L’aéroport d’Amsterdam-Schiphol veut confier à des partenaires de long terme la maintenance et la modernisation de ses terminaux, installations techniques, aires de stationnement et bâtiments opérationnels. Les futurs contrats doivent débuter en 2028, dans le cadre d’un programme d’investissement de 10 milliards d’euros prévu entre 2025 et 2035.
Des contrats de neuf ans à partir de 2028
Schiphol a annoncé, le 25 septembre, le lancement de cinq appels d’offres destinés à sélectionner ses futurs partenaires pour les travaux de construction, de remplacement et de maintenance. Une part importante des contrats actuels arrivera à échéance en 2028. Les nouveaux accords-cadres doivent prendre le relais cette année-là, pour une durée de neuf ans. L’aéroport ne précise ni la valeur de chacun des cinq marchés ni le nombre d’entreprises qui seront finalement retenues.
« Nous entreprenons le plus vaste programme de rénovation et de maintenance de notre histoire », déclare Bart Smolders, directeur des infrastructures de Royal Schiphol Group. L’objectif, explique-t-il, est de retrouver un niveau de qualité comparable à celui des principaux aéroports européens, en commençant par des équipements « bien entretenus et fiables ». Cette ambition suppose aussi de résorber une partie de la maintenance en retard, reconnue par l’exploitant.
Passerelles, postes avions et alimentation électrique
Le périmètre des appels d’offres touche directement à l’exploitation aérienne. Il comprend notamment les surfaces en béton des aires où stationnent les avions, les passerelles d’embarquement, l’alimentation électrique et la fourniture d’air préconditionné aux postes de stationnement. S’y ajoutent les bornes de recharge des équipements électriques au sol, les systèmes de climatisation, les locaux techniques et des bâtiments opérationnels tels que les casernes de pompiers. Les terminaux et les espaces commerciaux font également partie des installations concernées.
Pour les compagnies aériennes, l’enjeu ne se limite donc pas à l’aspect des bâtiments : la fiabilité d’une passerelle, d’un poste de stationnement ou de ses équipements conditionne la bonne préparation des avions entre deux vols. Schiphol entend conserver davantage de maîtrise sur la planification, l’entretien et la performance de ces infrastructures, tout en confiant l’exécution des travaux à des entreprises spécialisées. « Nous combinons l’expertise du marché avec une direction et un contrôle renforcés de la part de Schiphol », résume Bart Smolders.
Un investissement déjà engagé
Les cinq appels d’offres s’inscrivent dans un programme plus vaste : Schiphol prévoit d’investir 10 milliards d’euros entre 2025 et 2035 dans le renouvellement et l’amélioration de la qualité de l’aéroport. Ce montant représente l’enveloppe annoncée pour la décennie, pas la valeur des cinq contrats mis en concurrence.
Le chantier financier est déjà engagé. Royal Schiphol Group indique avoir investi 801 millions d’euros dans la qualité de ses aéroports au premier semestre 2026, un record pour une période de six mois. Parmi les dépenses figurent la remise à niveau d’installations, l’achèvement de la jetée A et le renforcement de la capacité électrique nécessaire à l’électrification. Le groupe précise que 317 millions d’euros ont été versés à KLM au cours du semestre pour le déplacement de plusieurs bâtiments lié au schéma directeur de Schiphol-Centre.
Moderniser un grand hub sans l’arrêter
L’ampleur de l’opération se mesure à l’activité de la plateforme : Schiphol a accueilli 32,7 millions de passagers et enregistré 223 597 mouvements d’avions au premier semestre 2026. Son réseau desservait alors directement 301 destinations, dont 122 intercontinentales. La modernisation doit ainsi s’articuler avec l’exploitation quotidienne d’un hub majeur, tout en améliorant le service rendu aux voyageurs et aux compagnies.
Les travaux courants montrent déjà les contraintes de cette cohabitation. Du 21 au 29 septembre, la piste Kaagbaan fait l’objet d’une maintenance programmée ; elle est indisponible les jours ouvrables, le trafic étant reporté vers d’autres pistes. Cette intervention, menée avec Heijmans, est distincte des cinq nouveaux appels d’offres, mais illustre la nécessité d’entretenir les infrastructures tout en maintenant les opérations aériennes.

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