois et une indemnisation des modifications tardives. Le préavis, qui courait jusqu’au 2 septembre, est désormais définitivement suspendu.
La rentrée sociale s’annonce plus sereine chez easyJet France. Mardi 1er septembre, les syndicats SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT ont annoncé l’approbation, par leurs adhérents, de l’accord négocié avec la direction de la compagnie britannique à bas coûts. Ce compromis clôt un conflit né de la volatilité des programmes de travail des personnels navigants commerciaux — les hôtesses et stewards — et qui avait provoqué de fortes perturbations au cœur du week-end du 15 août. Selon les données alors communiquées, 98 vols avaient été annulés au départ de la France les 15 et 16 août, soit 47 le samedi et 51 le dimanche.
EasyJet France : cinq jours de planning « intangibles »
Le texte soumis aux salariés répond à la revendication centrale de l’intersyndicale : retrouver davantage de prévisibilité dans l’organisation des rotations. L’accord prévoit ainsi que chaque PNC disposera de cinq jours par mois durant lesquels son planning ne pourra pas être modifié. Ces journées devront offrir aux équipages une réelle visibilité sur leur emploi du temps, dans une activité où les changements de programme peuvent bouleverser l’équilibre entre temps de travail, repos réglementaire et vie personnelle.
Une indemnité est également créée en cas de modification de planning supérieure à deux heures. Elle s’appliquera avec effet rétroactif au 1er avril 2026, selon les informations révélées par Challenges. Le montant n’a pas été rendu public dans le détail, mais il s’agirait de plusieurs dizaines d’euros selon la situation. Pour les syndicats, l’enjeu ne se limitait pas à une compensation financière. Il s’agissait d’encadrer une pratique devenue, à leurs yeux, trop fréquente : changements de prise de service, modifications d’horaires, changements de destination ou affectations de dernière minute sur d’autres bases européennes.
Les plannings, au cœur de la mobilisation des hôtesses et stewards
Lors du mouvement d’août, les trois organisations syndicales avaient dénoncé une « dégradation continue » des conditions de travail. Elles visaient particulièrement des « plannings modifiés en permanence », des déplacements imposés vers d’autres bases et une désorganisation opérationnelle accrue.
L’UNPNC-CFDT avait notamment évoqué des changements pouvant survenir « jusqu’à 12 heures avant une mission », voire le jour même de la prise de service. Pour les PNC, ces ajustements peuvent avoir des effets directs sur la garde d’enfants, les temps de trajet vers la base, les périodes de repos et l’organisation de la vie familiale.
Dans le transport aérien, la question est aussi opérationnelle. Les plannings d’équipage doivent articuler disponibilité commerciale, contraintes de production, aléas d’exploitation, règles de limitation du temps de vol et de service, ainsi que les temps de repos prévus par la réglementation européenne. Les syndicats estimaient que les modifications répétées fragilisaient cet équilibre et nourrissaient la fatigue des équipages.
« Depuis plusieurs années, on alerte sur le fait que nos collègues sont envoyés à droite et à gauche sur d’autres bases à travers l’Europe pour des remplacements en dernière minute », a déclaré Inouk Rondinella, délégué syndical de l’UNPNC-CFDT, cité par Challenges. « Ce qui doit initialement être un changement de planning de manière ponctuelle s’est transformé en instabilité quotidienne. »
Près de 100 vols annulés pendant le week-end du 15 août
Le conflit avait eu un impact particulièrement sensible en pleine saison estivale, alors que les liaisons loisirs d’easyJet depuis les bases françaises sont fortement sollicitées. Les chiffres des annulations ont varié selon les décomptes publiés au fil du week-end. La compagnie et plusieurs sources citées par l’AFP faisaient état d’au moins 98 vols annulés sur les deux journées, tandis que l’UNPNC-CFDT évoquait plus d’une centaine de suppressions sur 162 vols initialement programmés. Le SNPNC-FO avait, pour sa part, indiqué qu’environ 68% des quelque 340 PNC programmés sur le week-end s’étaient déclarés grévistes. D’autres estimations syndicales faisaient état d’une mobilisation encore plus élevée selon les bases et les jours concernés.

Aucun commentaire !