Une défaillance du système de traitement des plans de vol de NATS a fortement perturbé le trafic aérien britannique mardi 8 septembre. Si le prestataire du contrôle aérien a annoncé dans la soirée avoir résolu l’incident et être revenu à des opérations normales, le retard accumulé a entraîné un effet en cascade sur l’ensemble du réseau, avec des annulations et des retards susceptibles de se prolonger mercredi.
Les aéroports de Londres-Heathrow, Gatwick, Stansted et Manchester ont notamment été affectés, tout comme Birmingham, Londres-City, Luton, Édimbourg, Bristol et plusieurs autres plateformes britanniques. La panne n’a pas fermé l’espace aérien du Royaume-Uni et certains départs ont continué à être autorisés, mais les capacités ont été fortement réduites le temps que les équipes mettent en œuvre les procédures de régulation et de reprise.
Une panne du « flight processing system »
NATS avait signalé l’incident à 13h46 locales, évoquant initialement un problème technique affectant certains vols au départ. À 15h25, l’organisme a précisé que la défaillance concernait son flight processing system, le système utilisé pour traiter les données de vol nécessaires à la préparation, à la coordination et à la gestion des départs. « Les vols continuent de partir et l’espace aérien reste ouvert, mais le retour à la normale prendra du temps », avait alors indiqué NATS. Une correction a été déployée à 16h40, avec un système commençant à récupérer. À 19h30, le prestataire a finalement annoncé que le problème était résolu, tout en reconnaissant que la résorption du retard prenait plus longtemps qu’espéré.
Dans une dernière communication publiée à 22h10, NATS a souligné que la récupération demeurait « très complexe » et que les difficultés concernaient l’ensemble de la chaîne aérienne britannique. Les voyageurs ayant un vol prévu mardi soir ou mercredi ont été invités à consulter directement leur compagnie aérienne.
Heathrow particulièrement pénalisé
L’impact a finalement dépassé les premières estimations. Selon les données de Flightradar24, environ 1 300 vols à destination ou au départ des aéroports britanniques ont été annulés mardi, auxquels s’ajoutaient déjà 177 annulations prévues mercredi, presque toutes à Heathrow. Heathrow a suspendu les arrivées pour le reste de la journée de mardi à partir de 20h19 GMT, alors que les départs avaient repris. La plateforme a prévenu que les perturbations se poursuivraient. Cirium recensait 38 arrivées annulées ou non opérées sur 661 programmées à Heathrow ; British Airways, principale compagnie de la plateforme, avait annulé 16 de ses 333 départs prévus selon ces données.
British Airways a indiqué avoir dû annuler ou dérouter plus de 100 vols mardi après-midi, avec des avions et des équipages déplacés hors de leurs programmes habituels. Ce déséquilibre opérationnel explique le risque de conséquences prolongées sur les rotations, y compris après le rétablissement du système de contrôle aérien.
Effet domino pour les compagnies européennes
Les conséquences ont également touché les vols en provenance d’Europe. Dans un réseau aérien européen très contraint, quelques heures de réduction de capacité peuvent désorganiser les rotations d’avions, les positions des équipages et les programmes de vols pour le reste de la journée, voire le lendemain.
Les compagnies européennes ont donc pu être confrontées à des retards, des annulations ou des déroutements sur leurs liaisons vers le Royaume-Uni. Les vols au départ de France à destination de Londres, Manchester ou d’autres aéroports britanniques ont pu être affectés indirectement par les limitations de capacité, les créneaux de régulation et la désorganisation des appareils basés au Royaume-Uni.
Ryanair a affirmé que plus de 150 000 de ses passagers avaient été touchés, avec plus de 200 vols annulés, tandis que Wizz Air a réclamé une réforme urgente de NATS. L’autorité britannique de l’aviation civile, la CAA, a indiqué attendre un rapport complet sur l’incident avant d’évaluer les éventuelles mesures à prendre pour renforcer la fiabilité du système.
NATS assure que la cause technique immédiate est désormais traitée, mais n’a pas encore établi l’origine précise de la défaillance. Son directeur général, Martin Rolfe, a indiqué que l’enquête n’était pas suffisamment avancée pour déterminer exactement ce qui s’était produit.

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