Crash en Colombie : LAMIA Bolivia clouée au sol

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La Bolivie a suspendu la licence de la compagnie aérienne charter LAMIA Bolivia dont un avion s’est écrasé lundi près de Medellin, entrainant la mort de 71 des 77 personnes à bord. Le pilote n’aurait pas respecté son plan de vol incluant un ravitaillement.

Suite au crash le 28 novembre 2016 d’un Avro RJ85 de la compagnie bolivienne non loin de l’aéroport de Medellin-José María Cordova, le gouvernement colombien a annoncé jeudi l’ouverture d’une enquête sur LAMIA Bolivia, « ses licences, ses propriétaires et ses capitaux », tout en demandant à la DGAC locale de suspendre sa licence (AOC, certificat d’opérateur aérien). Le ministre Milton Claros a précisé que cette suspension n’entraine pas de présomption de culpabilité, les enquêteurs penchant pour la thèse de la panne d’essence, ce qui entrainerait la responsabilité du pilote Miguel Quiroga, l’un des propriétaires de LAMIA Bolivia. Des responsables du contrôle aérien ont par ailleurs été limogés,

Un représentant de la compagnie, Gustavo Vargas, a affirmé hier que l’équipage n’avait pas respecté son plan de vol, qui prévoyait justement une escale de ravitaillement « à Cobija, ville bolivienne à la frontière avec le Brésil, ou à Bogota ». Une vidéo a d’autre part été mise en ligne de la copilote Sisy Arias, 29 ans, qui selon le quotidien Standard était copilote pour la première fois de sa carrière à bord du vol 2933 transportant l’équipe de football de Chapecoense vers Medellin pour la finale de la Copa Sudamericana. Elle exprime son intention d’offrir aux passagers « le meilleur service », et rappelle que la compagnie a l’habitude de transporter des équipes sportives. 

Le directeur de l’Aviation civile colombienne Alfredo Bocanegra a rappelé que l’enquête prendra au moins six mois avant d’expliquer les raisons de l’accident, « les informations des boîtes noires et les enregistrements de la tour de contrôle » devant confirmer l’hypothèse « qui se renforce » d’une panne de carburant. Les deux enregistreurs de vol ont été récupérés en très bon état. L’Avro RJ85 « malheureusement n’avait pas assez de carburant pour respecter les mesures de contingence », a-t-il ajouté, rappelant que les premiers enquêteurs arrivés sur le site du crash n’avaient pas trouvé de trace de fuel. Les enquêteurs colombiens ont été rejoints par des collègues brésiliens, boliviens et de l’AAIB (équivalent britannique du BEA français), ainsi que des membres de British Aerospace.

Les 71 victimes ont été identifiées et vont être rapatriées. Les neuf membres d’équipages étaient boliviens et les 68 passagers brésiliens ; parmi les six survivants du crash se trouvent trois joueurs de l’équipe de Chapecoense, un technicien de LAMIA, une hôtesse de l’air et un journaliste.

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http://www.air-journal.fr/2016-12-02-crash-en-colombie-lamia-bolivia-clouee-au-sol-5173471.html

Commentaire(s)

  1. Dommage que son atterrissage en urgence ait été retardé de neuf minutes, temps pendant lequel il a parcouru deux boucles d’attentes d’environ trente kilomètres, alors qu’il ne se trouvait qu’à quinze kilomètres de la piste !
    Quand même incroyable qu’il y ait des survivants dans un avion qui tombe presque comme une pierre ! (5 survivants au final).
    Il y aurait pu y en avoir sans doute plus ?
    Un des survivants, Erwin Tumiri, raconte que pendant la chute finale de l’avion, beaucoup de passagers paniqués se sont levés de leur siège en pleurant et en criant. Lui-même se met en position de sécurité et cale ses jambes avec une valise, ce qui lui sauve probablement la vie.

    • serge.gva

      Deux boucles d’attente ou pas, c’est quand-même complètement insensé de ne même pas avoir prévu assez de carburant pour pouvoir effectuer ne serait-ce qu’un seul go around!

      Soit le pilote était complètement suicidaire, soit il y a probablement eu un problème supplémentaire avec l’indicateur de carburant restant, non?

  2. Justin Fair

    Il faudra surtout expliquer pourquoi, il s’est présenté à la balise d’approche avec seulement 9 minutes de carburant…et non la quantité minimale réglementaire…

    • A330-200

      Cela rappel le crash d un vol d avianca entre BOG -JFk ou ils ont déclaré une emergency trop tardivement et se sont écrasé faute de carburant.

      En Amlat ,le transport aérien devient assez sur ,si on utilise les grosses compagnies Latam ,avianca,Azul,copa,aeromexico,aerolineas argentinas,sky,Gol,Tame , Peruvian. Les autres sont a éviter.

      • Justin Fair

        Le rapport du NTSB, le bureau d’enquête américain, indiqua que l’accident était dû à une erreur de pilotage, l’équipage n’ayant jamais déclaré une urgence carburant au contrôle aérien comme cela est préconisé dans les procédures IATA.

        L’équipage avait demandé une « priorité » d’atterrissage, ce qui, différence entre l’anglais et l’espagnol, pouvait être interprété comme une « urgence » pour des pilotes hispanophones mais pas par des contrôleurs aériens anglophones. (Wikipedia)
        Aux US, se déclarer « minimum fuel » n’est pas considéré comme une procédure d’urgence et ne donne pas de priorité. Le message pour obtenir une priorité ( DISTRESS) doit être de la forme suivante: « MAYDAY (3 fois), Indicatif, low fuel, fuel remaining XX minutes; « 

  3. Justin Fair

    « Des responsables du contrôle aérien ont par ailleurs été limogés, »
    ?????

  4. fred06

    Suspendre la licence d’une compagnie qui n’a plus d’avion (elle en avait qu’un!).
    Lol!

  5. Quand le pilote est propriétaire de la compagnie, forcément ça change la donne

  6. La seconde video est vraiment utile! En espagnol sans sous-titres et qui n’a rien à voir avec le crash….merci AJ!

  7. mais au fait, à quelle place se trouve la co-pilote? à gauche!!!!!????

  8. Shôgun

    Plus les informations s’accumulent, plus elles confirment les premières suspicions. Il apparaît que cette compagnie d’irresponsables (je pèse mes mots) n’aurait jamais dû obtenir, ou du moins conserver, sa licence d’exploitation. Les quelques premiers éléments communiqués par les enquêteurs sont d’ores et déjà accablants pour le pilote comme pour la compagnie. Une accumulation effarante d’infractions et de manquements gravissimes aux règles les plus élémentaires de sécurité.

    Il faut souhaiter que les autorités compétentes auditent toutes les compagnies secondaires opérant dans la région et fassent le ménage qui s’impose. Que les voyageurs aériens d’Amérique latine puissent enfin prendre l’avion en toute confiance.

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