Un avion de la compagnie aérienne nationale du Sri Lanka a récemment été immobilisé pendant trois jours en raison de la présence d’un rat à bord.

Alors que l’on craignait que le rat ait rongé des composants de l’avion, l’avion a été cloué au sol pendant trois jours à Colombo. Le rat a été repéré jeudi 22 février lors du voyage en Airbus A330 de SriLankan Airlines au départ de la ville pakistanaise de Lahore. Par la suite, des recherches ont été lancées pour retrouver le rat, la compagnie aérienne s’assurant en outre qu’aucun des composants à bord de l’avion n’était endommagé. Le rat a finalement été retrouvé mort et l’avion a repris ses vols. « L’avion est resté immobilisé pendant trois jours à Colombo », a indiqué le responsable de la compagnie aérienne. « L’avion ne pouvait pas voler sans s’assurer que le rat était retrouvé. Il a été retrouvé mort. »

Selon un rapport du Daily Mirror, ce serait même deux avions qui ont été retardés après la découverte de rats à bord. « Nous avons dû pulvériser un produit chimique dans deux avions dans lesquels des rats ont été trouvés et les avons immobilisés au sol pendant une journée conformément aux normes internationales », a confirmé Ashok Pathirage, président de SriLankan Airlines, dimanche 25 février.

Cet événement insolite, qui se termine plutôt bien, pourrait avoir de conséquences financières plus importantes alors que la compagnie est en vente. Trois avions de la compagnie aérienne publique sur une flotte qui en comporte 23 sont déjà immobilisés depuis plus d’un an. On craint donc également que SriLanka Airlines, à court de liquidités, ne perde, suite à cette histoire insolite, « les quelques investisseurs » qui envisageraient d’acheter la compagnie endettée, a commenté le ministre de l’Aviation du Sri Lanka, Nimal Siripala de Silva. Il a aussi sévèrement critiqué la compagnie aérienne et son incapacité à assurer des vols de manière cohérente, affirmant qu’il ne servait à rien de maintenir la compagnie aérienne à voler avec l’argent des contribuables, a rapporté le Sri Lanka’s Daily FT.

Lorsque l’économie du Sri Lanka s’est effondrée et que le Fonds monétaire international (FMI) a accordé au pays un plan de sauvetage de 3 milliards de dollars en mars 2023, Ali Sabry, le ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, a déclaré que le gouvernement privatiserait la compagnie aérienne, non rentable depuis 2008. Bien qu’aucune déclaration officielle n’ait été faite et que les transporteurs basés dans le Golfe n’aient pas encore manifesté leur intérêt, le directeur général de SriLankan Airlines, Richard Nuttall, avait laissé entendre l’été dernier que la compagnie aérienne pourrait potentiellement devenir une cible attrayante pour les transporteurs du Golfe, que sont Emirates, Qatar Airways, Etihad Airways, Riyadh Air ou Saudia. Ces derniers pourraient bénéficier de l’accès facile de la compagnie aérienne à son voisin asiatique, l’Inde, d’autant que SriLankan dessert 13 destinations indiennes.

Il est à noter que SriLankan Airlines a appartenu dix ans durant à un transporteur du Golfe, puisque Emirates détenait auparavant 40% de SriLankan Airlines jusqu’à ce que le gouvernement sri-lankais décide d’acheter toutes les actions de la compagnie aérienne en 2008. Cet achat temporaire n’empêcha pas la compagnie sri-lankaise d’avoir ses comptes tout ce temps dans le rouge, en raison de la corruption et de la mainmise du clan présidentiel des frères Rajapaksa.

Un Airbus A330 de SriLankan Airlines cloué au sol pendant trois jours à cause d’un rat 1 Air Journal

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