Airbus a rejoint un consortium canadien engagé dans le développement d’un carburant d’aviation durable et qui espère en produire d’ici à la fin de l’année.

L’avionneur européen a signé avec SAF+, un regroupement basé à Montréal entre entreprises et instituts de recherche au sein du secteur aérien, un protocole d’accord pour «le développement et la production de carburants durables pour l’aviation en Amérique du Nord», a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué. La contribution d’Airbus s’effectuera via «une expertise technique et de certification, les analyses économiques, la communication et l’argumentation» en faveur de ce carburant.

L’objectif de SAF+ est de transformer Montréal en une plaque tournante de l’aviation durable en Amérique du Nord grâce à la construction et à l’exploitation subséquente d’une usine pilote de production de carburant d’origine non fossile (en englais Sustainable Aviation Fuels, SAF). Située près de Montréal, cette usine pilote produira un type de SAF connu sous le nom de Power-to-Liquid (PtL), qui est un carburant alternatif composé de dioxyde de carbone (CO2) synthétisé avec de l’hydrogène renouvelable.

Airbus, engagé dans le développement d'un carburant d'aviation durable au Canada 1 Air Journal

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Le processus consiste à récupérer le CO2 émis par les grandes industries et à le convertir en un carburant alternatif. SAF+ estime que son son carburant alternatif aura une empreinte carbone inférieure de 80 % par rapport à un carburant conventionnel pour moteur d’avion. Le consortium a l’intention de produire du SAF dès le second semestre 2021. Un projet commercial de 30 millions de litres est prévu pour 2025, Air Transat devant en acheter une partie importante pour sa flotte entièrement Airbus.

Le recours à des SAF est considéré comme une des pistes les plus prometteuses pour réduire l’empreinte carbone du transport aérien, en attendant la maturité de la technologie de l’hydrogène sur laquelle Airbus travaille dans l’idée d’y aboutir en 2035. Mais les SAF se heurtent jusqu’ici à des problèmes d’échelle de production et de coûts, plus de quatre fois celui du kérosène d’origine fossile. Or, des régulateurs prévoient de rendre obligatoire leur incorporation progressive dans les carburants conventionnels : 2% en 2025 et au moins 5% d’ici à 2030, selon le plan climat publié mercredi par l’Union européenne. Pour sa part, le transport aérien s’est donné pour but de réduire de 50% ses émissions d’ici à 2050, par rapport à 2005.

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