Le Boeing 737 MAX 10 a obtenu, mardi 20 octobre 2026, sa certification auprès de l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA). Capable d’accueillir jusqu’à 230 passagers, la plus grande version du monocouloir américain doit être livrée dans les prochains mois. Une étape majeure pour Boeing, qui revendique 1 555 commandes auprès de plus de 30 clients, au terme d’un développement prolongé par les exigences de sécurité et plusieurs modifications techniques.

Une certification qui complète enfin la famille 737 MAX

Lancé en 2017 et initialement attendu en service en 2020, le 737 MAX 10 franchit enfin l’obstacle réglementaire qui retenait ses livraisons. La FAA lui a accordé un certificat de type amendé, confirmant la conformité de sa conception aux exigences applicables. Elle a également actualisé le document définissant le périmètre de production autorisé de Boeing, le Production Limitation Record, pour y intégrer cette version. « La décision de la FAA fait suite à un examen approfondi de la conception de l’appareil et des exigences de sécurité », a déclaré Bryan Bedford, administrateur de l’autorité américaine, dans son communiqué. « Nous continuerons d’imposer à Boeing les normes de sécurité les plus élevées alors que l’entreprise commence la production du 737 MAX 10. »

Cette approbation achève la certification américaine de la famille MAX, après celle du MAX 7, sa plus petite déclinaison, obtenue le 3 août dernier. Elle ne signifie toutefois pas que les passagers embarqueront immédiatement : Boeing annonce des premières livraisons « dans les prochains mois », tandis que l’intégration des appareils aux programmes de vols peut encore prendre du temps.

Jusqu’à 230 passagers dans le plus long des Boeing 737

Avec un fuselage de 43,8 mètres, soit environ 1,7 mètre de plus que le MAX 9, le MAX 10 est le plus long 737 jamais construit. Sa capacité maximale atteint 230 passagers, mais Boeing retient une fourchette de 185 à 210 sièges pour un aménagement habituel en deux classes. L’autonomie annoncée s’établit à 3 100 milles nautiques, soit environ 5 740 kilomètres. Cet allongement a nécessité une adaptation moins visible, mais essentielle : un train principal à mécanisme semi-articulé, conçu pour améliorer la garde au sol de l’arrière du fuselage lors de la rotation au décollage. Le dispositif apporte environ 24 centimètres de hauteur supplémentaire, puis se raccourcit pendant la rentrée du train afin de prendre place dans les logements existants du 737. Une manière d’accommoder un fuselage plus long sans redessiner entièrement cette partie de l’avion.

Sur le plan commercial, le MAX 10 vise le segment supérieur du marché des monocouloirs, où il affronte l’Airbus A321neo. Sa proposition repose notamment sur une capacité accrue par rapport aux autres MAX et sur la réduction du coût par siège. Boeing revendique même les meilleurs coûts par siège de sa catégorie : une affirmation commerciale du constructeur, qui ne dispense pas les compagnies d’arbitrer selon leurs propres configurations, leurs réseaux et leurs conditions d’exploitation.

Des exigences de sécurité renforcées après les accidents du MAX

Le calendrier du programme a été bouleversé par le renforcement des contrôles consécutif aux deux accidents de 737 MAX survenus en 2018 et 2019, puis par les modifications techniques demandées au constructeur. Parmi les sujets ayant retardé la certification figurait notamment le système d’antigivrage des moteurs. Selon Boeing, le MAX 10 est le premier avion commercial certifié en application de l’ensemble des dispositions de l’Aircraft Certification, Safety, and Accountability Act, la loi américaine adoptée en 2020 après les accidents. Ce cadre impose notamment une documentation renforcée des évaluations de sécurité et de la prise en compte des facteurs humains. Le constructeur fait état de près de 1 000 vols d’essai, représentant plus de 2 000 heures, auxquels se sont ajoutées environ 1 000 heures d’essais au sol.

La FAA précise avoir exigé des améliorations répondant à cette législation ainsi qu’aux recommandations du Bureau américain d’enquête sur les accidents de transport, le NTSB. Elles comprennent des évolutions du système de commandes de vol et du dispositif de mesure de l’incidence. Boeing indique que ce système d’incidence amélioré doit devenir standard sur l’ensemble de la famille MAX.

Un dernier dossier avait encore attiré l’attention fin septembre : une anomalie logicielle susceptible d’affecter certaines procédures d’approche après une remise de gaz. Après examen, la FAA avait conclu qu’elle ne constituait pas un problème de sécurité du vol, les pilotes conservant la maîtrise de l’appareil et disposant d’indications jugées claires. Cette décision avait levé un obstacle potentiel à l’achèvement du processus de certification.

Un carnet de 1 555 commandes, de United à Delta

Pour Boeing, l’enjeu industriel et financier est considérable. Le constructeur annonce 1 555 commandes de MAX 10 auprès de plus de 30 clients, soit plus de 30% du carnet de commandes restant à livrer du programme 737 MAX. Ce pourcentage porte bien sur les commandes non livrées de la famille, et non sur l’ensemble des MAX vendus depuis son lancement. « L’achèvement du programme de certification ouvre la voie à la livraison d’un avion Boeing qui établira une nouvelle référence dans l’aviation commerciale », a déclaré Stephanie Pope, présidente-directrice générale de Boeing Commercial Airplanes, dans le communiqué du constructeur. Elle met notamment en avant la capacité supplémentaire et l’économie d’exploitation du modèle.

Après le feu vert réglementaire, le défi des livraisons

L’autorisation américaine permet désormais à Boeing de transformer ce carnet de commandes en livraisons, étape déterminante puisque les avionneurs encaissent l’essentiel du prix d’un appareil lors de sa remise au client. Elle intervient alors que le groupe cherche à augmenter les cadences de ses programmes commerciaux, après l’ouverture en juillet d’une quatrième ligne d’assemblage de 737 MAX à Everett, dans l’État de Washington.

Le MAX 10 dispose donc enfin de son feu vert réglementaire américain. Pour Boeing et ses clients, le prochain jalon sera plus concret : réceptionner les premiers exemplaires, achever leur préparation opérationnelle et inscrire durablement cette nouvelle version dans les programmes de vols. Le constructeur n’a, dans son communiqué de certification, fixé ni date précise de première livraison ni date d’entrée en service commercial.

Avec la certification du 737 MAX 10, Boeing débloque un carnet de 1 555 commandes 1 Air Journal

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