Les ingénieurs et techniciens de Boeing ont approuvé un nouvel accord collectif de quatre ans, écartant le risque d’une grève. Le texte prévoit notamment une hausse immédiate de 10% des salaires et des augmentations garanties au cours des quatre prochaines années.
Le vote concerne près de 17 000 salariés représentés par la Society of Professional Engineering Employees in Aerospace (SPEEA), le principal syndicat de salariés « cols blancs » de l’avionneur américain. Ils travaillent majoritairement dans la région de Puget Sound, dans l’État de Washington, mais également dans d’autres États américains. La section des ingénieurs et scientifiques du syndicat, qui rassemble environ 13 000 salariés, a approuvé l’accord à 67,62%. La section technique, forte d’environ 4 000 analystes, techniciens, planificateurs et spécialistes, l’a approuvé de justesse, avec 53,48% de votes favorables. La participation a atteint 96% chez les ingénieurs et scientifiques, et 89% dans la section technique, selon le syndicat.
Hausse salariale sur quatre ans
L’accord prévoit une revalorisation salariale de 10% dès le 2 octobre, suivie d’une hausse garantie de 4% en mars. Au cours des trois années suivantes, les enveloppes salariales doivent progresser de 6% par an. Chaque salarié bénéficiera d’au moins 4% d’augmentation annuelle, tandis que les 2% restants seront attribués selon les performances individuelles.
Sur la durée du contrat, la hausse moyenne des salaires doit atteindre 32%, selon les informations communiquées par Boeing et citées par The Seattle Times. Le salaire annuel de base moyen des ingénieurs et scientifiques représentés par SPEEA passerait de 152 000 à 208 000 dollars. Pour le personnel technique, il évoluerait de 119 000 à 163 000 dollars.
Le premier projet d’accord avait été rejeté en août. Il prévoyait une hausse moyenne de 26,5% sur quatre ans, mais une part jugée trop importante des revalorisations dépendait d’enveloppes réparties selon les performances. Il avait été rejeté par 64% des salariés de la branche professionnelle et près de 72% de ceux de la branche technique.
« Nous avons obtenu de nombreuses avancées que certains jugeaient totalement hors de portée au début de ce cycle de négociations », a déclaré la SPEEA après le vote. Le syndicat estime toutefois que le rétablissement de la confiance avec la direction reste un chantier ouvert. « Nous devons travailler avec Boeing et, si nécessaire, exercer une pression sur sa direction pour recréer un environnement permettant de restaurer la confiance des adhérents, qui s’est érodée au cours des dernières décennies », a-t-il souligné.
Un répit pour Boeing
Boeing s’est dit « satisfait du résultat du vote » dans un communiqué. L’accord apporte un répit à l’avionneur, qui cherche à stabiliser ses cadences de production et à obtenir le feu vert des autorités fédérales pour plusieurs programmes retardés. Boeing attend notamment des certifications pour les 737 MAX-10 et 777X. L’enjeu est important après la grève de plus de sept semaines menée en 2024 par les machinistes représentés par l’International Association of Machinists and Aerospace Workers (IAM). Ce mouvement avait interrompu une part importante de la production d’avions commerciaux avant un accord entre la direction et le syndicat IAM.
Avec le vote des ingénieurs et techniciens, Boeing évite donc un nouveau mouvement social susceptible de compliquer encore la remontée de ses cadences, dans un contexte où il doit livrer un important carnet de commandes et restaurer la confiance des régulateurs, des compagnies aériennes et de ses salariés.

©Boeing
Tilo a commenté :
3 octobre 2026 - 14 h 12 min
Excellente nouvelle ça éviterai un nouveau report du 777X9 et une nouvelle désorganisation de cadance de production des avions Boeing.