Le syndicat BALPA représentant les pilotes de la compagnie aérienne British Airways a déposé un préavis de grève pour les 9, 10 et 27 septembre, faute d’accord sur les salaires. Un gros cafouillage a suivi, des passagers recevant des courriels indiquant des annulations de vol imaginaires.

Après le référendum de juillet ayant approuvé le principe de la grève, le syndicats de pilotes a mis sa menace à exécution : les opérations de la compagnie nationale britannique seront mises à mal les lundi 9 et mardi 10 septembre, puis le vendredi 27 septembre 2019. Lors de la consultation lancée par BALPA (British Airline Pilots’ Association), 93% des votants s’étaient prononcés pour le principe d’une grève, neuf membres sur dix ayant participé au scrutin ; environ 4000 des 4500 pilotes employés par British Airways sont membres du syndicat, qui a rejeté la proposition d’une augmentation de 11,5% sur trois ans et réclame une participation aux bénéfices, le personnel selon lui « devant recevoir une part équitable du succès » de BA qui est « extrêmement rentable ». La compagnie « n’a accepté aucune de nos propositions et il est clair, à la suite de discussions avec des membres ces derniers jours que l’offre la plus récente de BA n’obtiendra pas le soutien d’une majorité de ses pilotes », indique le syndicat dans un communiqué. Selon lui, les pilotes ont ces dernières années « accepté sacrifice après sacrifice pour aider l’entreprise, notamment en réduisant leurs salaires, en augmentant la productivité, en renonçant à des jours de congé annuel, en adoptant un nouveau système de tableau de service ou en réduisant les indemnités de vol ». En cette année du centenaire de British Airways, « ce sera la première fois que ses pilotes se mettront en grève. Ils le font en dernier recours et avec une énorme frustration face à la façon dont l’entreprise est maintenant gérée », conclut le syndicat. Les vols des filiales du groupe CityFlyer, Sun-Air ou Comair en Afrique du Sud ne sont pas concernés par le mouvement.

British Airways, qui a perdu son recours en justice pour bloquer la grève, a déclaré qu’il est « tout à fait inacceptable que BALPA détruise les plans de voyage de dizaines de milliers de nos clients avec cette grève injustifiable », avec un coût quotidien estimé à 40 millions de livres par jour (43,7 millions d’euros). Elle « regrette » qu’après de nombreux mois de négociations, « sur la base d’une offre très équitable », le syndicat a décidé de « cette ligne de conduite imprudente ». Et affirme qu’elle continue « d’explorer toutes les moyens » pour trouver une solution afin d’éviter les actions syndicales, et protéger les plans de voyage de ses clients. Et rappelle que « contrairement au BALPA », ses propositions salariales ont été acceptées par les membres des syndicats Unite et GMB, qui représentent « près de 90% de tous les collègues de British Airways, dont les ingénieurs, le personnel de cabine et le personnel au sol ».

La compagnie de l’alliance Oneworld a déjà commencé à modifier ses horaires, faisant « tout ce qui est en son pouvoir pour que le plus grand nombre possible de personnes puissent partir en voyage ». Cependant, il est « probable que plusieurs de nos clients ne pourront pas voyager » selon son communiqué, des remboursements et de nouvelles réservations devant être proposés pour les passagers réservés sur des vols annulés. La grève pourrait en fait affecter plusieurs dizaines de milliers de clients, British Airways transportant en moyenne 145.000 personnes chaque jour ; elle compte recourir au wet-lease, louant des avions avec leurs équipages auprès de sociétés tierces, et déployer des avions plus gros « de ses partenaires » (Iberia, Aer Lingus, Vueling et Level qui font aussi partie du groupe IAG) sur certaines lignes afin d’accueillir le plus grand nombre de clients possible.

Mais ces modifications ont entrainé un énorme couac : des voyageurs (plusieurs milliers selon la presse britannique) ont reçu des courriels les avertissant de l’annulation de leur vol, avec proposition de modification ou remboursement à la clé. Sauf que les vols en question n’étaient pas opérés les jours concernés par la grève… British Airways a reconnu samedi une « erreur » et présenté ses excuses aux passagers en question, promettant qu’ils seront tous recontactés individuellement « pour leur assurer que leur vol sera bien opéré comme prévu ». Son centre d’appel a été submergé samedi, plus de 40.000 appels ayant été enregistrés suite à l’annonce de la grève. Rappelons que le trafic les jours suivant la grève pourrait être affecté, la compagnie devant replacer avions et équipages.

Pilotes British Airways : trois jours de grève en septembre 1 Air Journal

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