Les syndicats de pilotes SNPL et SPAC ont déposé un préavis de grève couvrant la période du 9 au 16 octobre 2026, après l’échec de plusieurs journées de négociation sur un nouvel accord d’entreprise. Le conflit menace de s’ajouter aux difficultés opérationnelles d’Air Corsica, qui a retiré de l’exploitation cinq de ses sept ATR 72-600 pour enquêter sur des odeurs inhabituelles signalées à bord.
Un désaccord sur la progression salariale
Dans un communiqué daté du 1er octobre à Ajaccio-Bastia, le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) et le Syndicat des pilotes de l’aviation civile (SPAC) reprochent à la direction sa dernière proposition, qui conduirait, selon eux, à bloquer la progression salariale liée à l’ancienneté. Les deux organisations rappellent que les pilotes auraient accepté, ces dernières années, deux ans de gel des salaires ainsi qu’une réduction de leurs jours de congé pour accompagner le développement de la compagnie.
Ces éléments décrivent la position des syndicats : le communiqué transmis ne contient ni le texte de la proposition de la direction ni sa réponse aux griefs formulés. Le dépôt d’un préavis n’entraîne pas, à lui seul, l’annulation de vols ; l’ampleur d’éventuelles perturbations dépendra de la suite des négociations et de la participation au mouvement.
Les syndicats proposent un report de l’accord
Le SNPL et le SPAC disent avoir proposé un compromis tenant compte des difficultés techniques de la flotte ATR : conclure dès maintenant un accord d’une durée de quatre ans, mais en différer l’application de plusieurs mois. « Notre objectif reste d’obtenir un accord, pas de faire grève pour faire la grève ! », affirment-ils dans leur communiqué du 1er octobre. Ils se disent disponibles pour poursuivre les discussions.
La période retenue, du 9 au 16 octobre, intervient alors que la compagnie mobilise déjà des moyens de remplacement pour maintenir ses liaisons. À ce stade, le préavis ne permet toutefois de déterminer ni les lignes qui pourraient être touchées ni le nombre de vols concernés.
Cinq ATR 72-600 immobilisés par précaution
Le contexte opérationnel est particulièrement tendu. Dans un point publié le 23 septembre, Air Corsica indiquait avoir temporairement retiré de l’exploitation cinq de ses sept ATR 72-600 après des « signalements récurrents d’odeurs inhabituelles, notamment dans le poste de pilotage ». La compagnie précisait que l’origine du phénomène n’était pas établie et que les investigations, menées avec ATR, Pratt & Whitney Canada et Liebherr, devaient se poursuivre plusieurs semaines à Toulouse. Elle n’annonçait aucune date de remise en service.
La desserte de la Corse en jeu
Air Corsica exploite les liaisons de service public entre les quatre aéroports corses et Marseille ou Nice ; elle assure celles vers Paris-Orly au sein d’un groupement avec Air France. Ces dessertes relèvent du dispositif de continuité territoriale, qui fixe notamment des exigences de fréquence, de capacité et de tarifs.
Pour les voyageurs, le risque est donc celui d’une nouvelle incertitude sur les liaisons avec le continent, alors même que la compagnie adapte son exploitation à l’indisponibilité d’une grande partie de sa flotte d’ATR. L’évolution du programme entre le 9 et le 16 octobre dépendra d’abord de l’issue des discussions entre la direction et les syndicats.

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