Au cœur de l’Himalaya, le Népal s’appuie plus que jamais sur le tourisme pour tourner la page des violentes émeutes de septembre 2025, qui ont brièvement fait vaciller son image de havre pour trekkeurs et pèlerins du monde entier. Alors que les autorités et les professionnels du secteur multiplient les mesures de sécurité, les campagnes de promotion et la réouverture progressive de certains sites boudés dans la foulée des troubles, la destination affiche sa volonté de rassurer les marchés émetteurs et d’accélérer sa relance.
Dans ce contexte, le pays entend rappeler ce qui fait sa singularité et son pouvoir d’attraction, entre sommets mythiques, spiritualité omniprésente et hospitalité réputée, afin de consolider une reprise déjà perceptible dans les réservations et les arrivées internationales. Décrit en 1912 par l’exploratrice Alexandra David-Néel comme « fermé et méfiant vis-à-vis des étrangers », le Népal accueille désormais 1,2 million de touristes internationaux chaque année. Ce contraste illustre la transformation d’un pays enclavé dans ses montagnes et autrefois classé parmi les plus pauvres du monde. Au-delà des paysages spectaculaires, chaque séjour est marqué par la bienveillance de la population et la diversité des expériences proposées aux voyageurs.
Les visiteurs proviennent principalement des pays voisins, notamment de l’Inde, pour découvrir les hauts lieux de l’hindouisme et du bouddhisme dans la vallée de Katmandou. La destination attire également de nombreux trekkeurs venus d’Europe, des États-Unis et du Japon, séduits par l’appel de l’Himalaya. Depuis plusieurs années, le tourisme est devenu un pilier de l’économie nationale. Malgré le séisme de 2015 (8 800 morts) et la pandémie de Covid-19, le pays a retrouvé progressivement sa vitalité touristique. Depuis janvier 2025, il a accueilli près d’un million de voyageurs, confirmant le rôle du secteur dans la relance économique.
Symbole d’un retour de la confiance des investisseurs internationaux, deux groupes hôteliers asiatiques annoncent leur arrivée prochaine au Népal avec des établissements haut de gamme, renforçant l’attractivité du pays auprès d’une clientèle loisirs et affaires. En janvier 2026, le thaïlandais Centara ouvrira le Himalayan Hideaway Resort Pokhara, un boutique‑resort de 42 chambres, suites et villas niché sur les hauteurs de Kaskikot, à 35 minutes de Pokhara, proposant spa, piscine, rooftop panoramique et expériences nature ou culturelles autour du Sarangkot Loop Trail et de l’Annapurna. De son côté, Lemon Tree Hotels annonce un établissement de 80 chambres à Bandipur, charmante halte entre Katmandou et Pokhara, destiné à capter le flux croissant de voyageurs en quête de séjours combinant patrimoine, « slow travel » et confort moderne. Ces ouvertures interviennent dans le sillage de la montée en puissance du nouvel aéroport international de Pokhara, qui a accueilli son premier vol régulier international en avril 2025, un jalon clé pour soutenir la relance touristique du pays et l’objectif de deux millions de visiteurs étrangers à terme.
Cette reprise reste toutefois fragile. Des troubles survenus en septembre dernier, dont des manifestations à Katmandou, ont rappelé la sensibilité du contexte politique. Le tourisme représente environ 8% du PIB national, et la stabilité demeure essentielle pour garantir la confiance des visiteurs. Le calme est désormais revenu dans la capitale, et le ministère français des Affaires étrangères n’émet aucune contre-indication de voyage ou de séjour pour les ressortissants français se rendant au Népal.
Un art de vivre entre patrimoine et spiritualité
Au tournant des années 1990 et 2000, le Népal est passé d’un pays d’alpinistes et de grands trekkings « confidentiels » à une destination de tourisme international plus structurée, soutenue par la montée en puissance des agences de trek, la démocratisation des lodges de montagne et l’essor du transport aérien. Royal Nepal Airlines, alors compagnie aérienne nationale népalaise, reliait Katmandou à plusieurs capitales européennes, notamment Paris-Orly et Francfort en Boeing 757, facilitant l’arrivée d’une clientèle occidentale toujours plus nombreuse. Dans le sillage des pionniers des années 1980, où l’on croisait déjà de nombreux Français (routards, groupes organisés et amoureux de haute montagne), le pays a vu croître ses arrivées touristiques, passant d’environ 300 000 visiteurs par an au milieu des années 1990 à près d’un demi‑million à la veille des années 2000, malgré les épisodes d’instabilité politique. Cette période consacre le Népal comme haut lieu mondial du trekking et de l’aventure, tout en ouvrant la voie à aujourd’hui à un tourisme plus diversifié, mêlant culture, spiritualité et grands espaces himalayens.
Au cœur de Katmandou, la place Durbar illustre la richesse du patrimoine royal et religieux du pays. Autrefois lieu de couronnement des souverains, elle conserve une atmosphère singulière au lever du jour, entre offrandes et ouverture des temples. À quelques pas, le bazar expose un savoir-faire artisanal précieux. Plus au sud, Patan se distingue par ses temples hérités de la dynastie Malla, tandis que Pokhara, aux portes de l’Annapurna, séduit les voyageurs en quête d’aventure ou de séjour d’observation. Lumbini, lieu de naissance du Bouddha, et Devghat, centre de retraite hindoue, complètent cette diversité spirituelle.
Le coût de la vie au Népal reste attractif pour les voyageurs français. Les repas et hébergements demeurent abordables, avec des hôtels confortables à prix modérés. Les transports et les activités touristiques offrent un rapport qualité-prix parmi les meilleurs d’Asie du Sud. De quoi encourager les séjours prolongés ou les voyages itinérants dans différentes régions du pays. Cependant, le Népal exige également une préparation sanitaire rigoureuse : éviter l’eau du robinet, les aliments crus et se prémunir contre la rage. Pour le trekking, l’acclimatation à l’altitude et la prudence sur les itinéraires sont essentielles à la réussite du séjour.
Accès difficile et voyage organisé pour plus de sérénité
Pour le trekking, l’acclimatation à l’altitude et la prudence sur les itinéraires sont essentielles à la réussite du séjour. Pour se déplacer en toute sécurité, notamment dans la vallée de Katmandou, il est recommandé de faire appel à un voyagiste basé sur place. Plusieurs agences proposent des circuits sur mesure. Parmi elles, l’agence de voyages locale Étapes Himalayennes byNativ se distingue par son expertise de la région et son approche responsable du voyage, en proposant des itinéraires personnalisés alliant découverte culturelle, trekking, séjours de bien-être et immersion dans la vie locale. Elle met l’accent sur la sécurité, la qualité des guides francophones, ainsi que sur le respect des communautés et de l’environnement. À noter que le réceptif Étapes Himalayennes byNativ ne vend pas de billet d’avion, que le voyageur devra se procurer lui-même.
D’ailleurs, le principal obstacle à tout voyage au Népal reste encore la faible connectivité aérienne de la destination. L’aéroport international de Katmandou, principale porte d’entrée du pays, dessert une vingtaine de destinations seulement. Les voyageurs transitent souvent par Istanbul, Abou Dhabi, Koweït City ou New Delhi, via des compagnies telles que Turkish Airlines, Etihad Airways, Kuwait Airways ou la compagnie indienne Air India. Le prix moyen d’un billet aller-retour en classe Économique au départ de la France avoisine 800 euros. On trouve toutefois des billets à moins de 600 euros, mais les liaisons comptent jusqu’à deux voire trois correspondances, avec plusieurs heures d’attente pour le vol suivant. Pour sa part, la compagnie aérienne népalaise, renommée en 2006 Nepal Airlines dans le contexte de la transition politique vers la République, exploite aujourd’hui une petite flotte d’Airbus A320 et A330 opérant quelques dessertes internationales (Dubai, Doha, Bangkok, Hong Kong, Delhi, etc.) ainsi que des vols domestiques vers les principaux aéroports népalais.

@Nepal Tourism Board
bizare bizare a commenté :
19 décembre 2025 - 15 h 26 min
Trop longtemps méconnu ? …c’est très curieux comme titre , le Népal est connu des trekkers et des touristes depuis les année 70s , la compagnie Royal Nepal Airlines Corporation a même fait des vol réguliers en 757 puis en A310 de Katmandu vers Orly et Francfort dans les années 90s.
Perso j’y suis allé en 85 via New Delhi et j’y ai rencontré beaucoup de Français: trekkers , routards, voyages organisés .. méconnu vraiment ?
Alain Nguyen a commenté :
19 décembre 2025 - 17 h 04 min
Merci pour ce rappel historique, nous ajoutons les voyages des années 90 dans l’article.
Anna Stazzi a commenté :
19 décembre 2025 - 15 h 56 min
Très beau pays.
La population y est particulièrement attachante avec la présence marquée de nombreux Tibétains exilés.
Bel artisanat local et provenant du Tibet
Et l’Himalaya .. Impérial et émouvant.