Le conflit avec l’Iran a provoqué « la plus grave crise » qu’ait connue Qatar Airways en plus de trente ans d’existence, estime son directeur général, Hamad Al-Khater. Entre fermetures d’espaces aériens, hausse du prix du carburant et évolution des réservations, la compagnie de Doha réorganise son réseau, tout en soulignant que la demande de voyages reste soutenue.

« Cela a été la plus grande crise de notre histoire », a déclaré Hamad Al-Khater lors d’un entretien avec Bloomberg TV, en marge du Qatar Economic Forum à New York. « Mais la géopolitique est une réalité à laquelle nous sommes confrontés au quotidien », a-t-il ajouté.

Un réseau à réorganiser
Le conflit a désorganisé les liaisons aériennes dans une région située au croisement de grands flux internationaux. Des pays du Golfe ont temporairement fermé leur espace aérien, entraînant l’annulation de nombreux vols. Qatar Airways avait notamment suspendu ses opérations à destination et au départ de son hub de Doha fin février, lors de la fermeture de l’espace aérien qatari, avant de reconstruire progressivement son programme.

La compagnie qatarie adapte désormais son offre à la demande. « Nous examinons les lignes en nous demandant lesquelles sont les plus rentables. Les moins rentables, nous les suspendons ou les mettons en pause », a expliqué Hamad Al-Khater. Cette sélection doit permettre de concentrer les capacités sur les marchés les plus solides, alors que le coût du carburant pèse sur les compagnies aériennes.

La guerre avec l’Iran a coûté à la compagnie de Doha des milliards de dollars de revenus, mais elle n’a pas chiffré publiquement à ce jour sa perte nette imputable au conflit. Elle a dégagé un bénéfice net de 1,94 milliard de dollars sur l’année fiscale 2025-2026 close fin mars, en baisse de plus de 7% sur un an. Elle a transporté 41,8 millions sur cet exercice, contre 43,1 millions l’exercice précédent, soit 1,3 million de moins.

Le réseau se redresse néanmoins…
Qatar Airways indiquait en juin avoir retrouvé 85% de son niveau d’avant-crise, avec plus de 140 départs quotidiens de Doha vers plus de 160 destinations. Selon Hamad Al-Khater, sa compagnie aérienne a depuis retrouvé le même nombre de lignes qu’avant le conflit. Ce retour des destinations ne signifie pas nécessairement que toutes les fréquences ou capacités ont été rétablies.

La crise modifie aussi les habitudes des passagers. D’après le dirigeant, 75% des clients de Qatar Airways réservent désormais leur billet moins de 60 jours avant le départ. « Les passagers réservent plus tard, mais la demande reste assez forte », a-t-il affirmé. Le trafic de transit via le Moyen-Orient demeure toutefois en retrait, reconnaît-il.

Interrogé sur la flambée du prix du kérosène, Hamad Al-Khater a indiqué que Qatar Airways n’en répercutait pas, à ce stade, la hausse sur ses clients. « Nous ne transférons pas ce coût à nos clients pour le moment », a-t-il assuré, tout en soulignant que le carburant reste un poste surveillé de près. Au-delà des ajustements commerciaux, le PDG a insisté sur les priorités retenues pendant les perturbations : « La sécurité était primordiale, et les passagers ainsi que nos équipes étaient ma priorité. »

Qatar Airways : la guerre au Moyen-Orient, « la plus grande crise » de son histoire selon son PDG 1 Air Journal

@Hamad International Airport