La Compagnie suspend Londres – New York pour cause de Brexit

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La compagnie aérienne La Compagnie Boutique Airlines annoncé la suspension de ses opérations entre Londres et New York, en raison du climat d’incertitude économique né de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union Européenne. L’axe Paris – New York sera du coup renforcé.

La compagnie française, spécialisée dans le voyage d’affaires entre l’Europe (Paris, Londres) et les aéroports de New York (JFK et Newark) a annoncé par voie de communiqué la suspension dès le 25 septembre 2016 de sa route entre Londres-Luton et Newark-Liberty. Cette liaison avait été inaugurée en avril 2015, et est opérée cet été trois fois par semaine en Boeing 757-200 pouvant accueillir 74 passagers uniquement en classe Affaires : départs lundi, mercredi et vendredi à 17h45 (arrivée à 21h00), et retours des Etats-Unis à 22h20 (arrivée le lendemain à 10h30). La Compagnie est sans concurrence directe entre ces deux aéroports, mais entre les deux métropoles elle fait face à United Airlines, British Airways et Virgin Atlantic à Newark, et vers ou depuis l’aéroport JFK à American Airways, Delta Air Lines, Norwegian Air Shuttle plus encore British Airways et Virgin Atlantic. Les passagers concernés par cette suspension pourront au choix, se faire rembourser leurs billets non utilisés, ou utiliser les vols de la Compagnie entre Paris et New York sans coût supplémentaire.

Le transporteur explique qu’à l’instar d’autres acteurs du transport aérien, le climat d’incertitude économique suite au vote en faveur du Brexit l’a conduit « à réévaluer ses axes de développements à moyen terme ». Malgré le retour positif de ses clients britanniques et américains sur Londres – New York et des performances actuelles très encourageantes (un coefficient de remplissage moyen de plus de 77% depuis 3 mois), sa position « reste encore fragile sur cet axe ». Le manque de visibilité à long terme consécutif au Brexit impacte l’ensemble du secteur aérien et plusieurs acteurs majeurs présents en Grande Bretagne ont d’ailleurs déjà annoncé des baisses significatives de capacité pour les mois à venir, selon La Compagnie qui « après une analyse précise de cette nouvelle donne de marché et afin d’assurer au mieux son développement » a décidé de se renforcer sur sa route Paris – New York et donc de suspendre ses vols sur la route au départ de Londres. On notera que British Airways supprime de son côté un des deux vols quotidiens entre Londres-City et New York-JFK, opérés via Shannon en Airbus A318 tout-Affaires (32 sièges) – sans en préciser la raison…

« Nous tenons à remercier l’ensemble des passagers qui nous font confiance depuis le lancement de cette ligne en avril 2015. Nous remercions aussi toutes nos équipes ainsi que celles de nos partenaires locaux qui ont contribué à la satisfaction de nos clients en nous permettant de délivrer notre service Classe Affaires transatlantique au meilleur prix de et vers l’Angleterre. Le Brexit crée un contexte inédit pour tous les acteurs du secteur opérant en Grande Bretagne. La Compagnie croit dans le marché britannique et s’y est d’ailleurs beaucoup investie. A ce stade, nous préférons suspendre nos services à Londres, au moins jusqu’à ce que cette situation soit clarifiée », a déclaré Frantz Yvelin, Président-fondateur de La Compagnie.

Le dirigeant annonce dans la foulée l’accélération du développement sur la ligne historique entre Paris-CDG et Newark, « où nos remplissages sont supérieurs à 85%, afin de répondre à la demande sans cesse croissante de tous nos clients, entreprises comme voyageurs individuels ». A partir du mois d’octobre, La Compagnie va progressivement mettre en place une deuxième fréquence quotidienne. Mais elle n’est pas encore visible dans son système de réservation en ligne.  Ses concurrentes entre Paris et les aéroports new-yorkais sont Air France, XL Airways, American Airlines, Delta Air Lines, United Airlines (Newark – CDG) et OpenSkies.

http://www.air-journal.fr/2016-09-06-la-compagnie-suspend-londres-new-york-pour-cause-de-brexit-5168962.html

Commentaire(s)

  1. werner

    Le Brexit a bon dos. Il s’agit tout simplement de résoudre une surcapacité sur ces lignes.

  2. Markus

    Je ne pense vraiment pas que cela est lié au brexit, qui ne devrait pour l’instant absolument pas affecter les échanges entre Londres et NYC. Totalement fumeux cette histoire. Probablement juste un problème de positionnement à Londres pour cette compagnie totalement inconnue et en dehors des alliances .

  3. Yvon

    Le Brexit me paraît plutôt une excuse pour cacher une mauvaise rentabilité suite au choix de l’aeroport Luton et à un vol non quotidien…. BA vole deux fois par jour …. Mais au départ de London City

  4. Ce n’est pas le Brexit mais sa conséquence (la chute de la £ versus le $) qui a pour séquence une chute des réservations. Et si les voyages d’affaires sont moins impactés que le citoyen Lambda qui LUI paie son billet, il y a indiscutablement une chute sur un marché qui comptait plus de 30 vols/jour entre les 2 villes, toutes Cies et tous aéroports confondus.
    La Compagnie a le handicap d’être peu connue et d’opérer d’un aéroport qui, bien que plus pratique et calme (et surtout moins stressant) continue d’être snobé par la City qui ne jure que par cet horreur de LHR.
    En tous cas La Compagnie pourrait utilement utiliser cet avion (même un vieux 757 dépassé depuis des décennies) au départ de villes françaises de province (mais reconverti en config plus standard)! En attendant l’A321LR.

  5. Non mais la raison est simple: Luton.

  6. Le Brexit, c’est un peu la panacée, tout est bon pour critiquer le Brexit, bientôt BA va peut-être annoncer qu’à cause du Brexit ils seront obligés de réduire leur voilure sur la Turquie…
    Luton est un aéroport boudé par les londoniens de la City, alors qu’ils aiment bien LHR qui est une plateforme aéroportuaire cauchemardesque, tant pour les pilotes que pour les passagers, une vraie incompréhension, LCY est certes très pratique mais un peu moins à destination de NY, tant que la piste ne sera pas agrandie.
    Bon, c’est sans parler de La Compagnie qui doit encore se faire un nom de l’autre coté de la Manche, car depuis Paris la liaison est plutôt bien remplie, la seule chose qui lui reste à faire c’est de renouveler sa flotte un peu vieillissante.

  7. Vincent 69

    Que ne va-t’on pas trouver comme excuse bidon pour justifier un bide ! Cette liaison est tout simplement hyper concurrencée.

    Le Brexit ? Et pourquoi pas les marées d’équinoxe !

  8. Bien que les conséquences du Brexit ne sont pas immédiates, plusieurs compagnies, dont Delta et United, vont ou pensent réduire la voilure au Royaume-Uni. Je ne suis pas surpris que la Compagnie anticipe car elle ne dispose pas de moyens financiers suffisants pour faire face à une chute de sa clientèle. Récemment encore, le Japon a indiqué que près de la moitié de ces entreprises quitteront la GB si elle quitte le marché commun sans compter que les américains ne sont pressés de négocier un accord de libre-échange avec eux. Le gouvernement britannique entretient ce climat d’incertitude par son incapacité à proposer une solution tant ses propres ministres sont divisés sur la questions. Il n’y a pas un jour sans une nouvelle controverse. La PM britannique passe son temps à recadrer ses propres ministres, chose rare en GB.

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