L’Ukraine avertit les compagnies aériennes et les assureurs : l’espace aérien russe devient de moins en moins sûr pour les avions commerciaux. La multiplication des attaques de drones ukrainiens entraîne des fermetures temporaires d’aéroports, des déroutements et des annulations, notamment autour de Moscou et de Saint-Pétersbourg.

En août, les aéroports russes ont fermé temporairement 993 fois en août — soit une moyenne de 32 fois par jour — en raison des opérations de drones ukrainiens qui ont entraîné des fermetures répétées de l’espace aérien dans tout le pays. Sur l’ensemble de l’été, 2 182 fermetures temporaires ont été recensées, un total déjà supérieur à celui enregistré sur toute l’année 2025, selon les données citées par Euronews.

Zelensky avertit les compagnies aériennes
Dans une allocution diffusée le 1er septembre 2026, le Président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu les transporteurs qui continuent d’utiliser l’espace aérien russe, ainsi que les assureurs et les passagers empruntant les principaux aéroports du pays. « L’espace aérien russe devient totalement dangereux », a-t-il menacé sans détour.

Le Président ukrainien a assuré que Kyiv ne cherchait pas à viser l’aviation civile. Il a toutefois affirmé que les drones ukrainiens seraient désormais présents à une échelle que les opérateurs aériens devront prendre en compte. « L’Ukraine ne menace pas l’aviation civile en tant que telle, pas un seul avion civil. Il y aura simplement des drones dans le ciel russe à une échelle qui devra être prise en considération », a-t-il ajouté.

L’Ukraine a également indiqué avoir officiellement saisi l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) afin de signaler les risques liés à l’espace aérien russe.

Des aéroports régulièrement fermés
Les autorités russes appliquent le protocole « Kover », ou « tapis », lorsqu’une menace de drone est détectée dans une zone. Cette procédure de défense aérienne impose l’arrêt des décollages et des atterrissages, ainsi que le déroutement des vols déjà en approche. Cette réponse, conçue pour des circonstances exceptionnelles, devient récurrente. Les plateformes de Moscou — Sheremetyevo, Domodedovo, Vnukovo et Joukovski — sont particulièrement exposées. Pulkovo, à Saint-Pétersbourg, figure également parmi les aéroports régulièrement affectés.

Au cours des trois premiers jours de septembre, FlightRadar24 a enregistré en Russie une moyenne de 86 vols annulés par jour. Lors des épisodes les plus sévères autour de Moscou, entre 77 et plus de 100 vols ont été retardés ou annulés au cours d’une seule nuit. Le 2 septembre, les programmes de vols affichaient 21 annulations et 235 retards à Sheremetyevo, ainsi que 22 annulations et 94 retards à Vnukovo, d’après les données FlightRadar24.

Les compagnies étrangères surveillent la situation
Les compagnies européennes et américaines ne desservent plus la Russie et n’utilisent plus son espace aérien depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou, en février 2022. Mais des transporteurs chinois, turcs, émiratis et d’autres pays du Golfe continuent d’y voler ou de le survoler. La situation a déjà conduit certaines compagnies aériennes à adapter leurs programmes. Pegasus Airlines a annulé plusieurs vols à destination de la Russie le 2 septembre, invoquant des raisons « techniques et opérationnelles ». Flydubai a, de son côté, prévenu que certains de ses services pouvaient être retardés ou déroutés.

« Nous continuons à suivre de près l’évolution de la situation dans la région et adaptons nos programmes de vol et nos itinéraires si nécessaire », a indiqué Flydubai à l’agence Reuters. D’autres transporteurs, dont Turkish Airlines, Qatar Airways, Etihad Airways et Emirates, en font de même.

Moscou assure vouloir limiter les perturbations
Les autorités russes réfutent les mises en garde ukrainiennes. Rosaviatsia, l’autorité russe de l’aviation civile, a jugé que les démarches de Kyiv auprès des organisations internationales étaient « sans force juridique » et contraires à la Convention de Chicago. Elle assure que les aéroports et les infrastructures aériennes du pays continuent de fonctionner normalement.

Le ministre russe des Transports, Andreï Nikitine, a déclaré que Moscou ne laisserait pas s’installer de perturbations significatives dans l’aviation civile. Il affirme que les autorités travaillent avec le ministère de la Défense et la Garde nationale sur la sécurité des vols et des aéroports. « Nous améliorons constamment la sécurité des vols et les exigences de sûreté dans les aéroports. […] Je pense que nous ne permettrons aucune perturbation majeure de l’aviation civile », a déclaré Andreï Nikitine, cité par Reuters.

Les chiffres opérationnels montrent toutefois une situation durablement dégradée. Les fermetures répétées pénalisent les réseaux domestiques et internationaux, compliquent la rotation des avions et des équipages, et augmentent les coûts des compagnies. Selon Euronews, le trafic de la liaison domestique Moscou–Saint-Pétersbourg a reculé de 20% à 23%, tandis que la demande ferroviaire a augmenté d’environ 20%.

Russie : face aux drones ukrainiens, l’aérien sous menace et les aéroports régulièrement fermés 1 Air Journal

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