L’aéroport de Bruxelles-Charleroi a interrompu ses opérations durant environ 25 minutes, mercredi après-midi, après l’intrusion d’un drone privé dans son espace aérien. Son télé-pilote a été interpelé.
Détecté vers 14 heures par les systèmes du contrôle aérien belge Skeyes, l’appareil a entraîné l’application immédiate de mesures de sécurité : un avion à l’arrivée a été placé en attente, tandis que les passagers d’un autre appareil ont été débarqués à titre préventif. L’incident n’a toutefois pas dégénéré. « La situation a été très rapidement maîtrisée. La priorité a naturellement été d’assurer la sécurité des passagers et des opérations », a déclaré Baptiste Cagnina, responsable de Brussels South Charleroi Airport (BSCA).
Un opérateur de drone arrêté
Le drone, repéré par les systèmes de Skeyes, appartenait à un particulier. La police a interpellé son télé-pilote, qui s’expose à une amende. Selon le parquet de Charleroi, l’homme a expliqué être un agent immobilier venu photographier un bâtiment dans le cadre d’un projet ; il devait encore être entendu par les enquêteurs.
Même lorsqu’il ne provoque qu’une interruption brève, le survol non autorisé d’un aérodrome constitue un risque sérieux : une collision avec un avion en phase d’approche ou de décollage, ou avec un hélicoptère, peut avoir des conséquences majeures. La réaction des contrôleurs vise donc d’abord à préserver une séparation sûre entre tout aéronef et l’objet détecté, quitte à suspendre temporairement les mouvements.
Des perturbations limitées, dans un contexte tendu
L’aéroport assure que l’épisode n’a pas entraîné de perturbations significatives sur la suite du programme de vols. Il intervient néanmoins dans une période délicate pour la plate-forme wallonne : des contrôleurs de Skeyes ont entamé mercredi soir une série de débrayages nocturnes, prévus de 22 heures à 8 heures jusqu’au 10 octobre. Ces mouvements sociaux ont déjà conduit Ryanair à annuler plusieurs rotations au départ ou à destination de Charleroi.
L’affaire rappelle aussi un incident récent. Les aéroports de Bruxelles-Zaventem, Charleroi et Liège avaient suspendu tout trafic, en novembre dernier, après plusieurs signalements de drones. Ces épisodes illustrent la vulnérabilité des grands aéroports face à des drones de loisir ou professionnels exploités hors cadre réglementaire.

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