En pleine recomposition du transport régional américain, American Airlines a pris une participation de 20,8% dans Republic Airways Holdings, désormais fusionnée avec Mesa Airlines.
Selon un document déposé fin décembre 2025 auprès de la U.S. Securities and Exchange Commission (SEC), American Airlines a reçu environ 9,7 millions d’actions de la nouvelle entité issue de la fusion entre Republic Airways et Mesa Airlines, finalisée en novembre dernier. Cette part représente un peu plus de 20% du capital de Republic et ne pourra pas être cédée pendant au moins 180 jours. En rejoignant le capital de Republic, American s’aligne sur ses deux grands concurrents, Delta Air Lines et United Airlines, déjà présents au capital du transporteur régional. Selon les chiffres communiqués par la SEC, United détiendrait environ 7,7 millions d’actions et Delta quelque 6,7 millions, des parts désormais minoritaires face à American.
Une consolidation sans précédent du transport régional
La fusion Republic–Mesa, annoncée en 2025, constitue l’un des rapprochements les plus marquants du secteur régional américain depuis une décennie. Ensemble, les deux transporteurs exploitent près de 300 appareils Embraer E170 et E175, devenant ainsi le plus grand opérateur mondial de jets régionaux Embraer. Leur réseau compte désormais plus de 1 300 vols quotidiens, alimentant les principaux hubs des majors américaines à Chicago, Dallas, Atlanta ou New York. Pour l’heure, Republic et Mesa conserveront leurs certificats d’exploitation distincts et continueront de voler sous leurs marques actuelles. Republic assure des vols pour American, United et Delta, tandis que Mesa exploite exclusivement des appareils pour United, dans le cadre de la bannière United Express.
L’entrée d’American au capital de Republic marque une nouvelle étape dans la redéfinition des relations entre les majors américaines et leurs filiales régionales. Historiquement, ces partenariats reposaient uniquement sur des contrats d’achat de capacité, par lesquels la compagnie principale achetait des sièges aux transporteurs régionaux pour alimenter son réseau. Désormais, ces compagnies cherchent à verrouiller leurs approvisionnements en capacité régionale par des prises de participation capitalistiques. « L’objectif est de garantir la stabilité opérationnelle sur un segment de flotte où la pénurie de pilotes et les coûts d’exploitation montent en flèche », expliquent plusieurs analystes cités par Aviation Week et Reuters.

Aucun commentaire !