L’aéroport international Moscou-Domodedovo, récemment transféré sous contrôle public après une décision de justice, sera mis en vente aux enchères publiques dès le début de l’année 2026, marquant une nouvelle phase de privatisation ciblée dans le transport aérien russe.

Domodedovo, l’un des trois grands aéroports de la capitale, a été nationalisé en 2025, après la saisie de l’actif pour des motifs liés à son ancien propriétaire et à son « influence étrangère », avant d’être placé sous la tutelle de l’État. « Nous avons fait beaucoup de travail sur cet actif. L’an prochain, littéralement au début de l’année, le paquet correspondant sera mis aux enchères, une enchère ouverte, que nous conduirons conformément aux règles approuvées par la législation », a déclaré le ministre russe des Finances Anton Silouanov à la télévision publique.

La vente se fera par appel d’offres public, dans le cadre du programme de privatisations du gouvernement russe qui vise à valoriser certains actifs tout en attirant des capitaux privés. Selon plusieurs médias russes, L’Etat russe entend céder cet actif stratégique tout en maintenant la place centrale du « hub » moscovite dans le trafic national et international, signe d’une volonté de stabiliser la gestion de l’aéroport et de réduire la charge financière pour l’État.

Le nouvel encadrement public a lui-même reconnu en 2025 une situation financière tendue, avec un endettement important et des volumes de passagers inférieurs à la capacité de l’aéroport, ce qui rend la réussite de la privatisation d’autant plus stratégique.

Une privatisation dans un contexte de sanctions
La mise aux enchères de Domodedovo intervient dans un contexte de sanctions internationales, de redéploiement des routes aériennes et de recentrage du trafic sur des marchés jugés « amis », à la suite de l’invasion de l’Ukraine. Les acheteurs potentiels devront composer avec un environnement réglementaire plus fermé, un accès restreint à certains marchés et une dépendance accrue au trafic domestique et régional.

Pour Moscou, l’objectif est de trouver un opérateur capable d’investir dans l’infrastructure tout en s’inscrivant dans les priorités stratégiques de l’État. Les autorités insistent sur le respect des règles russes en matière de propriété et de contrôle, ce qui pourrait limiter le profil des candidats internationaux et favoriser des groupes déjà présents sur le marché domestique.

Domodedovo, Sheremetyevo et Vnoukovo
La capitale russe est desservie par Domodedovo, Sheremetyevo et Vnoukovo, les trois plateformes formant ensemble le principal « hub » aérien du pays. Avant la crise et les sanctions, Domodedovo figurait parmi les plus grands aéroports d’Europe, avec une capacité de l’ordre de 30 à 40 millions de passagers annuels et des investissements destinés à porter la capacité au-delà. D’après les données de l’autorité de l’aviation civile russe et des analyses sectorielles, les trois grands aéroports de Moscou – Sheremetyevo, Domodedovo et Vnoukovo – ont totalisé environ 75 millions de passagers en 2024, soit une hausse d’environ 5% par rapport à l’année précédente.

Selon des données sectorielles, le trafic de Domodedovo a fortement fluctué ces dernières années, affecté par la pandémie puis par la réorientation du trafic russe. Sheremetyevo demeure le premier aéroport du pays, avec environ 43 millions de passagers domestiques et internationaux en 2024, en hausse d’environ 20% sur un an. Vnoukovo a traité près de 16,1 millions de passagers (+11%), tandis que le reste du trafic du hub moscovite se répartit entre Domodedovo et les autres installations de la région, confirmant le rôle central de la capitale dans le transport aérien russe.

Russie : Moscou-Domodedovo mis aux enchères, un test pour la privatisation des aéroports russes 1 Air Journal

@Domodedovo International Airport